Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  2187
Titre
« Transformation Personnelle/Transformation Sociétale (TP/TS) : pour un monde fraternel et solidaire ».  
Auteur(s)
PASQUIER Florent  
     
Thème
Présentation d’une recherche-action collaborative au sein du Réseau des Ecoles de Citoyens (Récit, création 2002).  
Type
Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...  
Résumé
Bibliographie
Présentation Auteurs
Communication
Résumé anglais
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Tout
 
Résumé
« Transformation Personnelle/Transformation Sociétale (TP/TS) : pour un monde fraternel et solidaire ».

Vocation de « Récit », l’engagement des acteurs:
L’association d’éducation populaire RECIT oeuvre pour une citoyenneté active ouverte à toutes les composantes de la société civile qui promeuvent une transformation de la société en vue d’un monde solidaire et fraternel. Un des axes fondamentaux de Récit est de développer des recherches-actions pour expérimenter des méthodologies, des outils, des problématiques partageables, évaluables et donc transférables.
Retrouvant d’une certaine manière l’antique réflexion et sagesse socratique : « pour prétendre à gouverner les autres, il faut apprendre à se gouverner soi-même », cette réflexion cherche alors une modalité de mise en œuvre pour approfondir et actualiser ce questionnement. Mais le Caractère innovant de cette recherche travaille sur l’hypothèse haute de solidariser la transformation sociétale (qu’appelle notre crise de civilisation) avec la transformation de soi.

Création d’un groupe thématique de recherche-action collaborative:
En 2011 une université d’été a Grenoble est consacrée au thème : « transformation personnelle/transformation sociétale : pour un monde fraternel et solidaire ». La création d’un atelier expérimental sur cet intitulé est decidé. Celui-ci ouvre en octobre de la même année et se compose de 12 personnes (nombre volontairement limité) bien entendu volontaires, membres de l’association Récit ou proche d’elle, dans l’esprit d’une formation-recherche impliquante de chacun des participants. Qu’en est-il de « notre désir de transformation » : c’est à partir de cette question initiale qu’un matériau a été dégagé pour servir de thèmes ou de contenus destinés à travailler les différentes facettes de la transformation personnelle/sociétale. Un travail expérientiel sur nos représentations, nos croyances, nos valeurs, nos ambivalences, nos résistances, et les outils et moyens de les dépasser. Comment faire surgir l’intelligence collective la plus large et advenir les singularités personnelles et culturelles de chaque-un ?

Spécificités et méthodologie de fonctionnement du groupe:
La nature même de cette recherche-action implique que la méthodologie (comme ensemble d’outils et de dispositifs conducteurs) est contrainte « de s’inventer » à partir d’un socle initial : l’implication expérientielle de chacun des participants dans la démarche de l’Atelier (implication quant à des récits, des notions, des thèmes). L’atelier se déroule à raison d’une journée complète toutes les six semaines jusqu’à la clôture le 15 mai 2013. Sans préjuger bien entendu, des prolongements de l’Atelier et/ou de sa reconduite avec d’autres participants pour un essaimage souhaitable de cette dimension de la transformation sociétale envisagée.

Pertinence de la RAC:
L’impasse civilisationnelle nous fait obligation (ou obligeance) de frayer des voies de passage, transitives, anticipatrices et nous l'espérons, modélisables. Notre recherche action est par essence, dans sa visée et dans sa démarche, un travail d’intelligence collaborative, collective.

Premières productions et réflexions:
Dans le document final seront développées la plupart des thématiques de nos travaux : construire un monde à finalité humaine, la transformation, l’écoute active, l’intelligence collective, les jeux coopératifs, le désir, la fraternité, la peur, le communautarisme/communautaire, l’identité, le "Vivre Ensemble"…

Motivation de participation au colloque : faire évoluer la construction des savoirs et leur transmission:
Ce colloque sur la recherche-action collaborative constituerait la première présentation publique de ce travail avec l’enjeu et le défi de mettre en débat des transformations repérées dans l’ordre des connaissances et des pratiques de vie. Ce sera aussi pour l’Atelier une opportunité de nous confronter à d’autres "RAC" avec la valeur d’interpellation et de questionnement qu’elles représenteront pour nous au moment où nous entrerons dans la phase d’évaluation et de transmission de notre travail.

