DEVENIR CADRE AVEC LE CAFERUIS : LA CONSTRUCTION D’UNE POSTURE PROFESSIONNELLE
Année : 2013
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LAHAYE Didier (France) – lahaye.didier@wanadoo.fr
Dubus Nicole (France) – ndubus@irts-ca.fr
FOND Simone (France) – sfond@irts-ca.fr
Résumé :
On relate ici les résultats d’une enquête menée en 2012 sur les diplômés du CAFERUIS sortis de l’IRTS Champagne-Ardenne entre 2005 et 2012, soit 6 promotions au total.
Une formation technique pour un métier complexe.
L’objectif de cette investigation menée par l’équipe pédagogique du CAFERUIS était de mettre en lumière les différents effets produit par la formation et la qualification tels qu’ils peuvent être perçus par les acteurs eux-mêmes, au-delà de l’acquisition supposée des compétences éprouvées lors des différentes épreuves de certification. S’agissant d’une fonction qui s’est « particulièrement complexifiée de façon particulièrement importante durant ces 20 dernières années » (PAPAY, 2008 p.15), plaçant « le cadre intermédiaire au cœur des mutations du travail social » (DUBECHOT 2011,p. 12) et supposant l’intégration « d’habitus de gouvernance » dans des pratiques de plus en plus normées (BERTAUX, HIRLET, 2009), on pouvait s’attendre à ce que la dimension technique de la formation arrive en tête des transformations repérées. Pourtant, on est parti du constat empirique des commentaires des stagiaires pendant ou après la formation qui mentionnaient autre chose que les déterminants « classiques » avec lesquels chaque individu doit composer dans ce contexte. L’idée était donc de dépasser cet aspect technique pour aborder, aussi, la dimension de l’expérience au sens de la « confrontation de soi avec le monde ». Une préoccupation qualitative qui n’invalidait pas pour autant une approche par questionnaire.
Les conditions de faisabilité étant favorables, on a voulu viser l’exhaustivité des diplômés, objectif approché ici avec 87% (soit 68 sur 78) de taux de réponse au questionnaire soumis en ligne après une construction collégiale mobilisant les principaux intervenants sur le cursus. Ce questionnaire (146 questions) permet de renseigner la situation des stagiaires au moment de l’entrée en formation, le déroulement de la formation, son impact, la situation au moment de l’enquête et enfin les projets (de formation, de mobilité).
Un engagement volontaire dans une formation choisie.
Effet mécanique des conditions d’accès à ce cursus, on a affaire à une population majoritairement détentrice d’un diplôme du secteur de niveau III, voire universitaire (30%), une expérience professionnelle significative (plus de 10 ans pour les deux tiers) et un âge avancé (les 2/3 ont plus de 40 ans). Surtout, cette démarche s’inscrit dans un projet professionnel fort puisque l’engagement dans cette formation était « plutôt volontaire » pour la totalité des sondés, pensé de longue date, et résulte souvent d’un choix entre plusieurs formations. Dans le même ordre d’idées, ce choix porte sur une pratique professionnelle (les contenus de formation, la continuité avec la formation initiale, les perspectives d’emploi, l’envie de prendre des responsabilités…) bien plus que sur « l’augmentation de salaire » ou la « perspective de mobilité professionnelle ». Au total, une formation qui « correspondait aux attentes » dans 95% des cas…
Une expérience aux visages multiples.
Durant la formation, les facteurs de difficultés sont désignés moins du côté des exigences pédagogiques stricto sensu que d’une relative solitude. Le soutien de la hiérarchie et des collègues de travail obtiennent des scores plutôt faibles (respectivement 34% et 44%), loin derrière le soutien dans la promotion (79%) et le soutien des proches (85%). Et, si cet aboutissement n’élimine pas radicalement une suite en matière de formation, cette expérience est définie par un impact très fort et unanime sur le « positionnement professionnel », loin devant la « conception du métier » ou le « rapport aux usagers ».
Sur ce dernier point, l’enquête montre que, au-delà du positionnement professionnel, cette expérience porte sur la construction d’une posture à dimension personnelle.
Mots clés :
Professionnalisation, Management social, Formation, posture professionnelle
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