Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  2068
Titre
Formation aux métiers de l’ingénierie sociale : Evaluation des apprentissages cognitifs et méthodologiques en sciences sociales et leurs effets de conversion professionnelle  
Auteur(s)
STREICHER Frédérique  
     
Thème
 
Type
Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...  
Résumé
Bibliographie
Présentation Auteurs
Communication
PDF Fr non dispo
Résumé anglais
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Tout
 
Résumé
Formation aux métiers de l’ingénierie sociale : Evaluation des apprentissages cognitifs et méthodologiques en sciences sociales et leurs effets de conversion professionnelle

La proposition de communication s’intéresse à la construction des savoirs ( Axe1) de l’ingénierie sociale à partir d’une étude-évaluative sur la mobilisation des compétences de recherche en sciences sociales et des formes de conversion professionnelle que les titulaires du DEIS ont mises en œuvre à la faveur de leurs travaux écrits et de leurs expérimentations professionnelles au cours de leur formation. Cette évaluation porte sur des documents de recherche (mémoires, études de terrain, articles de communication et ressources humaines) qui mobilisent les objectifs et contenus de la formation préparatoire au DEIS mis en œuvre par l’IRTS de Lorraine, associés au cursus Master « Ingénierie et Expertise des politiques sociales » de l’Université de Lorraine. En effet, les principales modalités pédagogiques mises en œuvre par les deux organismes de formation partenaires prennent appui sur la mobilisation des expériences professionnelles et sur de nouvelles expérimentations d’études et recherches en vue de la transmission de connaissances scientifiques. Les programmes de formation par alternance organisent une progression pédagogique sur une amplitude de 3 années pour favoriser l’assimilation progressive des connaissances et des méthodes appliquées aux « terrains » de l’action professionnelle et du changement institutionnel. Pour favoriser l’expérimentation de la fonction d’ingénierie sociale, la formation est fondée sur des savoirs expérientiels endogènes aux pratiques sociales et sur les savoirs fondamentaux des sciences humaines et sociales. Les résultats de l’étude-évaluative présentent :
1°- une typologie des compétences pratiques et cognitives formées dans le cadre des deux cursus qui développent des apprentissages visant l’acquisition d’un socle de connaissances et de méthodes référées aux modèles d’interprétation des sciences sociales et à leurs différentes méthodologies de recherche appliquée, en vue de configurer le « métier » de l’ingénierie sociale. Il s’agit aussi de repérer les transactions identitaires vers une « professionnalité » hybride (Dubar : 1993 ; Streicher : 2000, 2012) située entre intervention sociale et recherche appliquée.
2°- les effets de transformation des milieux étudiés du fait du parti-pris pédagogique de la formation qui insiste sur l’immersion des professionnels en formation (travailleurs sociaux, cadres intermédiaires, dirigeants des secteurs social-médicosocial et socioculturel) dans des contextes de commandes d’étude et de recherche « en vraie grandeur » conventionnées entre le centre de formation et des établissements associatifs ou des collectivités publiques. La formation à la recherche parvient à développer des compétences de traduction et de négociation (Callon et alii : 2001 ; Kuty : 2008), d’expertise et de critique sociale (Grignon : 2002) et des capacités à mettre en œuvre le partage des informations, des espaces de délibération et d’évaluation des phénomènes étudiés.
3°- la mise à l’épreuve du dispositif de formation sur la question du cheminement des intervenants sociaux qui aboutit ou non à une conversion cognitive et professionnelle, par des ajustements successifs entre pratiques de recherche (décrire, comprendre, expliquer, interpréter) et d’ingénierie sociale (traduction, médiation, action de changement, innovation). L’hypothèse qui guide cette analyse des documents produits par les candidats au DEIS-Master tend à montrer comment la formation à la recherche et à l’ingénierie sociale permet de circuler en pensée et en actes entre et le champ de la demande sociale et les champs
« doxologique », « axiologique » et « épistémique » (de Bruyne et alii : 1974), comment les formés élaborent des compromis avec les demandeurs d'un savoir qui n'est pas celui que les sciences sociales prétendent devoir produire, et comment ils défendent leurs convictions humanistes et/ou politiques.

Bibliographie
(de) Bruyne L., Herman J., et de Schoutheete M. (1974). Dynamique de la recherche en sciences sociales, Paris, Presses universitaires de France.