Bibliographie
Bibliographie sommaire
- Se construire soi-même pour mieux vivre ensemble. Patrick Boulte.
- Devenir Auteur de Sa Vie, Essai Sur la Construction du Sens et le Bien Vivre. François Kolb.
- TP/TS, les deux faces d’une révolution civique. Cahier N°6 de Récit.
- Penser, agir, vivre autrement en démocratie : Le Pacte civique : inventer un futur désirable pour tous. Collectif Pacte civique.
- Développer et réussir l'intervention sociale d'intérêt collectif. Conseil supérieur du travail social.
- Recherche-action en travail social communautaire. Michel Taleghani, Marseille : Coordination des travailleurs sociaux communautaires de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (1983-1984).

Présentation des auteurs
- Bruno Mattei, professeur honoraire de philosophie, membre actif de Récit. Responsable de l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix.
- Florent Pasquier, maître de conférences en sciences de l’éducation, Iufm de Paris, spécialisé en TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement). Intéressé par l’éducation populaire.

Communication complète
« Transformation Personnelle/Transformation Sociale (TP/TS) : pour un monde fraternel et solidaire ».
Présentation d’une recherche-action collaborative au sein du Réseau des Ecoles de Citoyens.

Présenté par Bruno Mattei, Florent Pasquier, du groupe Récit .

Résumé : Le Réseau des Ecoles de Citoyens (Récit), créé en 2002, a initié un groupe de recherche-action collaborative intitulé transformation personnelle et transformation sociale (TP/TS) pour un monde solidaire et fraternel. Cette communication se propose de présenter les premiers résultats de cette démarche d’éducation populaire, les modalités de sa mise en œuvre et ses contenus thématiques.
Vocation de « Récit », l’engagement des acteurs

Récit est une association d’éducation populaire créée en 2002 qui œuvre pour une citoyenneté active ouverte à toutes les composantes de la société civile dans le but de promouvoir une articulation d'une transformation personnelle et d'une transformation sociale en vue d’un monde solidaire et fraternel. Un des axes fondamentaux de Récit est de développer des recherches-actions pour expérimenter des méthodologies, des outils, des problématiques partageables, évaluables et donc transférables en vue de frayer des voies et des chemins de cette co-transformation.

Dans ce cadre, Récit a impulsé une réflexion et des débats sur le lien et les interactions souhaitables entre la transformation personnelle des individus et la transformation sociale collective porteuses d’émancipation pour un monde fraternel et solidaire. En 2006, paraît un fascicule au sein de Récit invitant à un effort de lucidité pour voir de quelle manière nous contribuons aux dysfonctionnements et aux contradictions de notre société et à agir pour trans-former nos manières d'être, de penser et nos attitudes.

La question continue encore à se poser de savoir si notre capacité à faire évoluer nos système sociaux, économiques, politiques et, en amont, éducatifs était toujours liée à notre capacité individuelle à nous changer nous-mêmes. Retrouvant d’une certaine manière l’antique réflexion et sagesse socratique : « Pour prétendre gouverner le monde, il faut apprendre à se gouverner soi-même », cette réflexion cherche alors une modalité de mise en œuvre pratique pour approfondir et actualiser ce questionnement. Le caractère innovant de cette recherche travaille sur l’hypothèse haute de solidariser la transformation sociale (qu’appelle notre crise de civilisation) avec la transformation de soi.

Pertinence de la recherche action collaborative (RAC)

L’impasse civilisationnelle nous fait donc obligation (ou plutôt obligeance) de frayer des voies de passage, transitives, anticipatrices et, nous l'espérons, modélisables. Notre recherche action est par essence, dans sa visée et dans sa démarche, un travail d’intelligence collaborative, collective.
Celle-ci s'est faite naturellement, selon le principe du camino caminando (tracer le chemin en cheminant), sans appliquer de méthodologie déjà établie se rattachant à une école ou une démarche particulière et théorisée. Cela a pu laisser quelques moments de flous dans la détermination des participants qui se sont chargés à tour de rôle et sur un mode volontaire de l'animation (plus que de la direction) du groupe à la fin de chaque rencontre, en préparation de la suivante, le plus souvent en proposant un thème ou une démarche, ou des types d'exercices .
D'une certaine façon, le groupe s'est retrouvé à fonctionner sous forme de collectif autogéré, suite à l'impulsion primaire des initiateurs de l'atelier qui lui ont donné cette forme assez rapidement, sans peut-être que cela n'ai été bien compris au préalable par les inscrits .

