Mobilité professionnelle, entre transfert et transformation des savoirs

Année : 2013

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MOLINA Yvette (France) – yvettemolina78@gmail.com

Résumé :

Cette communication prend appui sur les résultats d’une enquête qualitative par entretiens dans le cadre d’une recherche (thèse en cours d'écriture) . A partir de ce matériau empirique la contribution prétend analyser en quoi la mobilité des travailleurs sociaux dans leur parcours professionnel participe d’un transfert et d’une transformation de savoirs. Il s’agit plus précisément d’observer comment s’opèrent les adaptations des professionnels dans de nouvelles tâches ou activités au moment des changements de poste au sein d’une même organisation, voire des changements de lieux d’exercice professionnel.
L’analyse est amenée à deux niveaux. Le premier s’appuie sur les motifs qui amènent les intervenants sociaux à des ruptures dans leur carrière pour accéder à de nouveaux postes. Le second examine les transformations des tâches ou activités dans le contexte de la nouvelle gestion publique. Cette dernière a impulsé une logique managériale favorisant la polyvalence des tâches au sein des organisations. La définition du métier se caractérise alors par la mission plutôt que par la profession ou le diplôme d’appartenance.
Les changements d’emplois ou de tâches impliquent la redéfinition des profils de poste au sein des organisations dans lesquelles les spécificités et les savoirs professionnels liés aux diplômes sont gommés pour leur préférer une logique de mission.
Ainsi, les expertises élaborées dans le cadre de la socialisation par la formation et développées dans l’exercice professionnel se trouvent en constante évolution à travers la mobilité des travailleurs sociaux dans leur déroulement de carrière.
On assiste alors à des formes d’adaptation professionnelle aux nouveaux emplois occupés, de la formation initiale jusqu’aux premières expériences professionnelles. Cette adaptation passe par la formation continue (la formation tout au long de la vie) mais également par une formation « sur le tas », une forme de tutorat entre pairs et d’une profession à une autre.
Il est intéressant de constater comment les organisations soutiennent ce transfert et transformation des savoirs professionnels au service des réorganisations institutionnelles.
Enfin, le transfert et la transformation des savoirs, à partir des expériences professionnelles et des formations spécifiques, ne sont pas sans interroger la question des identités professionnelles qui fondent la culture d’un groupe professionnel. Pourrions-nous alors parler de processus de dé professionnalisation ?
Outre l’empirie proposée par l’enquête de terrain, nos propos sont étayés par le cadre théorique de la sociologie des professions et des groupes professionnels, la sociologie de la formation des adultes et la sociologie du travail.

Mots clés :

Transfert des connaissances, Culture professionnelle, Savoirs

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