L'établissement des immigrants hors des centres urbains : quel support social proposer?
Année : 2009
Thème :
Type :
Auteur(s) :
ARSENAULT Stéphanie (Canada) – stephanie.arsenault@svs.ulaval.ca
Résumé :
Le Canada et la Québec sont, depuis plusieurs décennies, des états proactifs en matière d'immigration internationale. Le Canada comme le Québec comptent sur l'immigration comme moyen de répondre aux défis économiques et démographiques qu'ils connaissent.
Au cours de la dernière décennie, soit entre 1996 et 2005, une moyenne de 220 559 nouveaux immigrants se sont installés au Canada chaque année. Pour une période similaire (1995-2004) le Québec a, quant à lui, accueilli annuellement une moyenne de 33 220 immigrants. Sa cible annuelle actuelle se situe davantage autour de 45 000 nouveaux arrivants.
En outre, depuis 1992 et avec la parution des « Orientations pour une répartition régionale plus équilibrée de l'immigration » ainsi que des « Mesures favorisant la régionalisation de l'immigration », le gouvernement québécois a choisi officiellement de promouvoir l'établissement des nouveaux arrivants à l'extérieur de la grande région de Montréal. Les résultats, en ce qui concerne la régionalisation de l'immigration, demeurent cependant insuffisants. Alors que 88% des immigrants s'établissaient dans la région métropolitaine en 1991, environ 83% des nouveaux arrivants s'établissaient toujours dans la métropole en 2006.
Par ailleurs, le nombre d'immigrants à s'établir hors de Montréal, bien que faible, croît de façon constante depuis plusieurs années. Les premières initiatives de régionalisation de l'immigration réalisées avec des réfugiés indochinois dans les années 1970 n'ont guère porté fruits. La quasi-totalité des personnes orientées à l'extérieur de Montréal ont quitté leur région d'installation dans les dix années qui ont suivi leur arrivée pour se réinstaller à Montréal ou ailleurs.
Les tentatives plus récentes de régionalisation de l'immigration n'ont guère abouti à des résultats convaincants alors qu'environ 83% des nouveaux immigrants continuent de s'établir dans la grande région de Montréal.
En ce qui concerne la région Gaspésienne à l'étude, entre 1995 et 2004, des 46 625 personnes à s'être installées hors Montréal, tout juste 100 personnes se sont établies en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, faisant ainsi de cette région, après le Nord du Québec (69 immigrants pour la même période), la région la moins prisée par les immigrants.
Selon une étude documentée par le centre de recherche Métropolis, les motifs présidant au choix de s'établir dans un endroit précis reposeraient principalement sur la présence de parents, d'amis ou de personnes de même origine (35 % des cas) sur les perspectives d'emploi (25 %) ou sur le type d'environnement (13 %).
Dans un contexte la province souhaite continuer de promouvoir l'établissement des immigrants hors de sa métropole et les expériences développées n'ont su donner les résultats espérés, cette présentation vise à proposer des pistes permettant de mieux comprendre ce qui amène des immigrants à sortir des grands centres traditionnels d'établissement pour s'installer dans des régions dites à faible taux d'immigration.
La présentation vise également à mettre en lumière les raisons qui permettent à ces personnes de perdurer dans ces régions.
Finalement, la présentation proposera des pistes d'intervention et de soutien pour permettre une insertion durable des immigrants dans ce type de régions.
Mots clés :
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