Création d’un groupe thématique de recherche-action autour de l'hypothèse d'une articulation féconde, transformatrice et prospective entre TP/TS (2011)

En 2011, à la suite d'une université d’été à Grenoble consacrée au thème : «transformation personnelle/transformation sociale : pour un monde fraternel et solidaire», la création d’un atelier expérimental sur cet intitulé est décidé. Celui-ci démarre en octobre de la même année et se compose de 12 personnes (nombre volontairement limité vu la nature impliquante du travail), membres de l’association Récit ou proches d’elle, dans l’esprit d’une formation-recherche de chacun des participants. Qu’en est-il de « notre désir de transformation ? ».
C’est à partir de cette question initiale qu’un matériau a été dégagé pour servir de thèmes ou de contenus destinés à travailler les différentes facettes de la transformation personnelle/sociale. Un travail expérientiel sur nos représentations, nos croyances, nos valeurs, nos ambivalences, nos résistances, et les outils et moyens est mené pour les limer et sub-limer. Comment faire surgir l’intelligence collective la plus large et faire advenir les singularités personnelles et culturelles de chaque-un ?
Dans notre hypothèse de recherche action collaborative nous donnons un sens fort et plénier au mot expérience et « expérientiel ». Selon l’étymologie du mot « expérience » le radical en est periri, dont la racine est per qui veut dire « à travers » et un des sens de per est periculum qui veut dire « l’ennemi, l’adversaire, le danger. Mais aussi « traverser, passer à travers, aller jusqu’au bout ». Ce faisceau de significations veut dire que la traversée en question est ou peut-être un péril, un risque. L’expérience est fondamentalement une mise en danger. Faire une expérience c’est s’exposer au devenir de soi, en se soumettant à ce qui advient. C’est une épreuve (la preuve par l’épreuve en quelque sorte). Les acteurs de l’atelier expérientiel TP/TS s’engagent dans une épreuve à la fois existentielle, donc éthique, et in fine politique, au sens de leur place de citoyen dans la vie de la cité. Ils ne se positionnent pas d’abord à priori par rapport à des catégories établies, à des collègues, à une institution d’appartenance, à des partenaires, même s’ils ont tout cela dans leur horizon et leur vécu professionnel, ou civil, ou politique.
Mais la transformation d’eux-mêmes comme acteurs (donc comme à la fois sujet et objet de la recherche) se traduit par des positionnements différents dans les institutions civiles et politiques (par exemple, l'école ou l'université) .
Cette recherche action collaborative transforme alors la situation de recherche dans son élaboration non pas « de meilleures solutions » mais « de nouvelles et plus radicales questions ». Toutes ces questions permettent de nouveaux échanges, non pas tant sur des objets de recherches uniquement situés dans le champ social général mais concernant chacun lui-même comme objet de recherche, mais un lui-même qui s’inclut dans un « nous commun » .

Spécificités et méthodologie de fonctionnement du groupe

La méthodologie de mise en œuvre résulte logiquement de l’hypothèse de départ de notre recherche action et en cela elle pense se différencier du moins en partie d’autres méthodologies. En ce sens que la méthode, dans des méthodologies classiques de recherche action (collaborative ou pas), est jusqu’à un certain point préétablie comme indiqué plus haut. Cet esprit général ouvre des pistes dont nous nous saisissons pour les soumettre à "examen" selon un protocole empirique, souple, et éventuellement révisable. De ce fait, de par la nature de ce travail sur soi, nous sommes amenés à expérimenter tout le domaine de « l’archaïque en nous » et ses effets, plus ou moins obscurs, dont nous pouvons éprouver à quel point nous y résistons, par toute sorte de mécanismes psychiques inscrits dans le terreau éthique (ethos) où s’originent et évoluent ces mécanismes psycho-sociaux .

L’atelier s'est déroulé à raison d’une journée complète toutes les six semaines jusqu’à sa clôture le 15 mai 2013. Sans préjuger bien entendu, des prolongements et/ou de sa reconduite avec d’autres participants pour un essaimage souhaitable de ce travail.

