La multiplication des précarités face à la maladie : Quels enjeux pour l’intervention sociale ?

Année : 2014

Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

DUPONT Dalice (France) – d.dalice@hotmail.fr
COLLAINTIER EMILIE (France) – emilie.collaintier@chu-limoges.fr

Résumé :

Maladie et Précarité sont deux notions qui renferment des sujets de discussion philosophiques et juridiques de grande ampleur, incluant notamment « exclusion » et « accès aux soins ».
En effet, la mauvaise santé est un facteur d’exclusion et une conséquence de l’exclusion. C’est à ce premier point de vue que nous nous intéressons : mauvaise santé comme facteur d’exclusion. Nous choisissons cette dimension car elle nous semble présente dans le travail quotidien avec les personnes malades mais pas toujours connue et prise en compte dans les soins. Pour exemple : il est souvent dit au malade par le soignant, « ne vous inquiétez pas il existe des aides, ce sera pris en charge » alors que cela n’est pas toujours le cas. Chaque situation doit être évaluée au niveau psycho-social avant de pouvoir apporter une réponse, faire valoir des droits… si possible.
Ce lien entre le sanitaire et le social présent aujourd’hui, a toujours existé.
Parallèlement, la « santé » a dans un premier temps été envisagée uniquement par rapport à la maladie. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a définie la santé comme « l’état de bien-être physique, mental et social, et non pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité » (1946). Cette définition a par la suite été complétée. Effectivement, un texte de référence énonce « la santé est perçue comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie ; c’est un concept positif mettant l’accent sur les ressources sociales et personnelles, et sur les capacités physiques. La promotion de la santé ne relève donc pas seulement du secteur de la santé : elle ne se borne pas seulement à préconiser l’adoption de modes de vie qui favorisent la bonne santé ; son ambition est le bien-être complet de l’individu » .
Le lien entre sanitaire et social est là encore bien mis en avant.

L’organisation du système de soins actuel, dans le cadre du système de protection sociale, est basée sur des principes de solidarité et de justice. Ce système a pour horizon éthique égalitaire, le droit d’accès à des soins de qualité équivalente pour tous, en fonction de ses besoins. Concrètement, nous savons que la maladie grave peut, dans certaines situations, engendrer une précarité. Nous souhaitons ici mettre en relation ce principe de solidarité, d’accès aux soins pour tous, face aux conséquences de la maladie sur chaque situation personnelle.

La question est donc la suivante : Quel accès aux soins est-il possible quand la maladie grave engendre une précarité ?

Il apparaît évident que lorsque les personnes souffrent d’une maladie à incidence sociale, les sécurités sont mises à mal : le travail est souvent arrêté pour les soins, les revenus à la baisse avec une augmentation des dépenses. Nous choisissons donc de consacrer notre communication à la précarité financière, engendrée par le cancer.

Pour répondre à ce questionnement, nous verrons dans un premier temps comment notre système de protection sociale permet à tous un égal accès aux soins, en détaillant le fondement de la sécurité sociale, le remboursement des soins, les indemnités journalières et la reconnaissance du handicap.
Dans un deuxième temps, nous commenterons la réalité de cet accès en faisant le lien soins et argent, par la précarité financière des personnes atteintes d’un cancer et les différentes solutions d’aides financières.
Nous réfléchirons ensuite à la possibilité d’adapter les soins aux situations de précarité, à travers la connaissance de la précarité par les soignants, le travail pluridisciplinaire, le partage d’informations et l’adaptabilité des soins.

Nous verrons ainsi au travers de ce développement que La maladie grave peut engendrer une précarité financière, néanmoins grâce à notre système de protection sociale solidaire, aux aides exceptionnelles et à la mise en place de soins adaptés, et ce par notre intervention sociale, l’accès aux soins peut être préservé.

Mots clés :

Santé, Secteur social, Pauvreté

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