Dubar C. (1992). La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles, Paris, A. Colin
Callon M., Lascoumes P., Barthe Y. (2001). Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique. Seuil.
Grignon C. (2002). « Sociologie, expertise et critique sociale », in Lahire B. (dir.), A quoi sert la sociologie, La découverte.
Kuty O. (2008). « La Naissance de la négociation (1933-1962) » SociologieS, Théories et recherches, mis en ligne le 28 octobre 2008 : http://sociologies.revues.org/2483.
Streicher F. (2012) L’ingénierie sociale : « un métier en construction entre recherche et intervention » Les cahiers du travail social, n°70. Octobre, p.11-19.

Streicher F. (2012) « Recherche et ingénierie sociale : produits transactionnels et pratiques hybrides », in « La recherche sur le travail social : critiques des outils, critiques des fondements », sous la direction de Jean FOUCART et Jean-François GASPAR, Pensée Plurielle, 2012/2-3, De Boeck.

Streicher F. (2000). Métiers de sociologues dans des champs extra-universitaires : identités, transactions et stratégies de professionnalisation, Thèse de doctorat, Décembre, Université de Nancy2.

Présentation des auteurs
Frédérique Streicher, Docteur en sociologie, formateur-chercheur, responsable de la formation au Diplôme d’Etat d’Ingénierie Sociale (DEIS). Département de recherche de l’Institut Régional du Travail Social de Lorraine. Membre associé au Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (Université de Lorraine).

Communication complète
L’Ingénierie sociale est un « métier » en voie de professionnalisation dans les secteurs de l’action sociale-médicosociale, de l’animation socio-culturelle et, plus largement, dans les secteurs des politiques publiques (emploi, ville, logement, économie sociale, protection sociale, santé, etc.). Nous nous intéressons ici à la construction des savoirs de l’ingénierie sociale à partir d’une étude-évaluative de travaux écrits par des titulaires du DEIS, centrée sur la mobilisation des compétences de recherche en sciences sociales et des formes de conversion professionnelle qui ont suivi ces expérimentations. Cette évaluation porte sur des documents de recherche (mémoires, études de terrain) réalisés en 2011 et 2012. Les études de terrain sont initiées par l’IRTS de Lorraine et conventionnées avec des commanditaires (collectivités, associations). La réalisation des mémoires est accompagnée par des « groupes de recherche » mis en place par l’Université de Lorraine, en association avec les directeurs de mémoires de l’IRTS de Lorraine, en vue de la préparation du Master « Ingénierie et Expertise des politiques sociales » et du DEIS1. Les modalités pédagogiques privilégient la mobilisation des expériences professionnelles, ainsi que l’expérimentation méthodologique et l’accès à des connaissances scientifiques. Au cours et à l’issue du cursus, les formés opèrent différentes conversions professionnelles, en évoluant vers de nouvelles fonctions, et/ou de nouveaux secteurs d’intervention.

1. Un parti de formation scientifique
Le référentiel de formation DEIS a été construit par des représentants de la branche professionnelle du secteur social et médico-social (commission paritaire consultative), sous l’égide de la DGAS. Il prescrit une formation en sciences humaines et sociales et en sciences de gestion, l’analyse des politiques publiques et sociales, couplée aux méthodes de l’intervention sociale et de l’ingénierie (de dispositifs, de projets, d’études, d’évaluation, etc.). Le référentiel de compétence du DEIS définit trois domaines d’apprentissage :
- « Production de connaissances » (DC1) par l’apprentissage d’« outils conceptuels d’analyse » et des « démarches de recherche en sciences humaines et sociales » : « stratégies de recherche, de la demande à la restitution » ; « éthique de la recherche, de l’intervention et de l’expertise » ; « accompagnement méthodologique ». Ces formulations indiquent une volonté de qualifier des ingénieurs sociaux dans les compétences de la recherche-intervention, (analyse de problèmes sociaux concrets, accompagnement, aide à la décision), plus que dans les connaissances disciplinaires et les méthodes de la recherche scientifique appliquée.
- « Conception et conduite d’action » (DC2), développée par une formation pratique à « l’Ingénierie de Développement » (Rapport collectif d’étude de terrain). Là, le référentiel nomme « épistémologie » la formation aux « fondements et critiques des théories et méthodes d’intervention sociale » et aux « théories et méthodologies » de projet et de l’évaluation
- « Communication et développement des ressources humaines » (DC3), développée à travers la rédaction d’un article (12000 signes maximum) sur un projet managérial de développement.
Concernant le DC1 et la réalisation du mémoire, l’équipe pédagogique (responsables de formation au DEIS et au MASTER) considère qu’une formation à la recherche en SHS doit procéder par l’apprentissage des méthodes expérimentales de contrôle et vérification des données, par la « constitution d’un savoir cumulatif » dans les domaines étudiés, constitué de « théories élaborées » et de « modèles interprétatifs » (Berthelot, 2001 : 221). Ce parti pédagogique concerne aussi l’étude de terrain à travers l’exigence de rigueur dans la constitution des enquêtes et l’analyse des résultats empiriques. L’objectif des trois années de formation vise l’expérimentation et la transférabilité des méthodes de la recherche appliquée dans des contextes en développement.
1 Dispositif de formation au Diplôme d’Etat d’Ingénierie Social (DEIS) concomitant au MASTER Professionnel « Ingénierie des Politiques Publiques et Sociales », conventionné entre l’Institut Régional du Travail Social de Lorraine et le département de sociologie de l’Université Paul Verlaine de Metz.


