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Les « rencontres impromptues » : à l’articulation entre acteurs et connaissances.

Année : 2013

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

TOUIL Ahmed-Nordine (France) – touil.ahmed-nordine@ireis.org

Résumé :

Une des difficultés majeures que rencontre le formateur-enseignant aujourd’hui face à un public d’étudiants ou d’apprenants, se constituent autour de la mise en scène des concepts opératoires pour paraphraser E. Goffman. En ce sens où, quelque soit la qualité, la diversité, la pertinence du matériau conceptuel mobilisé pour éclairer une problématique, la dimension de la multiréférentialité (J. Ardoino) suppose de réfléchir les modalités de transfert de ce dernier. Comment multiplier les perspectives idéelles, comment les articuler, comment les mettre en phase avec les pratiques professionnelles ? La transmission des savoirs invite de fait à créer ou innover les outils pédagogiques pour atteindre un objectif : rendre fondamentaux des savoirs de référence qui ne sont pas toujours reconnus comme tel par les professionnels/étudiants.
Vivant à l’ère du numérique, du virtuel, de l’image, de la consommation, de l’évènementiel, nous serions enclins à privilégier la technologie – à conditionner nos objets, nos techniques et nos matériaux, afin de les rendre lisibles, digestes et en phase avec notre époque. Pour le dire autrement, « powerpointer », « foader », « skyper » les savoirs, devient l’invite générique pour toute personne soucieuse de les transmettre ou les partager. La rencontre pédagogique semble progressivement se virtualiser, l’essence même de la rencontre réelle, de l’interaction vivante, voire banale ne semblant plus être une condition essentielle.
Pour ma part, enseignant la sociologie à l’Université et formateur dans un IRTS, il a bien fallu me rendre à l’évidence : énoncer concepts, auteurs, champs, cadres épistémologiques, recherches, etc. parfois sans connexion efficiente avec les faits sociaux totaux (Marcel Mauss) du travail social consistait à déposer un savoir à la porte des (futurs) professionnels en espérant que ces derniers s’en emparent (et en omettant parfois de leur donner la clé). Comment désacraliser les savoirs dits de référence ? Comment les rendre accessibles ? Comment les mettre en perspective avec les questions de l’intervention sociale ? Comment faire naitre et entretenir une appétence pour des objets de recherches et leurs concepteurs ? Comment passer de la sociologie pure (si tant est qu’elle existe) à une sociologie appliquée (au travail social) ? Comment également faire revenir les professionnels s’étant démarqués des espaces de formation et requalifier un espace pédagogique (un amphi en substance) en espace de rencontres et d’échanges entre chercheurs, professionnels, étudiants et curieux ?
Ainsi sont nées les rencontres impromptues : des rendez-vous surprenants et inattendus entre R. Castel, D. le Breton, J. Ardoino, J. Rouzel, S. Paugam, B. Bouquet, F. Dubet, A. Ciccone, C. Javeau, etc., et des professionnels, étudiants, chercheurs, chacun trouvant place et légitimité à la table du partage des connaissances. Cette contribution vise à narrer et mettre en perspective ce laboratoire artisanal de partage de la connaissance, dans l’esprit de ce qu’est l’université populaire, avec en filigrane : la requalification des IRTS comme espace de rencontres, de questionnements et de recherche.
Ajoutons à cela une dimension historique et symbolique forte : les murs de cet institut de formation aux métiers du travail social enfermaient précédemment ceux d’une usine de métallurgie devenue aujourd’hui espace d’échanges et de partage des savoirs.
Pour en rendre compte, nous privilégierons le compte rendu d’innovation qui concernera à la fois la pédagogie et les modalités de transmission et capitalisation des savoirs dans l’intervention sociale tout en réservant une place particulière à la dimension nouvelle que prennent ou prendront les instituts de formation à l’interventions sociale dans le domaine de la recherche.

Mots clés :

Transfert des connaissances, Transfert des connaissances, Transfert des connaissances

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