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La formation en travail social entre ordre normatif néo-libéral et construction de démocratie

Année : 2012

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

CHAMBEAU Marc (Belgique) – marc.chambeau@helha.be
FRANSEN Josiane (Belgique) – josiane.fransen@helha.be

Résumé :

La formation en travail social permet de réaliser à la fin de sa formation une série d’actes techniques importants (capacité à l’écoute, à l’entretien, à l’écriture de rapports,…), mais cela ne constituera jamais le fondement d’un travail social dans une perspective démocratique. L’essentiel du métier du travailleur social, c’est la confrontation au doute, la recherche des réponses à ses questions chez l’autre (l’autre collègue, mais aussi et surtout l’autre usager !), la remise en question perpétuelle du fait des contacts avec les populations qui amènent chaque fois de nouvelles informations qui complètent ou contredisent les informations précédentes.

Un gestionnaire du social, pour être bon, devra d’abord avoir acquis cette compétence. Et même avec les meilleurs enseignants du monde, même avec les meilleures pédagogies du monde, il ne pourra acquérir ces compétences à l’école. La formation au métier de travailleur social, c’est pendant trois ans, former l’étudiant à se mettre en position d’apprendre au contact des populations. C’est le mettre en situation de savoir qu’en commençant son métier, il ne sait pas grand chose, et que l’essentiel, il va l’apprendre au contact des gens qu’il va rencontrer. Ce que la formation aura pu lui donner, ce sont des outils pour décoder ces situations, outils qu’il faudra utiliser avec circonspection, parce qu’ils ont des limites. Pour pouvoir devenir un bon ingénieur du social, dans une perspective démocratique, il faudra avoir vécu cette expérience du doute, du non savoir, des compétences découvertes chez l’autre. Il faudra donc avoir du métier. C’est alors et alors seulement qu’une formation à la gestion du social pourra s’envisager sur base essentielle du vécu pratique lors des années de terrain. Et donc certainement pas à la sortie des études. Sauf si l’on veut former des gestionnaires déconnectés du terrain, et dès lors capables de rendre de grands services à la société dans une logique marchande.

Mots clés :

Formation, Démocratie locale, Vivre ensemble

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