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Innover dans l’accompagnement des grands précaires. L’exemple de la maison Goudouli à Toulouse

Année : 2014

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

touhami slimane (France) – stouhami73@yahoo.fr
MASLANKA Anne (France)

Résumé :

Crée au printemps 2011, la Maison Goudouli se présente comme un lieu de vie pour grands précaires - plus communément appelés clochards - localisé rue Goudouli à Toulouse, à quelques rues du cœur historique. Cet espace n’aurait jamais vu le jour sans le combat mené par les membres du GPS - le groupement pour la défense du travail social, au nombre duquel des professionnels de la rue - contre les atteintes systématiques portées aux plus vulnérables. A ce titre, ils n’hésiteront pas à réquisitionner, au nom du respect de leur mission, un bâtiment désaffecté de l’Etat où trouveront abri une poignée de sans toits malades et alcoolo dépendants. Le bras de fer trouvera son épilogue au tribunal administratif qui finira par valider le bien fondé du squat ouvert par les travailleurs sociaux. Aujourd’hui, la maison Goudouli, organisée en association loi 1901, occupe toujours les locaux de l’AFPA cédés à titre locatif par l’Etat. Reconnue d’utilité publique, elle bénéficie de subventions pour mener à bien ses actions.
Une histoire singulière et un fonctionnement atypique. La maison Goudouli se distingue en effet des centres d’hébergement classiques en s’affichant comme un habitat sans limite d’occupation, ce qui ne va pas sans poser de nouveaux défis à l’équipe pluridisciplinaire en charge du lieu, à l’instar de la question de la prise en charge des pathologies chroniques ou de la fin de vie. Ici, la prise d’alcool est tolérée sous conditions avec des résultats positifs sur la consommation journalière de résidents marqués par un lourd passé de polydépendance à l’alcool, au tabac et aux produits. Les « goudouliens » - et non les usagers - actuellement au nombre d’une vingtaine, participent parallèlement aux décisions et à la vie du lieu, s’impliquant quotidiennement dans la gestion d’une maison qui, faut-il le rappeler, est d’abord la leur. Une initiative primée en 2013 par les Lauriers de la Fondation de France au titre de projet novateur, légitimant, une nouvelle fois de plus, l’intérêt d’un tel dispositif qui peut servir de modèle complémentaire dans l’accompagnement des cassés de la rue qui, souvent, tendent à porter un regard négatif - et parfois justifié - à l’égard des centres d’hébergements dominants.
La communication adoptera la forme d’un exposé à deux temps. Après une présentation de l’historique et des spécificités du lieu, il s’agira d’établir le croisement entre une innovation sociale et le champ de la recherche en travail social . L’expérience locale fait en effet écho à de récentes analyses scientifiques tirés des SHS, en particulier aux travaux anthropologiques de Patrick Declerck sur les clochards de Paris et à la notion de « travail social radical » ( radical social work) issue du champ de la sociologie britannique, deux exemples sur lesquels nous nous attarderons pour illustrer l’exposé.

Mots clés :

Exclusion, Urgence sociale, Intervention sociale et travail social

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