Dynamiques du travail social en France au regard de pays francophones

Année : 2014

Thème : Forum, GT, Carrefour

Type : Forum, GT, Carrefour

Auteur(s) :

MOLINA Yvette (France) – yvettemolina78@gmail.com
FOURDRIGNIER Marc (France) – mafourdrig@aol.com
TSCHOPP Françoise (Suisse) – frtschopp@bluewin.ch

Résumé :

Ce forum vise à contribuer à l’axe 3 de la biennale. Pour ce faire nous prendrons appui sur les travaux d’un collectif international francophone de formateurs/enseignants/chercheurs portant sur les questions de professionnalisation du travail social. Cinq espaces nationaux francophones (Suisse, Belgique, Québec, France, Luxembourg), ont été analysés et comparés.

Sur cette base nous verrons quelles sont les hypothèses à formuler pour rendre compte de la dynamique des formations et, plus largement, des processus de professionnalisation à l’œuvre.

Les travaux mettent en évidence des enjeux fortement enchevêtrés : politiques à travers les régulations étatiques, économiques dans le cadre de l’offre de formation initiale et continue, des enjeux propres au marché du travail avec notamment le positionnement des employeurs, des enjeux de pouvoir au niveau des ordres ou organisations professionnelles. Ces mutations s’inscrivent dans une dimension collective de la construction des professions. Elles sont repérables dans la sphère des statuts, de la certification, de la reconnaissance des diplômes. Elles se trouvent au centre de la définition de ce que doit être une profession via les référentiels professionnels dans une logique hétéronome.
Différents types de régulation émaillent le secteur. Ces régulations s’inscrivent dans une logique de contrôle des professions sociales. Elles rentrent en tension avec la logique d’autonomie des groupes professionnels.
Parallèlement, des métiers émergents voient le jour dans des contextes sociaux en mutation là où est demandé de l’adaptabilité. Si l’émergence de ces métiers représente une opportunité en termes d’offres de formation les motifs de développement de ces nouvelles offres sont nombreux : économiques pour le secteur de la formation, adaptation et grande souplesse des intervenants sociaux pour les employeurs, des métiers non construits sur le plan collectif et donc plus malléables sur le marché du travail, des possibilités d’insertion professionnelle pour certains publics en reconversion dans un contexte de crise économique, etc. Ces mouvements, à la croisée des attentes des employeurs, de la pratique professionnelle et du secteur de la formation, ne sont pas sans interroger les effets de concurrence entre professions établies du travail social et métiers dits émergents.
Enfin, l’un des enjeux perceptibles concerne la question de la reconnaissance de l’expertise des groupes professionnels et donc de leur visibilité. Là encore des jeux inégaux de concurrence rentrent en scène pour déterminer la légitimité des acteurs en présence comme nous le voyons dans le cas Suisse entre hautes Écoles et Université au regard des enseignants/formateurs au travail social. La production de connaissances et de savoirs au sein d’un champ est interrogée. Entre savoirs expérientiels et savoirs académiques ou autrement dit, aux disciplines hétérogènes sur lesquelles le travail social est adossé, certains pays ne se posent pas la question tant la démarche est inscrite de longue date dans les pratiques de formation/enseignement et les pratiques professionnelles de l’intervention sociale. Lorsque la place de la recherche est interrogée au sein du travail social comme c’est le cas pour la France, il s’agit aussi de resituer ce pouvoir d’expertise à un secteur non reconnu encore dans ses capacités de production de savoirs.

D’autres enjeux qui n’ont pas été traités seront évoqués :
•la question de la formation des enseignants/formateurs/chercheurs et de leur profil au regard des exigences de la socialisation professionnelle.
•les profils des jeunes générations de professionnels et des personnes qui souhaitent se former à l’intervention sociale.
•les professions sociales, qui sont fortement féminines pour l’ensemble des pays étudiés, nécessitent également de porter l’analyse et les travaux d’investigation sur les transformations professionnelles au regard du genre.

Mots clés :

Professionnalisation, Formation, Travail social international

← Retour à la liste des articles