LA PROFESSION D'ASSISTANT(E) DE SERVICE SOCIAL:
LE DÉCLIN DES PROFESSIONS?
Année : 2014
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
LE MERRER Emmanuel (France) – lemerreremmanuel@yahoo.fr
KHRIBECH Adime (France) – adime.k@hotmail.fr
radid ilhame (France) – ilhameradid@hotmail.com
Résumé :
ENTRÉE 3: QUELLE PRISE EN COMPTE DES CONTEXTES ET ENJEUX DANS LES TRANSFORMATIONS DES FORMATIONS SOCIALES.
Le PREFAS-GRIF a constaté depuis environ cinq années une baisse importante des candidatures au concours d’entrée en formation d’assistants de service social (ASS) au sein de leurs établissements adhérents. Cette tendance à la réduction des effectifs constitue un enjeu majeur pour les EFTS dont les promotions semblent se réduire considérablement, mais également pour la profession elle-même qui risque à terme de s’appauvrir.
L’étude menée en Île-de-France consiste tout d’abord à objectiver la baisse du nombre de candidats à se présenter au concours d’admissibilité à la formation d’ASS. Les chiffres ont été recueillis pour une période comprise entre 2005 et 2013 auprès des quatorze sections de formation d’ASS en Île-de-France. La seconde partie de l’étude s’attache ainsi à définir les origines de la diminution du nombre de candidats aux épreuves d’admissibilité. Cette partie qualitative propose d’aborder les théories de l’orientation qui s’accordent pour affirmer que les conduites d’orientation sont principalement déterminées par la congruence entre les représentations de soi des jeunes en voie de détermination professionnelle et les représentations sociales des professions. Plus cette congruence sera forte, plus l’individu aura tendance à s’engager dans la voie professionnelle concernée. Pour autant, il apparaît d’une part que les acteurs les plus influents dans la construction des représentations professionnelles des jeunes s’avèrent être les professionnels eux-mêmes. L’étude se propose donc d’interroger les représentations que les ASS construisent de leur profession et de leur cadre professionnel afin de déterminer si ils se conduisent en prescripteurs d’orientation plutôt « persuasifs » ou « dissuasifs ».
L’enquête menée auprès de seize ASS (huit en service social de circonscription et huit dans le cadre associatif) et de trois cadres, selon la technique des entretiens semi-directifs, a mis en évidence une évolution du cœur de métier. Les enquêtés soulignent dans un premier temps leur intérêt pour la relation d’aide et le secteur social en général. C’est souvent leur rencontre avec un professionnel qui les a déterminé professionnellement. Les enquêtés n’hésitent pas à présenter les politiques publiques et la conversion managériale de leurs services (NPM) comme des facteurs influençant de façon néfaste leur mission d’accompagnement et leur relation aux usagers. Les enquêtés soulignent la distanciation entre leur référentiel professionnel, une des sources de leur identité professionnelle, et la réalité de leur terrain d’exercice. C’est en fait le sens du métier qui s’érode, les professionnels se considérant enfermés dans un large paradoxe entre idéal professionnel et réalités de terrain. Cette perte de sens provoque dès lors des effets nocifs sur leur désir d’exercer et ainsi, sur leur désir de transmettre la vocation du métier. Les professionnels ont tendance « à mettre en garde » la jeune génération qui se définit également comme une génération qui préfère « l’insécurité dans un emploi qui a du sens plutôt que la stabilité dans un travail qui n’en a pas ». Cinq jeunes en phase de détermination professionnelle ont par ailleurs été interrogés dans le cadre de cette étude et ils ont admis refuser le modèle organisationnel sur lequel s’articule la profession d’ASS, notamment dans la fonction publique.
Enfin, l’étude met en évidence la grande disparité et complexité du système d’offres francilien en matière de formation d’ASS qui nécessite, pour se faire comprendre, une certaine opiniâtreté. Le système d’offres actuel semble dès lors souffrir d’un manque de lisibilité surtout auprès d’une jeune génération pour qui l’obtention de l’information doit s’effectuer de façon instantanée. Ce résultat symbolise les aspects de l’entrée en école et du déroulement de la formation d’ASS qui freinent un engagement dans la formation.
Mots clés :
Formation, Enjeux, Secteur social
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