Mieux cibler les attentes des patients pour mieux cibler notre intervention

Année : 2013

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

HALLEUX Yannick (Belgique) – halleux.yan@hotmail.com

Résumé :

Prisme Nord-Ouest est un SPAD-Soins Psychiatriques pour personnes séjournant A Domicile, projet financé par le SPF Santé Publique à l’initiative des Habitations Protégées Entre Autres.

Depuis 2005, l’équipe développe un accompagnement individualisé au domicile de personnes adultes en souffrance psychique et ce, en collaboration avec leur environnement familial ainsi que leur réseau psycho-médico-social.
Nous nous adressons également aux professionnels provenant tant du secteur de la santé mentale que du secteur social général.

La visée principale consiste à mettre en place une meilleure continuité du suivi visant un mieux-être au domicile ainsi que dans l'environnement de vie de la personne.
Il s'agit donc de la soutenir dans ses relations avec son entourage, son milieu de vie et son réseau.
Notre travail s’axe donc autour de la collaboration et de la coordination avec le réseau mais nous privilégions l’établissement d’un lien avec la personne.

Dans la rencontre avec la personne, il s’agit de repérer ses ressources et le réseau existant. Avec son accord, nous sollicitons les intervenants directs autour d’elle (psychiatre, médecin généraliste, psychologue, assistant social, aide familiale…) afin d'assurer son suivi et ce, en favorisant la communication, la concertation et la coordination.
Il s’agit de pouvoir amener le patient à être sujet et acteur du projet. Nous privilégions dès lors sa présence lors d’une concertation avec un ou plusieurs de ses intervenants.

Notre intervention au domicile nous apporte un éclairage sur le mode de vie de la personne et nous donne dès lors accès à une réalité de vie avec laquelle l’institutionnel n’est pas en contact.
Cela nous met en contact avec la manière dont la personne est dans le « faire », le « dire » et l’ « être » afin de cibler ses capacités, ses connaissances et comprendre sa réalité.

À travers quelques vignettes cliniques, nous pouvons démontrer l'intérêt de notre travail et surtout de la possibilité d'un travail en réseau bien vécu par la personne.
Par ces différentes présentations, nous pourrons démonter comment se manifeste la problématique de la personne, ce qui amène à la décompensation, et ainsi de comprendre si la personne sait quels sont les éléments déclencheurs de son mal-être afin de l’intégrer dans la réflexion de la prise en charge, …

Nous avons suivi une personne souffrant de troubles mentaux pendant quelques années et avec qui nous avons pu repérer ses difficultés. Cette personne a pu transmettre son savoir sur son vécu durant ses rechutes. Son savoir sur sa pathologie, nous a permis de mieux l’accompagner et ainsi de lui permettre de nous interpeler afin d’intervenir dans ces moments-là dans des moments où elle ne pouvait pas elle-même faire appel.

Nous accompagnons plusieurs personnes qui ont une connaissance de leur pathologie et qui peuvent librement parler de leurs hallucinations et délires afin de nous transmettre leurs savoirs sur celle-ci; ce qui nous aide à comprendre ce qu’elles ont besoin, ce qui a fonctionné avec elles lors d'autres prises en charge, ou ce qui n'a pas fonctionné, afin de mieux cibler leurs attentes, et de mieux cibler notre intervention, dans une idée de co-construction.

Ces personnes en souffrance psychique ont acquis un savoir sur leur pathologie, sur ce qui peut les aider ou les déstabiliser.

Notre travail de coordination consistera également à identifier une personne-ressource dans le réseau de la personne. Dans le cas d'une personne isolée, notre service peut être cette personne, joignable lors de difficultés pouvant mettre en péril son état de santé. En effet, ces difficultés peuvent conduire à des situations de crises dommageables pour sa santé mentale et mettre en péril ses capacités à se rétablir après chaque nouvelle crise.

Mots clés :

Santé mentale, Co-construction, Transfert des connaissances

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