Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  4598
Titre
Pour être solidaire des valeurs autochtones en contexte de violence conjugale et familiale , stratégies individuelles ou collectives ?  
Auteur(s)
MONTMINY Lyse
BRASSARD Renée
 
     
Thème
 
Type
Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...  
Résumé
Bibliographie
Présentation Auteurs
Communication
PDF Fr non dispo
Résumé anglais
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Résumé
Pour être solidaire des valeurs autochtones en contexte de violence conjugale et familiale , stratégies individuelles ou collectives ?

Au Québec, comme dans le reste du Canada, la violence conjugale et familiale en milieu autochtone constitue un problème social dont l'envergure est alarmante. Son taux de prévalence y est nettement supérieur à celui observé dans les milieux non autochtones. Elle est même considérée par certaines études comme « la problématique la plus pressante des sociétés modernes » (Wallace, 2002, p. 298). Pendant plusieurs siècles, les peuples autochtones ont été soumis à des politiques et à des pratiques d’assimilation qui ont entrainé des effets dévastateurs sur les familles et les communautés qui perdurent encore aujourd’hui (Walby, Armstrong, Strid, 2012; Irvine, 2009; Down, 2008). L'histoire des Amérindiens et des Inuits du Québec et du Canada, ainsi que les conditions de vie auxquelles ils ont eu à faire face au fil des siècles ont entrainé des liens de solidarité extrêmement forts et une grande proximité relationnelle entre les membres des diverses communautés autochtones. Essentielles à leur survie depuis toujours, ces caractéristiques font aujourd'hui encore partie des habitudes relationnelles autochtones. Ainsi, les personnes en plus d'appartenir à une même communauté et à une même Nation sont également liées par des liens de parenté, proches ou lointains. Dans ce contexte, où les relations familiales sont indissociables des liens communautaires comment peut-on intervenir pour préserver cette solidarité dans les situations de violence entre conjoints ? Puisqu’un grand nombre de personnes se trouvent affectées par une situation conflictuelle entre deux conjoints, une forte pression est exercée sur ces derniers en faveur du maintien de ces liens. Dans ce contexte, les modes collectifs de prise en charge sont-ils plus pertinents que les stratégies individuelles ?

Bien que les hommes autochtones soient concernés au premier plan par cette problématique, les données de recherche s'intéressant à leur point de vue et à leur expérience des conflits conjugaux demeurent quasi-inexistantes (Ellington, Brassard, Montminy, 2015). Et ce, en dépit du fait que plusieurs organismes autochtones du Canada et du Québec n'ont cessé, au cours des deux dernières décennies, de décrier l'absence de travaux de recherche qui mettent en lumière la manière dont les hommes autochtones perçoivent et expérimentent la violence conjugale qui les concerne (Ontario Native Women's Association, 1989; Dumont-Smith et Sioui-Labelle, 1991; Femmes Autochtones du Québec/FAQ, 2008). Aucune étude québécoise ne s'était non plus encore penchée sur le discours des hommes autochtones sur la violence conjugale et familiale.
Afin de mieux saisir la réalité des hommes autochtones en contexte de violence conjugale et familiale, nous avons mené une recherche-action collaborative pour explorer avec ces hommes des solutions qui respectent les valeurs humanistes au coeur des traditions spirituelles autochtones. Nous voulions mettre en perspective leur expérience et saisir comment et en quoi les réponses sociales mettent en valeur le potentiel des personnes à multiples précarités à se sortir de leur situation en respectant leurs valeurs et leur dignité trop souvent bafouées par nos institutions. Lors de la présentation, nous ferons état des données recueillies qui mettent en exergue les défis associés à la marge d’action des intervenants sociaux lorsque des problèmes conjugaux surviennent auprès des populations où les liens « tissés serrés » rendent leur résolution plus complexe. Nous aborderons également des pistes d’action susceptibles de générer certains changements sur les pratiques des intervenants sociaux, notamment de recréer des liens entre les différents acteurs. Nous référons ici aux personnes elles-mêmes impliquées dans les situations de violence conjugale et familiale, mais également aux différentes instances, dont le milieu judiciaire pour qui la solidarité dans les milieux autochtones est une valeur très peu considérée dans les interventions.

