Formation aux métiers de l’ingénierie sociale : Evaluation des apprentissages cognitifs et méthodologiques en sciences sociales et leurs effets de conversion professionnelle

Année : 2013

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

STREICHER Frédérique (France) – jpgigleux@orange.fr

Résumé :

La proposition de communication s’intéresse à la construction des savoirs ( Axe1) de l’ingénierie sociale à partir d’une étude-évaluative sur la mobilisation des compétences de recherche en sciences sociales et des formes de conversion professionnelle que les titulaires du DEIS ont mises en œuvre à la faveur de leurs travaux écrits et de leurs expérimentations professionnelles au cours de leur formation. Cette évaluation porte sur des documents de recherche (mémoires, études de terrain, articles de communication et ressources humaines) qui mobilisent les objectifs et contenus de la formation préparatoire au DEIS mis en œuvre par l’IRTS de Lorraine, associés au cursus Master « Ingénierie et Expertise des politiques sociales » de l’Université de Lorraine. En effet, les principales modalités pédagogiques mises en œuvre par les deux organismes de formation partenaires prennent appui sur la mobilisation des expériences professionnelles et sur de nouvelles expérimentations d’études et recherches en vue de la transmission de connaissances scientifiques. Les programmes de formation par alternance organisent une progression pédagogique sur une amplitude de 3 années pour favoriser l’assimilation progressive des connaissances et des méthodes appliquées aux « terrains » de l’action professionnelle et du changement institutionnel. Pour favoriser l’expérimentation de la fonction d’ingénierie sociale, la formation est fondée sur des savoirs expérientiels endogènes aux pratiques sociales et sur les savoirs fondamentaux des sciences humaines et sociales. Les résultats de l’étude-évaluative présentent :
1°- une typologie des compétences pratiques et cognitives formées dans le cadre des deux cursus qui développent des apprentissages visant l’acquisition d’un socle de connaissances et de méthodes référées aux modèles d’interprétation des sciences sociales et à leurs différentes méthodologies de recherche appliquée, en vue de configurer le « métier » de l’ingénierie sociale. Il s’agit aussi de repérer les transactions identitaires vers une « professionnalité » hybride (Dubar : 1993 ; Streicher : 2000, 2012) située entre intervention sociale et recherche appliquée.
2°- les effets de transformation des milieux étudiés du fait du parti-pris pédagogique de la formation qui insiste sur l’immersion des professionnels en formation (travailleurs sociaux, cadres intermédiaires, dirigeants des secteurs social-médicosocial et socioculturel) dans des contextes de commandes d’étude et de recherche « en vraie grandeur » conventionnées entre le centre de formation et des établissements associatifs ou des collectivités publiques. La formation à la recherche parvient à développer des compétences de traduction et de négociation (Callon et alii : 2001 ; Kuty : 2008), d’expertise et de critique sociale (Grignon : 2002) et des capacités à mettre en œuvre le partage des informations, des espaces de délibération et d’évaluation des phénomènes étudiés.
3°- la mise à l’épreuve du dispositif de formation sur la question du cheminement des intervenants sociaux qui aboutit ou non à une conversion cognitive et professionnelle, par des ajustements successifs entre pratiques de recherche (décrire, comprendre, expliquer, interpréter) et d’ingénierie sociale (traduction, médiation, action de changement, innovation). L’hypothèse qui guide cette analyse des documents produits par les candidats au DEIS-Master tend à montrer comment la formation à la recherche et à l’ingénierie sociale permet de circuler en pensée et en actes entre et le champ de la demande sociale et les champs
« doxologique », « axiologique » et « épistémique » (de Bruyne et alii : 1974), comment les formés élaborent des compromis avec les demandeurs d'un savoir qui n'est pas celui que les sciences sociales prétendent devoir produire, et comment ils défendent leurs convictions humanistes et/ou politiques.

Mots clés :

Savoirs, Ingénierie sociale, Evaluation

← Retour à la liste des articles