PDF FR

Les recherches-actions collaboratives : éléments d’analyse et de typologie

Année : 2013

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

BONNY Yves (France) – yves.bonny@univ-rennes2.fr

Résumé :

La terminologie relative aux formes de recherche qui se distinguent de la forme dite classique est à la fois foisonnante et peu stabilisée quant à ce que les différents syntagmes recouvrent : recherche collaborative, recherche partenariale, recherche participative, recherche coopérative, recherche-action, recherche-intervention, etc. Chacune de ces appellations renvoie par ailleurs lorsque l’on y regarde de plus près à une hétérogénéité interne très importante concernant la conception de l’articulation entre recherche et action, le référentiel de ce qui constitue une recherche valide, le statut et le rôle des différents acteurs dans la définition de l’objet et de la problématique de la recherche, dans le déroulement effectif du processus de recherche et dans les modalités de valorisation de celle-ci.

Sur la base à la fois d’une revue de la littérature, d’un travail de clarification engagé au cours des dernières années et d’une pratique de la recherche-action, je souhaite dans cette communication dégager des éléments de définition, d’analyse et de typologie à propos de ces différentes expressions, et plus particulièrement à propos de celle qui a été retenue pour ce colloque, les recherches-actions collaboratives (RAC). Je propose d’opérer à l’intérieur de celles-ci des distinctions internes selon deux critères principaux : le référentiel qui définit ce que chercher veut dire et le degré d’implication des acteurs dits de terrain dans la démarche de recherche. J’opposerai sur le premier axe un référentiel scientifique de la recherche à un référentiel praxéologique, visant à élever la réflexivité des acteurs sur leur pratique sans nécessairement se calquer sur le modèle scientifique canonique, tout en impliquant des chercheurs académiques professionnels pour leurs savoirs, leurs méthodologies et leurs compétences spécifiques, ainsi que dans un souci de légitimation de la démarche. Sur le deuxième axe, j’opposerai une conception séparant a priori « communauté de recherche » et « communauté de pratique » pour penser la RAC comme un espace hybride à une conception beaucoup moins tranchée des identités d’acteurs, conduisant à raisonner plutôt en termes d’acteur hybride et de chercheur collectif. Je suggérerai que ces deux axes ne sont pas indépendants et qu’un référentiel praxéologique de la recherche favorise une symétrie de position entre les acteurs (ce qui peut aller de pair avec une différenciation des contributions), alors qu’un référentiel scientifique implique d’emblée une asymétrie des positions et des contributions, ce qui peut parfaitement se justifier dans certains cas mais pose problème lorsque cela tend à constituer une norme inquestionnée.

Mots clés :

Recherche-action, Société civile, Transfert des connaissances

← Retour à la liste des articles