Portrait du « social entrepreneur » en Suisse et besoins spécifiques en termes d’outils de gestion
Année : 2010
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
HOUMARD Laurent (Suisse) – laurent.houmard@hefr.ch
ZUCHUAT Jean-Christophe (Suisse)
ROSSI Mathias (Suisse) – Mathias.rossi@hefr.ch
Résumé :
La notion de « social entrepreneurship » (acception anglo-saxonne) ou d’ « entreprise sociale » (acception française) recouvre habituellement l’idée qu’il existe, au-delà du secteur privé, orienté principalement vers la maximisation du profit, et du secteur public, orienté principalement vers la poursuite d'objectifs d'intérêts généraux, de la place pour un troisième secteur, des organisations privées ou des associations qui produisent de biens et des services en lien avec des objectifs sociétaux.
Ces entreprises sont souvent à cheval sur plusieurs logiques (économie privée, secteur public et philanthropique). Au niveau de leur gestion, elles doivent être en mesure de faire cohabiter cette pluralité de logiques. Elles doivent aussi interagir avec de multiples acteurs (investisseurs privés, services publiques, fondations, etc.) pour financer leurs activités.
L’objectif de ce projet est donc en premier lieu de contribuer à cerner le phénomène du "social entrepreneurship" ou de l’entreprise sociale (économie sociale et solidaire) en Suisse, incluant cette nouvelle forme d’entrepreneuriat qui intervient souvent dans des domaines ou les mécanismes de marché ne fonctionnent pas de manière optimale. Ce phénomène couvre un large spectre d'entreprises ayant intégré, à des degrés divers, des objectifs sociaux, éthiques et environnementaux comme par exemple Switcher à Lausanne (entreprise à but lucratif avec un positionnement fort lié à la responsabilité sociale, la transparence etc.), Sucré-Salé à Fribourg (crêperie totalement non subventionnée active dans la réinsertion), ou Réalise à Genève (entreprise sociale de réinsertion partiellement subventionnée). Il faut insister sur le fait que, à l’exception du domaine de l’insertion, il n’existe en Suisse aucune initiative qui fasse un inventaire ou un état de la question des différents types d’entreprises sociales.
Ensuite, les éléments nécessaires à une validation empirique du concept d’ «entreprise sociale » ou « social entrepreneurship » seront établis. Nous chercherons à comprendre les leviers ayant permis l'émergence de ce troisième secteur : demande du marché d'une part (économie verte, produits éthiques, finance solidaire, etc.), changement dans le mode d'action de l'État et de la philanthropie d'autre part (appel d'offre, concurrence entre prestataires, objectifs en termes de performance, etc.).
Ces éléments permettront alors d'identifier les enjeux en termes de management, les pratiques actuelles et finalement les besoins en termes d'outils spécifiques de gestion. En effet, ces entreprises agissent dans un environnement de plus en plus concurrentiel, avec des ressources de plus en plus rares. Afin de se retrouver en bonne position pour l’accès aux ressources, il est donc vital pour elles d'une part de faire preuve de performance et d’efficacité mais aussi, d'autre part, de pouvoir en faire la preuve auprès des divers bailleurs de fonds (investisseurs, collectivités publiques et fondations), en fonction des critères propres à chacun d'entre eux. Ceci nécessite donc le développement d’un système intégré de pilotage et de mesure de la performance sociale, environnementale et économique.
Mots clés :
Economie sociale et solidaire, Gestion intégrée, Formation
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