« Réformes des formations du secteur social, socialisation professionnelle et employabilité »
Année : 2013
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
MOLINA Yvette (France) – yvettemolina78@gmail.com
BERRAT Brigitte (France)
Résumé :
Cette communication a pour objectif de présenter un programme de recherche qui mobilise différents établissements de Formation en Ile de France, adhérents au PREFAS GRIF . Cette recherche est cours de réalisation et se situe, à ce jour, au stade de la démarche exploratoire.
Son objet porte sur les processus de socialisation professionnelle des futurs travailleurs sociaux dans le cadre de l’alternance et dans le contexte français où les diplômes et les formations à l’intervention sociale ont été réformés depuis 2004. Ces processus sont analysés au regard de l’employabilité ou autrement dit de la perception qu’ont les différents acteurs de l’adaptation, ou non, des formations aux réalités du travail dans le secteur social.
Concernant la méthodologie retenue, des axes de problématisation ont été posés à partir de la connaissance et de l’implication des formateurs et enseignants chercheurs dans le champ composant l’équipe de recherche. Ainsi, ces pistes ont-elles été soumises à l’épreuve des discours des professionnels de l’intervention sociale, des organisations professionnelles, des représentants employeurs, du Ministère, de la Région, des formateurs et des étudiants lors d’une récente journée d’étude. Les échanges ont fait l’objet d’un corpus conséquent intégralement retranscrit et en phase d’analyse dont nous nous proposons de faire état à travers cette contribution.
Le questionnement central s’articule autour de trois axes majeurs.
Le premier interroge les usages et les tensions générés par les référentiels dans le cadre de l’alternance, les conditions de leur mise en œuvre, les freins rencontrés, les leviers possibles, les questions que pose leur introduction dans une démarche de construction de la professionnalisation.
Le second se propose d’analyser quels effets produisent ces référentiels en termes de professionnalisation ? En quoi sont-ils liés aux représentations des métiers, élaborées par les différents acteurs ? En quoi les effets produits viennent-ils « fermer » ou «ouvrir » le champ de l’intervention sociale ? Les processus en jeu entre les modèles prescrits dans les référentiels, les conceptions que les différents acteurs ont des groupes professionnels en présence, les résistances ou acceptations des nouveaux schèmes d’intervention par les différents acteurs.
Le troisième axe étudie l’impact de ces nouveaux modes de professionnalisation sur le marché du travail et sur l’employabilité. Quelles sont les nouvelles formes d’ouverture du marché de l’emploi dans le secteur social, à travers notamment l’observation de nouveaux métiers émergents et comment ceux-ci s’inscrivent ou non dans des formes de concurrence au regard des professions historiques du travail social ?
Le programme est ambitieux et nous ne prétendons pas avoir réponse exhaustive à l’ensemble de ce questionnement. Pour autant des pistes sont d’ores et déjà repérées et font l’objet de la présente contribution : une co-construction des savoirs dans le cadre de l’alternance revendiquée par les différents acteurs (notamment par les employeurs), les référentiels professionnels comme base de reconnaissance et d’expertise que les acteurs se proposent de dépasser pour construire de nouveaux cadres de réponse adaptés à la réalité des terrains de l’intervention sociale, une nécessaire adaptation et un accompagnement sur les postes après la formation initiale par une politique de formation continue proposée par les employeurs, etc.
Le cadre d’analyse théorique mobilisé est essentiellement la sociologie des professions, des groupes professionnels, de la formation/éducation et du travail.
Mots clés :
Professionnalisation, Employabilité, Formation
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