La place des immigrants dans l'économie sociale et solidaire à Québec: une fin en soi ou une étape dans une stratégie d'insertion à long terme.
Année : 2010
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
ARSENAULT Stéphanie (Canada) – stephanie.arsenault@svs.ulaval.ca
Résumé :
L’économie sociale marque le développement de la province de Québec depuis de nombreuses décennies. Par ailleurs, avec la constitution d’un groupe de travail sur l’économie sociale dans le cadre d’un Sommet de l'économie et de l'emploi tenu au milieu des années 1990, cette voie économique a pris au fil des dernières années une envergure sans précédant. On dit aujourd’hui de l’économie sociale qu’elle regroupe des entreprises qui ont comme finalité de servir leurs membres ou leur collectivité plutôt que de simplement engendrer des profits ou un rendement financier. En outre, ces entreprises reposent sur un fonctionnement démocratique et participatif qui implique les membres et les travailleurs en plus d’être autonomes dans leur gestion par rapport à l’État. En 2010, plus de 7000 entreprises y seraient reliées dans la province de même que 125 000 emplois, générant ainsi un chiffre d’affaire de 17 milliards de dollars par année et plus de 6% du PIB (Chantier de l’économie sociale, 2010).
La ville de Québec présente actuellement le taux de chômage le plus bas de la province, avec un pourcentage se situant généralement entre 4 et 5%. Capitale provinciale et siège du gouvernement, la ville offre notamment une forte proportion d’emplois dans le secteur gouvernemental. Or, les immigrants qui s’installent dans la ville, malgré leur niveau de scolarité nettement plus élevé que celui de la population native (36% des immigrants âgés de 15 ans et plus possèdent au moins un diplôme de baccalauréat contre 19% des non-immigrants de 15 ans et plus), présentent un taux de chômage de plus du double de celui de la population non immigrante et de plus du triple de celle-ci lorsqu’il s’agit d’immigrants arrivés depuis moins de cinq ans (Statistique Canada, 2006).
Face à un tel constat, plusieurs acteurs du milieu de l’économie sociale ont manifesté leurs questionnements face à une présence perçue comme faible des immigrants dans les entreprises d’économie sociale de la ville de Québec. Ainsi, afin de mieux comprendre la place qu’occupent les immigrants dans l’économie sociale de cette ville, une recherche qualitative a été menée en 2009 et 2010 avec comme objectif principal de mettre en lumière la perception qu’ont les immigrants de cette forme d’économie et de la place qu’ils occupent en son sein. Pour ce faire, nous avons interrogé huit immigrants directement impliqués dans la création et la consolidation d’organisations d’économie sociale ainsi que huit immigrants travaillant ou participant dans des organisations d’économie sociale.
La présentation qui suit fait état des résultats de cette recherche. Nous serons en mesure de présenter les différentes perceptions à l’égard de l’économie sociale construites par les immigrants ainsi que certains facteurs facilitant ou contraignant les personnes immigrantes dans leur processus de création ou de fonctionnement à l’intérieur de l’économie sociale et solidaire. Nous apporterons de plus des éléments de réponse à la question à savoir si la participation des immigrants à l’économie sociale représente une fin en soi ou une étape dans une stratégie d'insertion à l’emploi à long terme. Cette analyse nous permettra de mieux cerner le rôle que peut jouer ce milieu dans l'intégration globale des immigrants à la société québécoise.
Mots clés :
Tiers secteur, Economie sociale et solidaire, Interculturel
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