La Supervision en travail social : acte indispensable à la construction des savoirs
Année : 2013
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LEMESRE Dominique (France) – dom.lemesre@orange.fr
Résumé :
La supervision est un acte professionnel d’accompagnement personnalisé entre un professionnel formé à la supervision et un travailleur social ou une équipe ; elle permet de rendre visible les savoirs pratiques construits par l’expérience.
C’est dans les années 1970-80 que la notion « d’intervention sociale » succède à celle de « travail social ». Le champ du travail social s’en est alors trouvé élargi et morcelé, le travail s’est vu à la fois redistribué à des intervenants ne possédant pas toujours la formation et la culture professionnelle. Parallèlement l’articulation des logiques politiques et économiques se réduit souvent à une logique de gestion financière, et s’éloigne des fonctions essentielles de l’intervention sociale, à savoir les activités d’aide, de soutien aux individus aux groupe et aux collectivités. Dès lors, le cadre et les savoirs requis sont mal identifiés par les intervenants sociaux de terrain, alors que les situations demandent toujours plus de compétences, de capacités d’adaptation et de créativité. Ils ne trouvent plus le sens de leurs interventions, et les dimensions éthiques de l’intervention sociale sont à redécouvrir .
La recherche en travail social s’intéresse plus aux populations, aux phénomènes sociaux, aux politiques sociales... et moins aux « pratiques réelles » des intervenants sociaux. La méthodologie de la supervision s’intéresse à « la pensée de l’agir professionnel en situation d’intervention professionnelle », par l’analyse des activités réelles et la prise en compte de leur complexité liée à toute intervention envers autrui.
Pour le travailleur social, les savoirs construits de l’expérience sont tout aussi important que les savoirs académiques, la supervision est là pour favoriser l’expression du vécu et les activités réflexives et introspectives qu’elle suscite.
La supervision vise à développer les potentialités du travailleur social dans sa pratique et contribue à l’évolution d’un savoir faire et d’un savoir être au service des usagers. Le superviseur à partir d’une situation proposée, va susciter une réflexivité qui va permettre au travailleur social une meilleur connaissance de lui même en situation d’intervention et de découvrir et analyser les incidences sur l’efficacité de sa pratique (prise de recul, reconnaissance de ses émotions et de ses limites).
C’est dans la relation avec le superviseur que le supervisé peut Co-construire l’intervention sociale en prenant conscience des savoirs tels que :
•Discerner ce qui appartient à l’autre et à soi-même
•Verbaliser pour comprendre l’ici et maintenant
•Penser son métier et donner du sens aux actes posés
•Tirer le positif de l’erreur
•Favoriser l’innovation, la prise de risque
•Approfondir sans cesse ses connaissances
•Apprendre à évaluer le travail fait
D. Schön estime qu’« en pratique professionnelle », les cas ne sont pas des problèmes à résoudre, mais des situations caractérisées par la complexité, l’incertitude, l’instabilité, le désordre et l’indétermination, le particularisme et les conflits de valeurs … L’usage réel du savoir spécialisé passe par la restructuration préalable de situations complexes et mal définies ». Cette restructuration préalable passe par une indispensable connaissance et expérience, analysées et conceptualisées, du champ des pratiques d’intervention sociale. La supervision est un dispositif qui participe à cette démarche.
Le processus de la supervision participe :
à une meilleure visibilité des savoirs (théoriques et méthodologiques) et des pratiques dans toute leur complexité,
à une capitalisation de l’expérience professionnelle, par le repérage des pratiques actuelles, de leurs difficultés, de leurs dilemmes et conflits de valeurs.
Mon intervention se propose d’illustrer ce travail par quelques témoignages.
Dominique LEMESRE : Présidente de l’ASCTS
Mots clés :
Savoirs, Savoir être, Savoir-faire
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