Vers une société interculturelle
Année : 2007
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
DUFAY Laurence (Belgique) – laurencedufay@hotmail.com
Résumé :
Depuis une quarantaine d’années, nos villes connaissent des mutations importantes relatives à leur population : de nombreuses personnes issues de cultures et/ou porteuses de nationalités différentes y cohabitent.
Les politiques d’immigration et d’intégration ont été tardivement mises en route et les crises, telles les "émeutes" de 1992 dans les quartiers populaires de Bruxelles, ont déclenché l’instauration d’actions publiques (contrat de sécurité devenu actuellement contrat de prévention et de sécurité) amenant de nombreuses questions (déontologie, rôle social et liens avec le travail des forces de l’ordre, recrutement de personnes d’origine étrangère, etc.) aux travailleurs sociaux.
Anticiper les problématiques sociales est certainement une des qualités du secteur social. Celui-ci se doit aussi de montrer ses analyses de terrain au politique afin qu’il puisse agir en conséquence.
Le travailleur social est amené à encourager la mutation de notre société multiculturelle vers une interculturalité harmonieuse où la diversité est valorisée, les discriminations de tout ordre sont empêchées et où les liens entre les cultures et communautés conduisent à sa richesse.
Pour ce faire, des compétences nouvelles doivent être acquises : des compétences interculturelles : prise de recul par rapport à ses propres repères, contextualisation des situations, expression de son vécu personnel, gestion des stéréotypes et préjugés (les siens et ceux des autres), capacité de décentration et empathie, passage de l’ethnocentrisme à l’isomorphisme, gestion des conflits et négociation, capacité de se positionner sans perdre son identité et ses convictions, etc.
Tel est, selon moi, un des enjeux de la formation pour développer de nouvelles pratiques sociales.
L’acquisition de notions sur l’ethnocentrisme et la puissance des préjugés ne suffisent pas ou plus.
Aussi pour que la rencontre voire la confrontation puisse être enrichissante, une réflexion et une connaissance de son système de valeurs, de son identité, de ses propres cultures (familiales, institutionnelles, religieuses, systèmes de contrôle et de pouvoir, etc.) et de celles des autres deviennent indispensables.
L’éducation interculturelle, comme approche positive de la différence, demande donc du temps et des outils adaptés au processus de l’interculture.
Que la diversité soit un réel atout et que l’interdépendance soit valorisée, voilà un des défis à relever pour nos sociétés.
Le secteur de l’action sociale y a certainement une grande place à prendre.
Mots clés :
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