L’enseignement de la communication interculturelle : une nécessité pour les futurs travailleurs sociaux

Année : 2009

Thème :

Type :

Auteur(s) :

SCARPA Robert (France)
GERARD Véronique (France)

Résumé :

A la Haute Ecole de Namur, après avoir été optionnel pendant trois ans, un nouveau cours obligatoire est apparu depuis deux ans dans la grille des programmes des futurs assistants sociaux. Cette unité d’enseignement s’intitule « Cours d’Interculturalité ».
L’ouverture des frontières à l’intérieur de l’Europe et la perméabilité des frontières extérieures a modifié le profil de la population de nombreux pays et rend l’Union Européenne de plus en plus multiculturelle. Aujourd’hui, l’UE est peuplée de plus de 20 millions d’immigrés. Les travailleurs sociaux sont de plus en plus souvent confrontés à des situations où les différences culturelles entre eux-mêmes et les usagers complexifient la communication et multiplient les risques de malentendus. On s’aperçoit aussi que les équipes de travailleurs sociaux deviennent elles aussi progressivement pluriculturelles.
Cela nous a mené à envisager ce nouveau cours sous deux angles différents : la communication vers les usagers et la communication entre membres d’une équipe de travailleurs.
L’objectif du cours est de fournir aux étudiants une grille de lecture des différences culturelles permettant d’analyser et de contextualiser des situations et des conflits interculturels. Il s’agit aussi de leur donner les outils permettant d’adapter leur démarche et leur communication.
Quelques uns des auteurs de référence sont Geert Hofstede, Fons Trompenaars, Gilles Verbunt… Les grilles d’analyse se concentrent entre autre sur les concepts de gestion du temps et de gestion de l’espace, de communication implicite-explicite, de distance hiérarchique et stratifications sociales, de masculinité-féminité et rapport entre les sexes, d’individualisme-esprit communautaire, de contrôle de l’incertitude et attitude face au futur, de particularisme-universalisme. Sont abordés les rapports différents à la mort, au corps, à la nourriture ainsi que les différences structurelles inhérentes aux langues, au langage verbal et au langage non-verbal.
Nous nous inspirons aussi du modèle d’acculturation interactif de Bourhis pour contextualiser les interventions des travailleurs sociaux sur le terrain.
Le cours est donné à des sous-groupes de 20 étudiants sous forme de séminaire. La méthodologie est basée sur l’approche expérientielle où le point de départ est constitué par un jeu, un jeu de rôle, la présentation d’un cas concret ou le visionnement d’un extrait de film. S’ensuit une discussion avec les étudiants sur leur vécu et leur vision subjective de la situation. Elle débouche sur l’introduction de concepts théoriques puis sur l’application de ces concepts à des cas concrets analysés en groupe de 4 ou 5 étudiants.
Ce cours est passé du statut optionnel au statut obligatoire à la demande des étudiants de 3° année auquel il était adressé. Aujourd’hui, les étudiants de 3° année demandent que ce cours soit donné en 2°, voire en 1° année. Après avoir suivi ce cours, ils s’aperçoivent rétrospectivement qu’ils n’ont pas pu analyser ni intervenir correctement dans des situations interculturelles rencontrées sur leurs lieux de stage de 1° ou 2° année.
Malheureusement, à l’heure actuelle, en Belgique francophone, peu d’écoles sociales abordent cette matière devenue, pensons-nous, indispensable. Il serait fructueux de procéder à un tour d’horizon des instituts et des facultés présentes au colloque afin de connaître leur pratique et leur point de vue en la matière.

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