Les effectifs du groupe ont évolué avec le temps. Passé les deux premières rencontres, il s'est stabilisé entre 8 et 10 participants, autour du noyau initial des 3 co-organisateurs. Ceux qui sont partis ont le plus souvent fait savoir pourquoi (groupe qui ne répond pas aux attentes, changement d'avis…). La plupart des personnes sont venues régulièrement, d'autres de façon épisodiques, et une dernière enfin a rejoint le groupe sur le tard. Il avait été envisagé d'inviter occasionnellement des personnalités extérieures (plutôt des auteurs d'ouvrages), mais cette possibilité ne s'est pas réalisée dans les faits, les quelques contacts envisagés et commencés n'ayant pas été ensuite poursuivis jusqu'au bout.
Cependant, un dernier cas de figure s'est présenté, celui d'une participante faisant parti d'un autre groupe de recherche, et assurant le lien entre les deux. Deux autres membres de son groupe sont venus en cours d'année animer une des réunions, pour travailler sur le thème de l'intelligence collective.

Productions et réflexions

Parmi donc les thématiques qui ont émergé lors de nos travaux : construire un monde à finalité humaine, approfondir l'idée de la transformation, l’écoute active, l’intelligence collective, les jeux coopératifs, le désir, la fraternité, la peur (de soi comme des autres), l'idée de communauté (communautarisme/communautaire), l’identité, l'altérité, l'interité, le « vivre tous ensemble » (ce qui n’est pas la même chose que le vivre ensemble qui est devenu un slogan récitatif dans la démocratie telle qu'elle s'entend maintenant).

On le constate, la variété et l'étendue des sujets abordés se révèlent d'une grande richesse. Celle-ci reflète la diversité des parcours des membres de l'atelier, de parcours professionnels et de niveau d'études relativement diversifiés.
Nous pouvons noter que parmi les personnes qui sont restées dans le groupe jusqu'au bout (sur une durée d'un an et demi), toutes se sont sentis intéressées et/ou impliquées à un titre ou à un autre, autour de plusieurs questionnements ou attentes : une meilleure connaissance de soi, mettre les apprentissages faits avec le groupe en rapport avec une activité professionnelle ou associative, la curiosité à apprendre des choses sur des domaines au préalable peu connus, l'envie de partager des savoirs et/ou du contact humain, la recherche d'une certaine qualité d'échange et d'écoute, la volonté d'approfondir une question de recherche personnelle – la fraternité, l'humanité, la conscience -...
Ces motivations, diverses, se sont finalement révélées au moins compatibles (voir complémentaires) et le partage de savoirs et de méthodes entre les membres, dans un processus d'échange et de réflexion active en commun a joué à plein. Ainsi, les membres étaient souvent divisés en petits groupes de partage ou d'exercice sur un thème donné pour une durée de temps limité, suivi ensuite d'une restitution en groupe (la capacité de synthèse devant alors être un pré-requis - ou une compétence à acquérir - pour celui qui rapporte) .
Au final, le groupe s'est caractérisé par une approche plutôt intellectuelle et autour des affects de ces thématiques, abordées dans un format de type atelier sollicitant très fortement les participants, qui n'avaient que très rarement une attitude à dominante passive.
Pour autant, n'ont pas été exclues d'autres formes d'animations de type atelier, exercices pratiques et mises en situation (pratiques méditatives, divination chamanique, jeux coopératifs, études de cas pratique apportés par les participants…).
Ce groupe, très vivant en ce qui concerne sa propre organisation, est resté centré sur une dynamique interne pouvant certes permettre à chacun de ses membres de modifier ses attitudes et comportements dans sa vie personnelle et professionnelle, et ne s'est pas engagé dans une action collective (politique) extérieure à lui-même .
Au final, si une transformation personnelle a eu lieu très certainement pour plusieurs de ses membres et fera l'objet d'une évaluation, le lien avec la transformation sociale n'apparaissant pas encore clairement ni pendant ni à l'issue du processus, ce qui a pu générer des frustrations pour les membres se voulant plus actifs ou plus pressés de voir arriver des "lendemains qui chantent" vraiment .