Bibliographie
• Downe, P. J. 2008. “La Violence exercée contre les filles Autochtones. Le problème, sa face cachée, les sources d’espoir et les interventions possibles.” Dans Les Violences Faites aux Femmes, edited by S. Arcand, D., Damant, S. Gravel, and E. Harper, chapter 4. Montreal: Presses de l’Université du Québec
• Ellington, L, R. Brassard et L. Montminy (2015). Diversity of Roles Played by Aboriginal Men in Domestic Violence in Quebec. International Journal of Mens' Health, vol 14, no 3, p. 287-300
• Femmes Autochtones du Québec – FAQ (2008). Les femmes autochtones et la violence. Rapport présenté au Dr. Yakin Ertürk; Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la violence à l'égard des femmes, ses causes et ses conséquences. Montréal, 11 p. En ligne : http://www.faq-qnw.org/sites/default/files/publications/femmesautochtonesetviolence-tradFR_000.pdf.
• Irvine, K. 2009. Supporting Aboriginal Parents: Teachings for the Future, Prince George: National Collaborating Centre for Aboriginal Health.
• Ontario Native Women's Association (1989). Breaking Free. A Proposal for Change to Aboriginal Family Violence. Thunder Bay : ONWA, 139 p.
• Task Force (2003). Victorian indigenous family violence : task force final report. Victoria, Australia: Aboriginal Affairs, 268 p
• Walby, S., J. Armstrong, and S. Strid. 2012. “Intersectionality: Multiple Inequalities in Social Theory.” Sociology 46 (2): 224–240. doi: 10.1177/0038038511416164.
• WALLACE, H. (2002). Family violence: Legal, medical, and social perspective (3e éd.). Toronto : Allyn and Bacon, 432 p.

Présentation des auteurs
Lyse Montminy, détient un doctorat en service social (2000) qui portait sur la violence psychologique exercée entre conjoints âgés. Depuis 1996, j’ai développé une expertise sur la problématique de la violence conjugale (VC) et les personnes vivant en contexte de vulnérabilité à la VC : les aînéEs, les femmes et les hommes autochtones. Par mes productions scientifiques (articles, chapitres de livre et la production d’un livre sur l’intervention en contexte conjugal), les études réalisées dans le domaine de la violence faite aux femmes en contexte conjugal ainsi que par l’expertise développée pour la recherche en partenariat (RAC), j’ai été invitée dans les cinq dernières années à 20 reprises comme conférencière et réalisé 18 communications avec arbitrage tant au Québec, au Canada, en Europe, qu’en Afrique du Nord sous le thème la violence faite aux femmes, l’intervention en travail social et la recherche-action collaborative en contexte autochtone. À titre de professeure titulaire et de co-directrice scientifique du Centre de recherche sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF), j’ai embauché, encadré et participé à la formation de 19 étudiants (six au premier cycle, huit au deuxième cycle et cinq au troisième cycle) et dirigé sept professionnels de recherche depuis 2009. Dans mes activités d’enseignement je m’intéresse depuis 15 ans à la formation pratique des étudiants en service social de l’Université de Montréal. Toujours en contact avec les milieux de pratique qui accueillent mes étudiants en stage, je suis en mesure de bien saisir les défis des professionnels engagés dans l’aide aux personnes vivant de multiples précarités.
Renée Brassard Ph.D. est professeure titulaire à l’École de service social à l’Université Laval depuis 2005. Elle enseigne le domaine de la déviance, de la délinquance et de la criminalité. Elle est détentrice d’un doctorat en criminologie, thèse qui a été retenue sur la liste d’honneur du Doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal. Cette étude portait sur l’analyse des trajectoires socio-carcérales des femmes autochtones au Québec. Elle a réalisé des travaux de recherche dans le champ de la justice pénale et des Autochtones au Québec, plus spécifiquement, sur les trajectoires carcérales des hommes autochtones au Québec. Entre 2010-2014, elle a codirigé une étude d’envergure sur la violence conjugale envers les femmes autochtones au Québec. Elle dirige actuellement une étude sur l’expérience de violence conjugale des hommes autochtones au Québec. Elle est chercheure régulière au Centre de recherche interuniversitaire sur la violence faite aux femmes (CRI-VIFF) et au Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal (CICC).

Communication complète

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Résumé en Anglais

Non disponible

 

 
     
         
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