2. Savoirs d’action et savoirs scientifiques
Pour parvenir à articuler les deux types d’apprentissages conceptuels-méthodologiques et expérimentaux, le dispositif de formation favorise le cheminement des intervenants sociaux vers une conversion cognitive et professionnelle, par des ajustements successifs entre pratiques de recherche (décrire, comprendre, expliquer, interpréter) et d’ingénierie sociale (traduction, médiation, action de changement, innovation). La direction donnée aux étudiants est clairement affirmée dans les consignes de formation : « apprendre en faisant » (dans la tradition pragmatiste de John Dewey). Il s’agit de s’observer et observer les autres dans l’action, de découvrir et d’apprendre : observation participante, systématiser et comparer les informations à l’aide de grille d’interprétation. Le pari est l’accès à une double connaissance :
- décrire et comprendre les pratiques in situ, dans la perspective webérienne de la sociologie compréhensive des buts de l’activité rationnelle et dans une perspective phénoménologique (Pharo, 1985) ;
- convoquer et, dans la mesure du possible, maîtriser un ou plusieurs modèles explicatifs des SHS qui confrontent les points de vue sur l’objet étudié et formalisent un savoir dit « théorique », dans un schème d’analyse et de synthèse qui explique les logiques portées par les institutions et les acteurs du champ.
L’objectif de formation annoncé dès le premier semestre est de progresser en trois étapes et autant de transitions cognitives :
1- « des savoirs d’action » mobilisés par les professionnels en formation (travailleurs social, cadre, directeur),
2- en passant par la posture, les pratiques et les connaissances du chercheur,
3- vers l’expert d’une ou plusieurs politiques sociales et ingénieur de dispositif innovants.
Selon Rey (2006), les savoirs d’action (Barbier, 1996) ne sont pas une simple « mise en mots de l’action » et des objectifs de l’action. Pour cela, ils peuvent être considérés comme des savoirs proches des savoirs scientifiques. Cependant, la démarche cognitive des sciences opère par épreuves de validation, de constitution de la preuve et de « résistance à la controverse ». Ce qui n’est pas le cas des savoirs d’action qui peuvent se démultiplier en autant d’interprétations que d’analystes. Par contre, les savoirs scientifiques sont constitués, publiés, accumulés. Tout en restant critiquables, ils ont acquis le statut de savoirs universels par rapport à des savoirs empiriques construits au cours de situations vécues. C’est au cours de ces passages entre savoirs d’actions et savoirs théoriques que le processus de formation à l’ingénierie sociale progresse, durant 3 années, par aller et retours, essais et erreurs en trois étapes-clés, au cours desquelles se produisent des basculements identitaires et, dans certains cas, des conversions professionnelles :
1°- Première étape de « déconstruction » des questions professionnelles et politiques marquée par la « fascination » des modèles généralistes et des connaissances scientifiques accumulées qui bouleversent les grilles de compréhension acquises par les professionnels. A ce stade, les apprentissages s’opèrent par application des concepts à des séquences de pratiques ou à situations observées. Un retour réflexif inductif est organisé au cours des sessions de formation sous forme de débats entre formés, ou d’écrits intermédiaires passés à la critique des enseignants-chercheurs et des étudiants, pour resituer les données observées, les opinions et modélisation inférées dans une ou plusieurs théories de référence
2°- Deuxième étape d’investigation exploratoire et d’enquêtes basés sur des schémas méthodologiques, partant d’hypothèses de travail (processus inductif) ou d’hypothèses théoriques (processus hypothético-déductif). Cette étape est marquée par le « doute » sur la pertinence de la démarche expérimentale et la possibilité de découverte de phénomènes réels. A ce stade, les apprentissages s’opèrent par expérimentations des techniques de recueil et d’analyse des données, par essais et erreurs, boucles de rétroaction entre savoirs de l’expérience acquise/ savoirs conceptuels en cours d’assimilation/observations sur le terrain, ou données d’enquêtes. La plus grande difficulté de comprendre et d’apprendre tient à la contrainte des procédures et des montages notionnels pour classer les données et construire des typologies ou idéal-types, qui paraissent éloignés des réalités connues par les praticiens.
3°- Troisième étape de transformation des milieux étudiés du fait l’immersion des professionnels-chercheurs en formation dans leurs terrains professionnels ou dans les espaces étudiés, en vue de faire aboutir des recherches « en vraie grandeur ». Cette étape est marquée par un « engagement » dans l’intervention experte pour discuter des pistes de solutions face aux contradictions révélées par la recherche ou l’étude. Dans d’autres cas, cette étape est marquée par un « retrait » vis à vis du champ professionnel étudié, quand il est résistant à toute analyse critique et aux innovations. La formation à la recherche est censée développer des compétences de traduction et de négociation (Callon et alii : 2001 ; Kuty : 2008), d’expertise et de critique sociale (Grignon : 2002) et des capacités à mettre en oeuvre le partage des informations, des espaces de délibération et d’évaluation des phénomènes étudiés (Streicher, 2013).

