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La connaissance et l’innovation au risque de la posture « d’acteur-chercheur » : le collectif « cultures et sociabilités en territoires de montagne »

Année : 2013

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

CHAULIAC Marina (France) – marina.chauliac@culture.gouv.fr
BASSET Karine (France) – basset.karine@gmail.com
HANUS Philippe (France) – philippe.hanus@cpie-vercors.asso.fr

Résumé :

Le propos général de cette communication sera de montrer 1°) comment un type de questionnement peut émerger au sein d’un programme de recherche académique (ici le Labex « Innovation et territoires de montagne ») en lien avec la posture hybride de ce que nous nommerons « l’acteur-chercheur » 2°) d’illustrer ce propos par l’expérience en cours d’un travail collaboratif sur les questions de sociabilité et de culture en territoire de montagne. Les apports mais aussi les écueils d’une hybridation de la recherche sur ces enjeux seront soulignés.
Le collectif réuni au sein du labex Item, dans le cadre d’un axe de travail consacré à la recherche de nature collaborative a pris acte du rôle croissant de personnes prises dans la posture hybride du partenaire institutionnel du monde académique, mais qui sont également engagées dans un parcours d’acquisition et de production de connaissance, sont souvent diplômées en sciences sociales, ont pour le moins acquis une connaissance empirique significative, la recherche constituant parfois même une partie de leur mission professionnelle. « L’acteur » ainsi désigné par le monde académique, est donc en attente d’une reconnaissance de sa capacité à produire de la connaissance, mais il est également en mesure de faire émerger des questionnements et problématiques inédits, et de mobiliser des réseaux.
Une thématique a ainsi émergé au sein du labex Item à partir des apports croisés de professionnels de structures agissantes en territoires de montagne, dans le domaine de la culture, du patrimoine, du développement rural (CPIE Vercors, Espace Belledonne, DRAC Rhône-Alpes, Maison du patrimoine oral de Bourgogne, Maison du berger, Parc national des Ecrins). La question de ce qui « fait société » sur ces territoires aujourd’hui, ainsi que les usages denses et pluriels de la notion de « culture », sont apparus comme de communs dénominateurs ouvrant la possibilité de construire une réflexion partagée et un cadre préalable au lancement de travaux de recherche. Un tel questionnement invite en premier lieu à évaluer l’héritage institutionnel
des territoires de montagne, qui, depuis une cinquantaine d’années, ont été parfois fortement structurés par des institutions à vocation patrimoniale (parcs naturels, associations, écomusées…), lesquelles ont largement contribué à la recomposition des catégories de « nature » et de « culture », mais aussi à la construction d’images identitaires. Or ces institutions se heurtent actuellement à la difficulté à penser la pluralité et la complexité sociale sur ces territoires et à se positionner en tant qu’institutions culturelles face à la multiplicité des acteurs désormais légitimes en la matière.
Au titre des avantages d’un travail collaboratif, il faut souligner la possibilité de construire une réflexion commune sur le vocabulaire et les catégories mises en œuvre pour appréhender une réalité mouvante, ici les implicites des territoires ruraux et l'éclatement de la notion de culture qui met à mal les constructions identitaires autour de la culture dite « de montagne », mais aussi questionne une approche en termes d'établissements culturels (médiathèques, théâtres, cinéma, musées...), de pratiques culturelles qui amenaient à penser en terme de publics « passifs » ou encore dans une optique de protection et de valorisation d'un patrimoine identifié et consacré par les experts. Du point de vue de l’acteur chercheur, l’attendu en terme d’innovation réside dans l’aller-retour expérimental que la RAC provoque quand elle est menée dans le champ des sciences sociales. A la condition d’un travail d’explicitation du protocole même de la RAC, dont le partage est au centre de la collaboration, celle-ci deviendrait un lieu où pourrait s’inventer une alternative aux habitudes des acteurs, la caution du cadre affiché de « l’excellence » aidant à un positionnement légitime pour un changement de pratiques.

Mots clés :

Acteurs, Institution, Zone rural, acteur-chercheur, posture de chercheur, cultures et innovation

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