La recherche-action comme outil de développement d’un pouvoir d’agir (DPA) collectif
Année : 2012
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LE BOSSE Yann (Canada) – Yann.Lebosse@fse.ulaval.ca
BOURASSA Bruno (Canada) – Bruno.Bourassa@fse.ulaval.ca
FOURNIER Geneviève (Canada) – genevieve.fournier@fse.ulaval.ca
Résumé :
L’étude des pratiques sociales passe par l’adoption d’une posture épistémologique dans laquelle le développement des connaissances devient un moyen de contribuer à la production du changement de manière tangible. Une des conséquences directes de cette position réside dans le renversement de la finalité traditionnellement associée à la démarche scientifique. Concrètement, le chercheur est invité à contribuer prioritairement à la résolution du problème à l’étude plutôt que de réserver l’essentiel de son temps à la documenter. D’un autre côté, la fonction principale d’un scientifique reste la production d’un corpus de connaissances fiables, parce qu’élaborée à partir d’un processus rigoureux et transparent. Dès lors, comment cette compétence spécifique peut-elle contribuer à la production du changement ? Comment les chercheurs qui œuvrent dans le champ des pratiques sociales peuvent-ils favoriser ou participer concrètement à l’avènement d’une société plus juste ?
Un des éléments de réponse à cette question consiste à créer des espaces de travail au sein desquels le processus de production des connaissances constitue en lui-même un outil de changement. C’est notamment le cas de la recherche-action, c’est-à-dire d’une démarche systématique de conduite du changement visé au moyen d’un processus rigoureux de collecte, de traitement et d’analyse des connaissances disponibles. Une des caractéristiques centrales de ce type de recherche est qu’elle peut s’appuyer sur une grande variété de sources. En plus des données empiriques présentées dans la littérature scientifique ou de celles provenant d’enquêtes sur le terrain, la recherche-action peut s’appuyer sur les savoirs acquis par l’expérience des personnes qui composent quotidiennement avec la réalité à l’étude ou sur ceux des professionnels qui les accompagnent.
Bien que potentiellement très pertinent, ce mariage entre méthode scientifique et connaissance expérientielle se heurte à de nombreux obstacles. Les différences d’échéancier, d’enjeux et de culture professionnelle entre les universitaires et les partenaires ainsi que les contraintes inhérentes aux enjeux méthodologiques constituent autant de sources d’écueils possibles. Le défi principal consiste à développer une façon de produire des connaissances, qui, sans peser excessivement sur le processus de mise en commun des expertises, repose sur une méthodologie rigoureuse et transparente tout en étant capable de produire un changement concret compatible avec les aspirations de l’ensemble des partenaires.
L’atelier que nous proposons présentera les premières analyses d’une double démarche de recherche-action réalisée en collaboration avec le laboratoire de recherche sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (LADPA) de l’Université Laval (Québec), une équipe de chercheurs du Centre de recherche et d’intervention sur l’éducation et la vie au travail (CRIEVAT) et une équipe d’intervenants. Plus précisément, notre réflexion portera sur la capacité de l’approche utilisée (centrée sur le DPA) à produire un changement compatible avec les aspirations des personnes concernées et sur les processus qui président (ou qui concourent) à la production de ce changement.
L’atelier se déroulera sur une journée entière. Au cours de la matinée, nous présenterons les deux recherches action réalisées depuis 2011. La première porte sur une démarche de DPA organisationnel alors que la seconde porte sur un DPA structurel à l’échelle régionale. Dans l’après-midi, sur la base des éléments présentés le matin, nous entamerons un dialogue avec les participants pour approfondir notre compréhension mutuelle des sources naturelles de tension entre les multiples enjeux en présence dans une démarche de recherche-action et sur les manières optimales de les gérer.
Mots clés :
Acteurs, Action collective, Recherche-action
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