3. Les compétences pratiques de la recherche-expertise
Depuis la création du dispositif en 2007, trente-cinq mémoires ont été produits ainsi que neuf études de terrain. Après une recension des mémoires et études de terrain réalisés en 2011 et 2012, nous proposons d’essayer une typologie des compétences pratiques formées par le dispositif de formation sur quatre documents significatifs (2 mémoires, 2 études de terrain à consulter en annexe)2.
Ces travaux développent une forme de recherche co-élaborative, car chercheurs et acteurs se placent dans des espaces institutionnels et cognitifs distincts (Streicher, 2013) ne se rencontrant qu’à des moments-clés de la démarche pour co-produire des savoirs partiellement communs. Les étudiants ingénieurs sociaux, à travers le mémoire ou l’étude de terrain, apprennent à élaborer des interprétations contradictoires, à les valider à l’épreuve des faits, à se dégager de leurs propres opinions sur le problème et à traduire les résultats en objectifs politiques et institutionnels. Ces recherches contribuent à produire, au sein des milieux étudiés, des discussions et des accords sur les voies de la réforme des dispositifs et de l’amélioration des situations des publics.

4. Socialisation et conversion professionnelle
Depuis la création du dispositif de formation en 2007, une quarantaine de professionnels ont suivi la formation et ont obtenu la double qualification DEIS-Master.
Nous constatons que, dès les premiers mois de formation, se développe une transaction « cognitive » et identitaire (Streicher, 2012), chacun à son rythme, quand les apprentissages de savoirs dits « théoriques » (constitution d’un corpus conceptuel pertinent) sont progressivement articulés aux savoirs expérientiels du travail social (Bonami, 1998). Les étudiants en ingénierie sociale, comme tout professionnel en formation, parviennent ainsi à une "double transaction" biographique et relationnelle (Dubar, 1992).
Les fonctions d’ingénierie sociale, actuellement peu stabilisées et encore peu souvent traduites dans des statuts professionnels, sont ainsi en quête d’identification : les travaux écrits dont certains sont publiés, offrent un espace de conversion professionnelle et d’affirmation des compétences de chercheurs/évaluateurs/experts. Les travailleurs sociaux, dirigeants, cadres qui se sont engagés dans ces apprentissages, développent des schèmes de pensée et des « habitus » pratiques, qu’ils appliquent dans l’exercice de leurs fonctions. La plupart trouve l’opportunité d’évoluer par promotion statutaire interne (directeur adjoint, directeur) ou par une nouvelle charge (mission de référent qualité ou chargé d’évaluation), ou par reconversion dans un autre sous-secteur des politiques sociales. Le processus de la conversion professionnelle, selon Hugues (1958), consiste à passer « à travers le miroir » des savoirs profanes, des certitudes constituées par l’expérience acquise dans une pratique antérieure, pour accéder à des savoirs qualifiés, présentant une forme d’expertise que le professionnel nouvellement formé et inséré peut appliquer à son domaine d’intervention. Ces conversions contribuent à configurer le « métier » de l’ingénierie sociale, car les principaux ambassadeurs du DEIS, sont les diplômés qui parviennent à créer leurs emplois ou des fonctions nouvelles dans les établissements et territoires.
Les pratiques de « production de connaissances » étudiées ci-dessus, montrent l'importance de l'équipement conceptuel et méthodologique dont se servent les travailleurs sociaux-chercheurs pour réélaborer leurs savoirs professionnels, redéfinir des objectifs d’intervention en transigeant entre les principes de scientificité et les prédicats des professions et des politiques d’action sociale. Ils ont fait des passages par l’épistémologie des sciences pour produire des connaissances dans des contextes où les agents sont surtout préoccupés de la réussite des actions. Ils ont élaboré des compromis relationnels avec les demandeurs d'un savoir qui n'est pas celui que les sciences sociales prétendent devoir produire. Il ont, malgré tout, tenu bon sur leurs convictions humanistes et/ou politiques, et maintenu le cap de leurs croyances en tentant de ne pas trop se compromettre dans des valeurs contraires, par exemple, dans les évaluations strictement comptables ou managériales. L’ingénierie sociale est un hybride, issu d’une « invention permanente, à partir d'injonctions contradictoires » (Remy, 1998 : 35) de solutions méthodologiques, de traductions conceptuelles, de compromis pratiques, d'attitudes éthiques, de convictions valorielles (Streicher, 2012).

