Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  4949
Titre
À plusieurs on est plus fortes encore : Le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités : un aperçu des savoirs mobilisés et de leurs retombées  
Auteur(s)
CHAMBERLAND Manon  
     
Thème
 
Type
Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...  
Résumé
Bibliographie
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Communication
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Résumé anglais
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Résumé
À plusieurs on est plus fortes encore : Le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités : un aperçu des savoirs mobilisés et de leurs retombées

Dans les dernières décennies, les mutations survenues sur le marché du travail font ressortir plusieurs polarisations : alors que certaines personnes tirent bien parti de l’augmentation des mobilités, d’autres vivent avec une insécurité permanente. Loin d’être seulement rattachée aux aspects économiques, cette incertitude se répercute non seulement sur le sentiment de contrôle que les personnes peuvent avoir pour se réaliser et être reconnues, mais aussi contribuer à l’éloignement des individus les uns des autres. Afin de contrecarrer ces effets délétères, cela implique de tenir compte de l’évolution des contextes de pratiques d’intervention sociale. Or, il semble qu’actuellement, les intervenants sont de plus en plus contraints de gérer l’écart entre les mesures de soutien étroitement encadrées par des pratiques managériales et l’hétérogénéité des situations rencontrées par les personnes et les collectivités qu’ils accompagnent (Goyette et coll., 2009;Otero et Roy, 2013). Les critiques récurrentes émises ces dernières années à propos des pratiques d’interventions sociales et plus précisément celles destinées à soutenir l’intégration sociale et professionnelle, incitent à s’interroger à propos du développement de pratiques plus optimales pour accompagner les personnes dans les transitions qu’elles rencontrent (Gonin et coll., 2012; Namian et Binet, 2016). Quelles pratiques d’accompagnement permettraient non pas de conduire à l’adaptation à des conditions délétères, mais bien de contribuer en une transformation de celles-ci en des occasions d’apprentissages porteuses de sens dans la visée de sociétés plus justes?

Le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA), (Le Bossé, 2003) expression qui traduit et précise conceptuellement le terme en anglais « empowerment » (Tengland, 2008), a été identifié comme étant une piste prometteuse susceptible de relever ce défi. Désignant à la fois un processus qui permet de passer d’un état d’impuissance réel ou perçu à un contrôle plus effectif concernant ce qui est important pour soi ou pour la collectivité à laquelle une personne s’identifie (Rappaport, 1987), le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités réfère également à des pratiques qui se distinguent par les changements personnels et sociaux simultanés auxquels elles donnent lieu (Breton, 2004). Or, pour aller au-delà des intentions, cette alternative nécessite d’être précisée à la lumière de pratiques concrètes et de leurs retombées. En effet, même si l’idée d’adopter une pratique centrée sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités est fréquemment évoquée, les connaissances scientifiques actuellement disponibles sur les conditions de sa mise en œuvre et de leurs résultats sont encore très parcellaires. Quelles seraient les particularités de telles pratiques et quelles en sont les retombées attestant du potentiel qu’on leur attribue? En quoi permettent-elles de contribuer à l’émergence de solidarités? Afin de réfléchir à ces questions, cette communication portera sur une recherche exploratoire et qualitative, basée sur l’étude de cas d’organisations communautaires fréquentées par des femmes immigrantes, ayant permis de dégager les fondements des pratiques des intervenantes, de cerner les savoirs qu’elles mobilisent ainsi que d’identifier des retombées qui attestent de changements survenus à différents niveaux. D’abord, la problématique à la base de cette recherche permettra d’identifier quelques enjeux associés aux contextes de pratiques actuels. Puis, l’alternative que représente le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités sera illustrée à partir des résultats de cette recherche qui rendent compte de la créativité générée par les occasions de rencontres mises en œuvre au sein de ces organisations. La conclusion de cette présentation conduira à dégager des pistes de réflexion concernant la formation des intervenants sociaux.

Bibliographie
Breton, M. (2004). An Empowerment Perspective. Dans C.D. Garvin, L.M. Guttiérrez et M. J. Galinsky (Dir.), Handbook of Social Work with Groups (pp. 58-75). New York : The Guilford Press.
Goyette, M., Jetté, C. et Comeau, M. (2009). La gestion de la qualité du point de vue des pratiques sociales, La revue de l’innovation dans le secteur public, 14 (3), 2-14.
Gonin, A., Grenier, J. et Lapierre, J.-A. (2012). Impasses éthiques des politiques sociales d’activation, Nouvelles pratiques sociales, 25 (1), 166-186.
Le Bossé, Y. (2003). De «l’habilitation» au « pouvoir d’agir» : vers une appréhension plus circonscrite de la notion d’empowerment, Nouvelles pratiques sociales, 16 (2), 30-51.
Otero, M. et Roy, S. (2013). Introduction. Dans M. Otero et S. Roy (Dir.). Qu’est-ce qu’un problème social aujourd’hui? Repenser la conformité. (pp. 1-18). Québec : Presses de l’Université du Québec.
Namian, D. et Binet, J. (2016). Politiques d’activation et « nouvelles frontières » du travail social. In L. Negura (Ed.). L’intervention en sciences humaines, l’importance des représentations (pp.99-127). Québec: Presses de l’Université Laval.
Rappaport, J. (1987). Terms of Empowerment / Examplars of Prevention: Toward a Theory for Community Psychology, American Journal of Community Psychology, 15 (2), 121-148.
Tengland, P.-A. (2008). Empowerment: A Conceptual Discussion, Health Care Analysis, 16, 77-96.

Présentation des auteurs
Manon Chamberland est professeure au département de travail social de l’Université du Québec en Outaouais. Ses intérêts de recherche portent sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités, l’interculturalité, le travail social de groupe et la supervision.

Communication complète

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Résumé en Anglais

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