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De la recherche engagée en travail social

Année : 2014

Thème : « Une danse en trois temps » entre les postures de chercheure, d’enseignante et d’intervenante

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

CARON Roxane (Canada) – roxane.caron.2@umontreal.ca

Résumé :

La recherche qualitative auprès des réfugié(e)s voit ces derniers comme des « sujets »; autrement dit, elle les considère comme des acteurs (ou actrices) de leur trajectoire, de leur discours et de leur histoire (Vatz-Laaroussi, 2007). En ce sens, la recherche qualitative peut être désignée comme une « recherche engagée ». Or, si mes recherches s’inscrivent dans une telle perspective, pourquoi alors ai-je, en tant que chercheure en travail social, le sentiment que mes travaux de recherche « ne sont pas suffisants », qu’ils n’arrivent pas à faire entendre les « voix » des personnes réfugiées?

C’est en découvrant le livre de la sociologue Kristin Luker (2008), Salsa dancing into the social sciences, où l’auteure opère un parallèle, aussi bien original qu’intéressant, entre danse et sciences sociales, que j’ai eu l’idée de proposer une communication sur ce sujet. Bien que je ne sois pas moi-même, danseuse de salsa, de tango ou encore de ballet, j’ai trouvé que cette métaphore illustre tout de même bien l’idée que j’ai de ma pratique du travail social : « une danse en trois temps », alors que je passe de la recherche, à l’enseignement, puis à l’intervention. Cela dit, comment développer cette « danse en trois temps » pour que chacun des « mouvements » puisse faire un tout porteur de sens…

La présente communication s’inscrit, ainsi, dans une double perspective réflexive : la première est celle de la chercheure qui se questionne sur sa pratique de recherche pour la comprendre, la critiquer et l’analyser. Et la deuxième est celle de la même chercheure qui souhaite « aller plus loin » et comprendre cette fois les possibilités offertes pour que ses autres statuts d’enseignante et d’intervenante soient, eux-aussi, mobilisés dans l’objectif de développer les connaissances mais aussi l’émancipation des acteurs (et actrices). Plus concrètement, j’explorerai comment la posture d’enseignante et celle d’intervenante peuvent amener ma démarche de recherche à devenir un processus qui permet, certes, la diffusion des connaissances et la conscientisation sur les réalités des personnes réfugié(e)s, mais aussi l’amélioration de la situation des personnes de même que leur émancipation.

Plusieurs questions constitueront le cœur de ma communication : Comment est-il possible de mobiliser différents rôles – chercheure – enseignante - intervenante – aux bénéfices des personnes que nous tentons de comprendre et d’aider? Au-delà de la restitution des résultats de nos recherches et de la contribution à la formation de praticiens, qu’en est-il de l’action avec et pour les participant(e)s à nos recherches ? À quelles conditions articuler nos diverses pratiques de recherche, d’enseignement et d’intervention aux bénéfices des ces mêmes participant(e)s?

En nous basant essentiellement sur nos recherches menées auprès de femmes palestiniennes vivant en camps de réfugiés au Liban, en particulier, les stratégies que celles-ci déploient et développent pour survivre depuis plus de 65 ans en camps de réfugiés (Caron, 2007) ainsi que leurs expériences d’exil (Caron, 2012), nous proposons une communication qui abordera les thèmes suivants : 1) la légitimité de « parler au nom de l’Autre »; 2) la co-construction des savoirs et des connaissances et; 3) la nécessaire positon de solidarité et d’engagement pour le changement social des groupes minoritaires et marginalisés.

Mots clés :

Travail social international, Co-construction, Solidarité, Femmes réfugiées Camp de réfugiés

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