Gouvernance partagée entre l’État et les groupes issus du mouvement social : quel impact sur la capacité d’innovation des acteurs collectifs?
Année : 2010
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
DUPERRE Martine (Canada) – martine.duperre@svs.ulaval.ca
Résumé :
Avec sa politique de santé mentale adoptée en 1989 (Québec, 1989), ses réformes de la santé et des services sociaux de 1991 et plus tard de 2003, le gouvernement québécois adopte de plus en plus une politique de planification et de gestion des services sociaux en partenariat avec les groupes communautaires issus des mouvements sociaux. C’est ce que certains appellent la gouvernance partagée propre au modèle québécois (Bourque, 2000; Breux, Bherer, & Collin, 2004). En comparaison avec des sociétés voisines, le concept de « modèle québécois » fait référence à deux caractéristiques principales. La première est le rôle actif de l’État québécois dans la vie économique. La deuxième est l’action concertée entre l’État et des acteurs privés dans l’élaboration et l’implantation des politiques sociales et publiques. Un de ces acteurs dit « privé » sont les groupes communautaires qui interviennent tant dans la sphère économique par le biais de l’économie sociale, que dans celle des politiques sociales, notamment à travers la planification et la prestation des services sociaux. Ces groupes sont souvent issus des mouvements sociaux qui traditionnellement s’opposent à l’État. Un de ces mouvements sociaux interpellés est le mouvement alternatif et communautaire en santé mentale.
C’est à travers le regard posé sur deux acteurs collectifs du mouvement social en santé mentale, que la communication se propose d’explorer l’effet de ce partenariat publique-communautaire sur la capacité des acteurs collectifs d’assurer l’intégrité de leur identité et en conséquence, sur leur capacité d’action sociale et d’innovation. En effet, depuis son émergence, le mouvement communautaire et alternatif en santé mentale québécois, est passé de l’opposition et la revendication d’une psychiatrie alternative à la « coopération conflictuelle » (Dommergues, 1988) avec le réseau institutionnel de prestation des services et de fait, il n’a cessé de se définir et de se redéfinir en fonction de sa propre dynamique interne, mais aussi à cause des changements se produisant dans son environnement.
Basé sur un cadre conceptuel de la construction identitaire et de la mobilisation des acteurs collectifs (Melucci, 1989, 1994; Smithey, 2009; Snow & Benford, 1997), la communication présente certains résultats provenant de trois recherches différentes portant sur des groupes et des associations en santé mentale. La première étude analysait la dynamique du partenariat public communautaire en santé mentale qui s’est installée dans la foulée de l’adoption de la Politique de santé mentale (1989) qui fut la première politique publique adoptant ce modèle de fonctionnement (Duperré, 1993). Les deux autres études étaient centrées sur les facteurs et les processus de constitution en acteur collectif à l’intérieur de ces dynamiques de collaboration avec le réseau étatique de prestation de services (Duperré, 2002, 2009). Ces trois études ont été menées à des intervalles assez espacés pour permettre un regard critique sur certaines logiques à l’œuvre concernant l’intégrité de l’identité collective de ces acteurs, leur capacité d’apporter des innovations sociales dans le domaine et enfin les moyens qu’ils ont pris pour revendiquer une identité collective renouvelée.
Mots clés :
Partenariat, Politique sociale, Action collective, État
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