Association Internationale pour la Formation, la Recherche et l'Intervention Sociale
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Fiche communication...   N°  652
Titre
Pourquoi mettre au programme un cours portant sur les rapports de genre et les rapports de sexe en travail social ? : échos d’un « récit de pratique de formation »  
Auteur(s)
DUBE Marcelle  
     
Thème
 
Type
Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...  
Résumé
Bibliographie
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Communication
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Résumé
Pourquoi mettre au programme un cours portant sur les rapports de genre et les rapports de sexe en travail social ? : échos d’un « récit de pratique de formation »

"[L’]introduction du féminisme sous sa forme la plus nocive : la femme électeur […] engendrera bientôt la femme-cabaleur, la femme-télégraphe, la femme-souteneur d’élections, puis la femme-député, la femme-sénateur, la femme avocat, enfin pour tout dire en un mot, la femme-homme, le monstre hybride et répugnant qui tuera la femme-mère et la femme-femme."

Si cet extrait, prononcé en 1925 par Henri Bourassa, journaliste canadien-français et homme politique de l’époque, peut faire sourire ou étonner, en ce début de XXIe siècle, il laisse quand même entrevoir ce que pouvait être la vie des femmes d’hier et ils permet de prendre déjà la mesure de toute la route parcourue depuis ce temps.

On peut aussi tenter de s’imaginer quel débat animé aurait créé la rencontre d’un Henri Bourassa et d’une Élizabeth Badinter, alors que cette dernière s’inquiète et interroge, dans sa publication la plus récente, « ce retour en force au naturalisme qui remet à l’honneur le concept bien usé d’instinct maternel », représentant ainsi « le pire danger pour l’émancipation des femmes et l’égalité de sexes » (Badinter; 2010).

Ainsi la célèbre phrase, « On ne naît pas femme, on le devient », qu’écrivait Simone de Beauvoir en 1949, remet en question cette idée d’un destin tracé d’avance pour les femmes comme pour les hommes et invite à saisir comment le féminin et le masculin sont des construits sociaux qui mettent en scène des rapports spécifiques appelés rapports sociaux de sexe.

Si les conditions de vie des femmes et des hommes se sont nettement transformées depuis les années 1960, alors pourquoi inscrire au programme de la formation en travail social un cours portant sur les rapports de genre et les rapports de sexe ? En quoi cette thématique peut intéresser les futures intervenantes et intervenants sociaux? Quels contenus offrir dans le cadre de ce cours et comment les livrer ? Bref, quels sont les objectifs et le sens de la démarche développée au cœur de cet enseignement et pour quelles finalités ? Voilà quelques-unes des interrogations qui me permettront, dans le cadre de cette communication, de faire un retour et de présenter quelques constats sur l’expérience pédagogique que j’ai vécue à l’automne 2010 en donnant ce cours. Sous la forme d’un « récit de pratique de formation » (Bertaux; 2001, Delory-Momberger; 2009, Dubet; 1994, Haicault; 2000), je compte, de manière narrative et réflexive, interroger la démarche que j’ai développée et expérimentée, et ce autour de trois grands axes : premièrement les contenus et la pédagogie proposés, deuxièmement l’accueil et la participation des étudiantes et étudiants à cette proposition pédagogique élaborée et finalement la construction individuelle et collective qui en résulte à la sortie du trimestre.

Déjà, un premier constat s’impose. Ce que Le deuxième sexe proposait, l’appel à l’autonomie, à la liberté et au « devenir sujet » des femmes, quelque soixante ans plus tard, demeure toujours d’actualité. En ces temps de crises et de mutations, qui donnent à voir des sociétés traversées par des courants issus du néo-libéralisme et des conservatismes montants qui se plaisent à remettre à l’avant-scène cette idée de nature et de génétique pour expliquer les différences des sexes, et inviter les femmes à retourner à la maison, une inquiétude et des questions surgissent (Dubé; 2005, Scott; 2009).

Dans ce contexte, à titre de futures intervenantes et intervenants sociaux, il devient donc essentiel de comprendre historiquement comment ces rapports sociaux et de genre ont pris racine dans diverses institutions (famille, école, travail, etc.), les luttes qu’ils ont générées et les transformations majeures qui en ont découlé, et tenter de débusquer, si des tensions existent toujours ou sont générées par ces rapports, dans nos sociétés qualifiées de « sur », de « post » ou d’« hyper » modernes, où nous vivons ensemble, en ce début de XXIe siècle (Augé; 2008, Bonny; 2004, Lyotard; 1988, Lipovetsky; 2004).

Bibliographie
AUGÉ, Marc. 2008. Où est passé l’avenir?, Paris, éditions du Panama.
BADINTER, Elisabeth. 2010. Le conflit, la femme et la mère, Paris, Flammarion,
BEAUVOIR, Simone de. 1949. Le deuxième sexe, Tomes 1 et II, Paris, Collection Idées, Gallimard.
BERTAUX, Daniel. 2001. Les récits de vie, Paris, Nathan/VUEF, 127 p.
BONNY, YVES. 2004. Sociologie du temps présent, Modernité avancée ou postmodernité?, Paris, Armand Colin
BOURASSA, Henri. 1925. Femmes-hommes ou hommes et femmes? Études à bâtons rompus sur le féminisme, Montréal, Imprimerie du Devoir.
DELORY-MOMBERGER, Christine, 2009. La condition biographique. Essais sur le récit de soi dans la modernité avancée, Paris, Téraèdre.
DUBÉ, Marcelle. 2005. « Des vagues et des rives… : quelques pensées sur les ancrages et les expressions des féministes d’aujourd’hui », in Dialogues sur la troisième vague féministe, Montréal, Les Éditions du remue-ménage, p. 193-206.
DUBET, François. 1994. Sociologie de l’expérience, Paris, Seuil.
HAICAULT, Monique. 2000. L’expérience sociale du quotidien Corps, espace, temps, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa.
LIPOVETSKY, Gilles et Sébastien CHARLES. 2004. Les Temps hypermodernes, Paris, Grasset.
LYOTARD, Jean-François. 1988. Le postmoderne expliqué aux enfants, Paris, Éditions Galilée.
SCOTT, Joan W.. 2009. « Écho-fantasme : l’Histoire et la construction de l’identité », Théorie critique de l’histoire. I Identités, expériences, politiques, Paris, Fayard, p. 127-177.

Présentation des auteurs

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Communication complète

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Résumé en Anglais

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