Bibliographie
Allegre F., Osbild C., Rizzotti V., Sadadou R., Siti A., (2011). L’habitat des personnes âgées et personnes handicapées sur le territoire de Longwy, Rapport d’étude, IRTS de Lorraine, pour le Conseil Général de Meurthe et Moselle.
Barbier J.M. (Dir.) (1996). Savoirs théoriques et savoirs d’action. Paris : PUF.
Berthelot J.M (1998). L’intelligence du social, Paris, Presses universitaires de France.
Bonami J.F., 1998, « Transaction entre expérience professionnelle et savoirs universitaires : l’enjeu du crédit social », in Freynet M.F., Blanc M. et Pineau G Les transactions aux frontières du social, Lyon, Chronique Sociale, p.107-120.
Callon M., Lascoumes P., Barthe Y. (2001). Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique. Seuil.
Collinot C., Fontaine D., Machefer.Sevin I., Rajoie S., Salzard F., Thomas E. (2012). Le regard des jeunes sortis du dispositif, Rapport d’étude, IRTS de Lorraine pour le Réseau éducatif de Meurthe et Moselle.
Dubar C. (1992). La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles, Paris, A. Colin
Grignon C. (2002). « Sociologie, expertise et critique sociale », in Lahire B. (dir.), A quoi sert la sociologie, La découverte.
Hugues E. (1958) Men and their work, Free Press.
Kuty O. (2008). « La Naissance de la négociation (1933-1962) » SociologieS, Théories et recherches, mis en ligne le 28 octobre 2008 : http://sociologies.revues.org/2483.
Montesinos C., (2012). L’aide éducative à domicile à l’épreuve de la tarification horaire, entre affrontement de logiques et modifications des pratiques, Mémoire en vue de l’obtention du DEIS, Février 2012.
Pharo P. (1985). « Problèmes empiriques de sociologie compréhensive », Revue Française de Sociologie, Janvier-Mars, XXXVIp.120-149
Remy J., 1998. « La transaction : forme de sociabilité et posture méthodologique », in Freynet M.F., Blanc M. et Pineau G., Les transactions aux frontières du social : formation, travail social, développement local, Lyon, Chronique Sociale, p.20-42.
Rey B. (2006). « Les savoirs d’action : une mise en mots des compétences ? », Recherche et formation, 51, 2006, 165-167.
Sadadou R. (2013). Dispositif « admission » au sein d’un centre Thérapeutique Résidentiel : réorganisation ou innovations professionnelles ?, Mémoire en vue de l’obtention du DEIS, Février 2013.
Streicher F. (2013). « Commandes publiques et ingénierie sociale : modélisation d’un processus de co-élaboration d’expertises sociologiques », communication au Colloque Les recherches actions collaboratives, Prefas Bourgogne, IRTESS, AIFRIS, Dijon,27,28,29 mai.
Streicher F. (2012) L’ingénierie sociale : « un métier en construction entre recherche et intervention » Les cahiers du travail social, n°70. Octobre, p.11-19.
Streicher F. (2012) « Recherche et ingénierie sociale : produits transactionnels et pratiques hybrides », in « La recherche sur le travail social : critiques des outils, critiques des fondements », sous la direction de Jean FOUCART et Jean-François GASPAR, Pensée Plurielle, 2012/2-3, De Boeck.
Streicher F. (2000). Métiers de sociologues dans des champs extra-universitaires : identités, transactions et stratégies de professionnalisation, Thèse de doctorat, Décembre, Université de Nancy2.

Résumé en Anglais

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