Rendre visible l’invisible : contribution des savoirs expérientiels de femmes immigrantes au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités
Année : 2013
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
CHAMBERLAND Manon (Canada) – manon.chamberland@fse.ulaval.ca
Résumé :
Au cours des dernières décennies, les mutations survenues sur le marché du travail ont contribué à la marginalisation d’une partie importante de la population qui peine à s’insérer socioprofessionnellement de manière satisfaisante. Par exemple, bien des femmes immigrantes se retrouvent à occuper des emplois précaires, malgré une scolarité parfois plus élevée que celle détenue par la population hôte (Conseil du statut de la femme, 2005; Picot et coll., 2007). Leurs savoirs ne sont pas toujours reconnus (Chicha, 2009), bien que leurs parcours d’immigration comportent en eux-mêmes plusieurs opportunités d’apprentissages (Vatz Laaroussi et coll., 2007). En plus de soulever des questions concernant le vivre-ensemble, les obstacles récurrents rencontrés par les femmes immigrantes pour s’insérer socioprofessionnellement incitent à s’interroger quant aux modalités d’accompagnement destinées à soutenir leurs démarches (Lacroix, 2010). Face aux critiques formulées envers les pratiques d’intervention sociale (Castel, 2007 ; Johnson et coll., 2004), le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA), que l’on peut envisager à la fois comme un processus, une finalité et une approche, figure comme une alternative pertinente en raison de ses retombées simultanées sur les plans personnel et social (Carr 2004; Le Bossé, 2003, 2010; Lee & Hudson, 2011; Rappaport, 1987). Or, même si l’idée d’adopter une pratique centrée sur le développement du pouvoir d’agir pour soutenir les femmes immigrantes est fréquemment évoquée, les connaissances actuellement disponibles sur les conditions de sa mise en œuvre et ses retombées sont encore très parcellaires (Breton, 1999; Côté & coll., 2001; Guttiérrez et Lewis, 1999). Au-delà des intentions, cette alternative nécessite d’être précisée à partir de pratiques concrètes.
Dans cet objectif, les résultats d’une recherche qualitative et exploratoire portant sur les composantes des pratiques au sein d’organisations communautaires s’adressant à des femmes immigrantes à Montréal, Bruxelles et Grenoble permettront de dégager quatre fondements communs aux pratiques qui semblent propices au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités. De plus, les retombées de ces pratiques, identifiées par les femmes immigrantes, tels que les savoirs expérientiels qu’elles y ont redécouverts et développés, permettent de dégager des pistes pertinentes concernant la formation des intervenants sociaux.
Mots clés :
Intervention sociale et travail social, Savoirs, Femmes
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