Faire évoluer la construction des savoirs et leur transmission

Le colloque AIFRIS sur la recherche-action collaborative est l'opportunité d'une première présentation publique et d'une publication de ce travail avec l’enjeu et le défi de le mettre en débat avec des transformations repérées ailleurs dans l’ordre des connaissances et des pratiques de vie. C'est pour l’Atelier TP/TS une opportunité de nous confronter à d’autres «recherches-actions collaboratives» avec la valeur d’interpellation et de questionnement qu’elles représentent pour nous au moment où nous entrons dans la phase d’évaluation et de transmission de notre travail.
L'existence de notre groupe a bien tenu au fil du temps, avec un faible encadrement et sans gestion contraignante, alors que chacun était très impliqué dans ses engagements personnels, et sans qu'aucune espèce de contrainte institutionnelle ni extérieure n'ait obligé de façon coercitive les membres à se retrouver pour réfléchir ensemble au fil des séances .
Les raisons expliquant ce succès sont sans doute multiples, et nous nous questionnons si elles sont nécessaires en pré-requis ou à mette en place rapidement pour qu'une réplication de l'atelier ait quelque chance de succès avec d'autres groupes.
Notons par exemple, que la plupart des participants étaient déjà riches d'un long parcours personnel et/ou professionnel et qu'ils traversent ou ont traversés des périodes de doute et de questionnement. La plupart disposait aussi déjà d'un bagage de connaissances importantes, d'une certaine capacité de rigueur et de maitrise intellectuelle (enseignants, chercheurs, auteur de livres). Nous pouvons dire qu'ils étaient "sachants", à défaut de savants.
Ils avaient aussi la capacité et l'habitude du travail en groupe, ce qui permettait à chacun à tour de rôle (seul ou par 2 ou 3) de prendre la direction de l'atelier suivant, avec l'assentiment de chacun. Ils étaient "diseux" (parfois plus que "faiseux").
Parmi les autres qualités qui se sont révélées ou qui se sont affirmées et qui ont été nécessaires à la bonne poursuite de cette aventure, nous pouvons citer la capacité d'agir en autonomie, l'aptitude à l'auto-organisation, au partage et au souci des autres, à l'expression de la curiosité, l'ouverture et l'acceptation de la différence, l'envie de partager…
De tel pré-requis ne sont-ils pas au delà des capacités moyennes habituellement rencontrées ? Sont-ils le fait de personnes "d'élites" ? Qu'en aurait-il été si certains avaient manqué ? Avec quels schémas anciens stéréotypés le groupe aurait-il été dirigé ou aurait-il fonctionné ?
Et si ces valeurs et caractéristiques sont nécessaires au fonctionnement d'un tel groupe, comment les acquérir ou les faire acquérir en amont ?
Il nous semble que là non plus il n'existe pas de réponses toute faites pouvant garantir l'émergence et la consolidation de ces caractéristiques, les grandes institutions établies (comme l'école ou l'université) ayant bien montré qu'elles sont faillibles là encore à cet égard, et donc que chacun pourrait/devrait se sentir ici aussi impliqué personnellement s'il souhaite voir une évolution collective qui aille dans ce sens.

Bruno Mattei, Florent Pasquier


Deux annexes : Charte de Récit et journée type de travail.
Annexe 1 : La Charte de Récit
Le fondement d’une éducation émancipatrice est de contribuer à l’émergence d’une société solidaire, participative et durable. Cet objectif se traduit par des principes d’action communs :- Respecter les droits de l’homme et la dignité humaine, en dépassant l’égalité formelle pour aller vers une égalité effective dans les conditions d’accès à l’éducation, aux services, à la santé, à la culture.
- Assurer à tous une liberté effective dans leur vie personnelle et collective, une émancipation par rapport aux conditionnements imposées par la société, notamment par les médias dominants et la publicité.
- Promouvoir des logiques de coopération et de fraternité, et non de compétition et d’individualisme, l’égalité et la liberté ne trouvant leur sens que dans un contexte de fraternité.
- Considérer l’économie comme un moyen au service de la société et non comme une fin en soi, ce qui signifie que les activités marchandes ne sauraient être le seul horizon bornant toute entreprise humaine.
- Concevoir la solidarité non comme une assistance, mais comme une réciprocité et une co-responsabilité de chacun envers tous, (des relations interpersonnelles à une solidarité mondiale).
- Préserver les biens communs de l’humanité nécessaires aux générations actuelles et futures, assurer les conditions de poursuite de l’aventure humaine.
- Répondre aux besoins des hommes et des femmes d’aujourd’hui en matière de sécurité, de revenus, de services, d’habitat, d’éducation.
- Permettre à chacun de développer et d’épanouir ses potentialités, en particulier ses capacités de don, de partage, de non violence, et ce dès l’école, dans une optique de développement personnel et de promotion collective, et non de compétition de tous contre tous.
- Favoriser la pratique de la démocratie participative par l’écoute, la relation et la réciprocité.
- Chercher une cohérence entre l’action et le sens donné par chacun à son existence, dans la diversité des options et des histoires personnelles, avec un équilibre entre identité et ouverture, entre culture propre et métissage

