Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  353
Titre
À propos des “valeurs humanistes” des travailleurs sociaux  
Auteur(s)
CREUX Gérard  
     
Thème
 
Type
Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...  
Résumé
Bibliographie
Présentation Auteurs
Communication
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Résumé
À propos des “valeurs humanistes” des travailleurs sociaux

Cette proposition d’intervention s’inscrit dans l’axe 3 de l’appel à contribution et au regard de la question suivante : comment les travailleurs sociaux peuvent-ils développer leur expertise et garder des valeurs humanistes ?
Ce qui retient notre attention dans ce questionnement concerne plus particulièrement leurs « valeurs humanistes » et c’est ce que nous proposons d’interroger dans un contexte non pas de mutations du champ du travail social, mais davantage dans un mouvement de globalisation. Et le questionnement initial présuppose que les travailleurs sociaux ont intrinsèquement des valeurs humanistes. En effet, les représentations autour des travailleurs sociaux semblent immuables, voire tenaces. Ainsi, l’analyse historique du travail social nous montre que les travailleurs sociaux renvoient l’image du militantisme et leur engagement professionnel repose sur une « vocation laïque » pour reprendre les termes d’Alain Vilbrod.
Or, dans le précédent colloque de l’AIFRIS de 2009, nous avions émis l’hypothèse de la « mutation » des travailleurs sociaux dans un monde globalisé. En effet, aucun élément ne permet d’avancer qu’ils échappent à une forme d’individualisation que ce soit pour eux-mêmes (identité pour soi) ou dans le cadre de leur travail (identité pour l’autre), cette forme d’individualisation pourrait finalement mettre à mal les « valeurs humanistes » que les travailleurs sociaux sont censés porter.
Pour tenter d’affiner notre analyse et avoir quelques éléments de réponse supplémentaires, il est nécessaire de s’intéresser à ce qui conduit certaines personnes à devenir travailleur social et quelles seraient les « valeurs » qu’ils mettent en avant en tant que futur professionnel.
À partir d’un travail empirique, nous souhaiterions aborder cette fois nous intéresser aux candidats aux concours d’entrée à une formation de travailleur social. Tous les ans, plus d’un millier de personnes tente d’intégrer l’Institut Régional du Travail Social de Franche-Comté. La lettre de motivation fait partie des supports de sélection et notre intention dans cette communication est de l’utiliser comme objet sociologique.
En effet, sa rédaction est avant tout d’un exercice de style qui va permettre de mettre en avant des aptitudes ou plutôt ce qui est attendu en terme d’aptitude. Ici, l’objectif est bien de décrocher une place pour suivre une formation. Elle permet aussi de voir ce qui est mis en avant par le candidat et de repérer quelques éléments de l’ « habitus » du travailleur social. Bien entendu, elle peut cacher de « fausses intentions » et ne pas traduire les réelles motivations (l’épreuve orale, qui se basse sur la lettre de motivation, veillera davantage à la vérification des capacités du candidat à exercer un métier du social). Cependant, dans le cadre de ce travail, nous n’avons retenu que les candidats ayant eu une note minimale le permettant d’être admis (ce qui ne signifie pas qu’ils le soient au final).
Nous partirons donc de l’hypothèse que la lettre de motivation peut-être un marqueur de disposition durable. Autrement dit, l’objet de ce travail n’est pas de juger des capacités d’un candidat à être un futur travailleur social, mais davantage d’analyser les termes il utilise pour justifier de sa candidature. Autrement dit, la lettre de motivation traduit-elle une signification sociale.
C’est à partir de 548 lettres de motivations recueillies au cours de la dernière campagne de sélection que nous étayerons notre communication. Soumises au logiciel de traitement de données qualitatives ALCESTE, nous montrerons comment se construisent quatre formes de discours ou « mondes lexicaux » bien spécifiques.
Et c’est seulement après cette discussion qu’il sera envisageable d’analyser les éventuelles contradictions entre ce qu’ils sont ou croient savoir être et le développement de leur expertise.

Bibliographie
Austin John Langshaw, Quand dire c’est faire, Paris, Éditions Seuil, 1970

Bauman Zygmunt, La vie liquide, Rodez, Éditions Le Rouergue/Chambon, 2006

Bourdieu Pierre, Questions de sociologie, Paris, Éditions de Minuit, 1984

Creux Gérard, Vers un « monde liquide » : nouveaux travailleurs sociaux, nouvelles pratiques ?, Actes du 3e congrès de l’AIFRIS, du 21 au 24 avril 2009 (Hammamet, Tunisie)

Ion Jacques, La fin des militants ?, Paris, Éditions de l’atelier, 1997

Jodelet Denise, Les représentations sociales, Paris, Éditions PUF, 1989

Reinert Max, « Postures énonciatives et mondes lexicaux stabilisés en analyse statistique de discours », Langage et société, n°3-4, 2007, p.189-202

Thévenet Amédée, Désignaux Jacques, Les travailleurs sociaux, 6e édition, Éditions PUF,
Collection « Que-sais-je ? », Paris, 2002

Vilbrod Alain (dir), L’identité incertaine des travailleurs sociaux, Paris, Éditions L’harmattan, 2003

Vilbrod Alain, « Du social de vocation au social de passage : le choix du travail social », in Elisabeth Prieur, Emmanuel Jovelin (dir.), Quel social pour quelle société au XXIe siècle : la société change, le social bouge, Paris, Éditions L’harmattan, 2001

Vilbrod Alain, « Les fondements de l’identité professionnelle au sein des métiers du social », Informations sociales, n°94, 2001, p.42-50

Présentation des auteurs

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Communication complète

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Résumé en Anglais

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