Augmenter la capacité d'agir des étudiants par une formation participative.
Année : 2013
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
FABRY Philippe (France) – philippefabry@live.fr
Résumé :
Formateur dans un IRTS, j'interviens principalement auprès d'éducateurs spécialisés.
Avec mes collègues et intervenants je constate chez de plus en plus d'étudiants des problèmes de niveau scolaire – notamment des problèmes importants d'orthographe, de syntaxe mais aussi une difficulté générale dans le passage à l'écrit, et, qui posent pus problème à l'institution, des problèmes d'absentéisme : retards, absences non justifiées.
La présence peut aussi se caractériser par une forme d'absentéisme: concentration très limitée, et pour une minorité envahissante, connexion permanente aux réseaux sociaux via le téléphone, addiction aux jeux des journaux gratuits et surtout sur conversations permanentes entre voisins.
Ces problèmes sont souvent associés au rajeunissement de l'âge moyen des étudiants mais ils concernent aussi aussi des professionnels en formation. En situation d'emploi, ils sont reconnus dans leurs équipes, et retourner à l'école n'est pas simple. Pour un certain nombre, la participation est désinvolte, comme si l'engagement professionnel était chose sérieuse et la formation un retour en arrière.
Donc le formateur se trouve pris dans une démarche contradictoire, il faut « déscolariser » une partie des étudiants, pour les professionnaliser, et scolariser une autre partie, pour qu'ils arrivent à associer travail de terrain, cours et formation personnelle (avec notamment une capacité minimum de lecture).
Après une dizaine d'année d'expérience, j'ai construit un certain nombre de cours qui ont du succès, dans le sens où ils intéressent les étudiants qui montrent alors une grande qualité d'écoute. D'où l'hypothèse, très logique, que lorsque mes cours n'ont pas cette qualité d'écoute c'est qu'ils sont moins bons.
C'est sans doute le cas, mais avec le recul une autre hypothèse apparaît. A chaque fin de module je demande aux étudiants ce qui leur a convenu, ce qu'il faudrait développer, et ce qu'il leur a manqué et qu'ils attendaient de ce cours.
La lecture de ces bilans m'a fait comprendre que certains de mes cours les plus réussis semblent laisser peu de traces et que les étudiants sont le plus satisfaits des dispositifs dans lesquels ils ont été actifs. Je note qu'ils l'ont été, non lorsque que cela leur était demandé, mais lorsque cette activité était induite par les dispositifs eux-mêmes qui, pour fonctionner, supposaient que les étudiants soient associés à leur conception, et co-responsables de leur réalisation.
Je présente dans mon texte des modules et des outils conçus pour augmenter la participation des étudiants : un module de 20 jours, conception et réalisation d’un voyage d’étude ; un module de quatre journées (sur un an) de recherche avec un historien, une approche socio- historique à travers plusieurs sources : la littérature, les archives (revues, tracts, journaux, films…) et les témoignages d’anciens professionnels.
Je présente enfin deux sites Internet créés pour enrichir la documentation des étudiants dans des recherches choisies par eux-mêmes, soit dans le cadre de recherches en sous groupes, soit pour les écrits qu’ils ont à produire (mémoires, textes divers de certification.
Avec le recul le bilan est très positif mais avec une limite : le meilleur usage de ces outils suppose une part importante de relations individualisées entre le formateur et les étudiants et entre les étudiants dans les sous groupes, ce qui suppose de limiter le nombre des étudiants concernés.
Mots clés :
Formation, Participation, Recherche-action
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