Annexe 2 : journée type de travail
Programme descriptif du déroulement de la première journée de l'atelier :
9 h 30 : accueil, présentation et recommandations sur la démarche. Petites mises en situation sur l’interaction.
10 h 00 : présentation de chacun d’entre nous : ce qui l’anime et le motive dans sa participation à ce groupe projet (une dizaine de minutes maximum par personne). Lecture des présentations écrites des membres absents. Cette présentation se fera au sein d’une écoute active et bienveillante des participants. Les présentations devront être préparées en amont de notre rencontre et répondre aux questions telles que : à quel désir répond ma participation à ce groupe projet ? Qu’est-ce que je veux transformer en moi et dans le monde ? Qu’est ce que je mobilise en moi pour me transformer ? Quel moyen je mets en œuvre dans mon quotidien ? Etc.
11 h 45 : synthèse des présentations : choix d’un mot ou d’un thème de travail synthétisant cette première matinée par chaque participant. Choix d’un ou deux thèmes parmi ceux cités à aborder pour la suite de la journée. Décision sur la manière de les aborder dans l’après-midi.
12 h 30 : déjeuner type « auberge espagnole » où chacun amène quelque chose à partager.
14 h 00 : réflexion sur la raison d’être de notre groupe ainsi que sur nos méthodes, nos contenus, la fréquence et le programme des deux séances suivantes.
14 h 30 : répartition en petits groupes de deux ou trois personnes pour commencer à travailler sur les thèmes décidés dans la matinée.
16 h 00 : mise en commun des travaux.
16 h 30 : synthèse sur les ressentis individuels de chacun, ce qui a bien marché pour le groupe, ce qui apparaît encore problématique et difficile, ce qu’il faut améliorer.
17 h 00 : fin et conclusions de la journée. Annonce des objectifs et préfiguration de l’organisation de la rencontre suivante.

Bibliographie sommaire
- Se construire soi-même pour mieux vivre ensemble. Patrick Boulte.
- Devenir Auteur de Sa Vie, Essai Sur la Construction du Sens et le Bien Vivre. François Kolb.
- TP/TS, les deux faces d’une révolution civique. Cahier N°6 de Récit.
- Penser, agir, vivre autrement en démocratie : Le Pacte civique : inventer un futur désirable pour tous. Collectif Pacte civique.
- Développer et réussir l'intervention sociale d'intérêt collectif. Conseil supérieur du travail social.
- Recherche-action en travail social communautaire. Michel Taleghani, Marseille : Coordination des travailleurs sociaux communautaires de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (1983-1984).
- L'Esprit et la pensée, Stock, Paris, 2001, Jiddu Krishnamurti, trad. C. Joyeux.

Présentation des auteurs
Bruno Mattei, professeur honoraire de philosophie, membre de Récit. Responsable de l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix.
Florent Pasquier, maître de conférences en sciences de l’éducation, Iufm/Espe de Paris, spécialisé en TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement). Responsable de l'axe de la recherche à l'Université Coopérative de Paris.


Petit florilège de citation concernant la recherche TP/TS
- « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » GANDHI
- « La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion » Pierre RABHI.
- « Pour changer le monde nous ne pouvons faire l’économie de nous changer nous-mêmes » Laurence BARANSKI (Interaction : TP/TS).
- « Aucun problème ne peut être résolu sans changer l’état d’esprit qui l’a engendré ».
Albert EINSTEIN
- « Nous devons commencer la révolution sociale par la révolution de nous-mêmes, par la révolution sociale morale de nous-mêmes » Charles PEGUY
- « Si c’est un despote que vous voulez détrôner, voyez d’abord si son trône en vous est bien détruit » Khalil GIBRAN.
- « On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres » JESUS.
(sinon gare aux « aigreurs d’estomac » et aux « coliques existentielles » !)

Résumé en Anglais
The Network of the Schools of Citizens (Récit), created in 2002, initiated a group of collaborative search-action heading personal transformation and social transformation (TP/TS) for an interdependent and fraternal world. This communication proposes to present the first results of this popular éducation action, the method followed, and a set of the themes.

 

 
     
         
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