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Le territoire comme une ressource : Retour sur une recherche-action réussie

Année : 2012

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

MOINE Alexandre (France) – alexandre.moine@univ-fcomte.fr
LYET Philippe (France) – philippe.lyet@askoria.eu

Résumé :

Cette proposition de communication s’appuie sur le croisement de regards entre géographe, formateurs en Travail Social et acteurs de terrain. Elle s’ancre notamment sur un ensemble de travaux conduits au sein de l’IRTESS de Bourgogne et dans le cadre d’une Recherche Action Collaborative (RAC) qui depuis 2 ans scelle un partenariat entre le Laboratoire ThéMA de l’Université de Franche-Comté et l’IRTESS.

Aujourd’hui, les travailleurs sociaux témoignent par la voix de leurs représentants ou au sein de colloques, d’une « perte de sens » qui caractériserait leurs pratiques professionnelles, d’une césure entre réalités pratiques et attendus des cadres hiérarchiques, d’une « instrumentalisation » de leurs interventions par le politique et d’un « sentiment d’impuissance » face à la massification des problèmes sociaux. En ce sens, il s’agit de convoquer des outils capables de replacer le territoire au cœur des pratiques sociales, la complexité constituant un obstacle à la compréhension de ce qui nous entoure, particulièrement si on se place à l’échelle des territoires d’intervention des travailleurs sociaux.

C’est sur ces interrogations, que la RAC présentée a été bâtie autour de 2 Accueils Solidarité Famille de Côte d’Or, afin de dégager deux problématiques territoriales qui nécessitaient la mise en place d’une approche globale, géographique et systémique :

-L’ASF de Talant s’est ainsi positionné autour de la question de l’isolement, géographique, partenarial, plus ou moins ressenti par les personnes accompagnée et par les Travailleurs Sociaux eux-mêmes : comment le caractériser, le représenter, dresser des enjeux et in fine, mieux accompagner les individus, groupes ou familles (IGF) ;

-L’ASF de Is s/Tille a souhaité aborder la question de la mise en réseau des acteurs : comment identifier, référencer et spatialiser les acteurs et finalement dégager des « territoires orphelins » en termes de gouvernance sociale.

Nous souhaitons dans cette communication revenir sur quatre points qui nous paraissent importants à visiter dans la perspective de reconduction de tels types d’approche :

-La méthodologie mise en place doit être interrogée, elle articule la mise à disposition d’une démarche (approche systémique du territoire considéré comme un système complexe) dont l’appropriation est assez longue. Cela a nécessité des mises aux points régulières et a pu créer au moment de sa mise en place un « complexe d’infériorité » chez les TS, qu’il a fallu régulièrement combattre ;

-Que viennent chercher les différentes parties dans cette expérience ? Application pour le chercheur, avec validation de ses méthodes et outils ; volonté d’innover, de valoriser et de faire évoluer sa pratique pour le praticien, amélioration des compétences des TS pour le Conseil Général, besoin de reconnaissance pour chacun ? ;

- On a mesuré une appropriation de la démarche et un impact fort sur la cohésion des équipes, en ce sens il s’agit de s’interroger sur les effets de la RAC. Il semble que la posture des praticiens ait changée (vis-à-vis de leur pratiques, de leurs collègues, de l’institution), est-ce en rapport avec le nouveau regard porté sur le territoire grâce à la méthode appliquée, est-ce tout simplement lié à la relation terrain-recherche qui a été nouée ? Les chercheurs quant à eux ont éprouvé la méthode, mais au-delà ils ont été confronté à la façon de transmettre cette méthode, des blocages sont apparus qui révèlent que le passage de la recherche à l’application n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer ;

-Enfin, et ce n’est pas la moindre des questions, quel retour en matière de formation ? La RAC implique de se questionner sur les éléments qui vont modifier la manière d’enseigner l’approche de la complexité des territoires. Ici c’est la manière de réintégrer les acquis en matière de didactique qui interroge, finalement comment les formations dans ce domaine, portées par l’IRTESS, s’en trouvent enrichies ?

Mots clés :

Recherche-action, Territorialisation, Formation

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