Croisement entre les métiers de l’animation et du travail social ? Comment peut-on aller plus loin ensemble ? Comment peut-on faire avancer ce sujet dans l’avenir ?
Année : 2014
Thème : Forum, GT, Carrefour
Type : Forum, GT, Carrefour
Auteur(s) :
DEVOGE Anne-Claire (France) – anne-claire.devoge@cemea.asso.fr
DESSEIGNE Serge (France)
Résumé :
Les Ceméa inscrivent dans leur histoire et dans le projet national ces deux réalités d’action : formation à l’animation et au travail social, dans une philosophie d’Education Nouvelle.
Nos approches éducatives s’inscrivent donc dans cette filiation, et sont un atout pour interroger autrement les modalités de prises en charge en valorisant une approche globale.
Le débat, qui est proposé ici, traduit des enjeux pour demain, qu’il nous intéresse de débattre dans l’espace Forum de la Biennale Unaforis :
L’origine du travail social et de l’animation doit être restituée dans leur propre histoire à savoir des logiques différenciées.
Il faut revenir à l’action sociale depuis 1946, pour se souvenir qu’elle s’activait soit du côté du traitement de problématiques liées à la santé, la déficience, la santé mentale… soit aux questions liées à l’emploi, au vivre (le vivre ensemble au sens contemporain) avec des objectifs humanistes et démocratiques (cf « les jours heureux » du Conseil National de la Résistance - CNR) dans une philosophie de cohérence sociale. Celle-ci concernait y compris l’accès à la culture, aux loisirs…
Ces données ont donné naissance aux premiers diplômes de l’animation et du Travail Social produisant une dissociation des métiers. Dans chacun de ces espaces, l’action sociale était conduite. Ainsi, certains métiers se sont autonomisés comme celui par exemple de l’animation culturelle (Malraux) et ceux du champ de la transformation sociale (Technicien d’activité, Animateur de Centre social).
Mais est-ce si différent que ça ?
Pour les Ceméa, dès 1946 par la mise en place de la formation des Maîtres internats (qui deviendra la formation des Moniteurs Educateurs), dès 1970 avec la formation en Internat des Infirmiers psychiatriques… , nous avons mis en place une approche née de notre expérience de la formation des cadres des centres de vacances, qui inscrit la centralité de la personne dans des espaces de vie quotidienne et de vie collective, permettant de se saisir du milieu et l’Agir. Cette approche est politique, il s’agit de l’éducation pour agir. Elle situe le sujet dans une approche globale quelque soient les situations de rencontres ou de « prises en charge ».
En cela, notre approche de l’intervention sociale se pose comme faisant avec, au-delà des différences et en mettant en avant les potentialités d’agir selon les capacités, les potentialités de la personne accueillie dans son histoire.
La question n’est donc pas celle d’un croisement des métiers, mais d’une congruence du fait même du travail avec les « publics », ou plutôt les populations au sens citoyen de notre approche.
Nous assumons d’être à contre-courant d’un système qui spécialise, sous le prétexte du droit à la différence, normalise et étiquette, donc stigmatise ces populations.
Il y a à inverser la tendance, à travailler sur ce qui rassemble, et non sur ce qui discrimine, distingue.
Nous avons donc à travailler la problématique en commun Travail social et animation, à débattre sur les futurs enjeux de formation qui replace communément le faire, l’agir ensemble, comme élément essentiel de l’intervention en prenant en compte les identités professionnelles du travailleur social et de l’animateur.
Mots clés :
Formation, Secteur socio-éducatif, Animation
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