Se professionnaliser dans l’éducation spécialisée en-dehors d’un parcours de formation ad hoc : archéologie de trois parcours constitutifs de compétences.

Année : 2010

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

LAHAYE Didier (France) – lahaye.didier@wanadoo.fr

Résumé :

L’accès à la qualification par la VAE dans les métiers du travail social continue de faire polémique, aucune étude ne permettant d’obtenir une vue analytique sur la diversité des parcours des candidats prétendant à un niveau de compétences sans cursus de formation ad hoc. Le recueil de données est en effet contrarié au niveau de l’inventaire de ces parcours, les prétendants pouvant choisir de se faire « accompagner » dans la démarche ou non. Au problème de recensement des candidats auprès de ces organismes accompagnateurs s’ajoute l’inconnue (en termes de nombre et de profils) de ceux qui ne s’y adressent pas. Dès lors, les tentatives de typologie permettant d’identifier les leviers d’acquisition de compétences - probablement multiples - chez ces candidats ne peuvent se fonder que sur des intuitions ou du matériau empirique recueilli (par des accompagnateurs, des membres de jury, des employeurs…) auprès d’un échantillon nécessairement partiel mais, surtout, non référé à une « population mère » par définition mal connue.
Face à cet écueil méthodologique (espérons-le provisoire car l’obstacle est lié à des moyens de faisabilité plus qu’à une impasse épistémologique), la posture adoptée ici choisit délibérément l’approche qualitative et monographique sur le principe d’une étude de cas. Le but n’étant plus de prétendre à l’intelligibilité d’une diversité de parcours, mais d’identifier un petit nombre de configurations singulières pour, ensuite – et dans la tradition Durkheimienne du savoir cumulatif – considérer comment ces paradigmes (ou idéaltypes) peuvent s’ajouter à d’autres.
Cette approche prend son origine dans le constat réalisé dans une MECS – mais souvent rencontré ailleurs. Tandis que cette structure connaît des difficultés de recrutement de personnels diplômés (principalement des éducateurs spécialisés détenteurs du DEES) auxquelles s’ajoute un problème de turn-over important, un noyau dur de professionnels se distinguent par leur stabilité – à la fois sur le poste et le maintien d’une stabilité - lorsque les événements font que tout explose. Pour s’assurer qu’on était bien dans la mobilisation de compétences, deux points ont été préalablement vérifiés : qu’il ne s’agisse pas d’une simple capacité physique de maintien de l’ordre ou de l’exercice d’une autorité ambivalente sur le principe du « grand frère » ; le souci de l’encadrement de professionnaliser ces acteurs dans le champ de l’éducation spécialisée et non seulement de celui de l’adolescence difficile.
Trois professionnels ont ainsi été retenus pour une analyse biographique. Le dispositif d’enquête repose sur deux contextes de recueil de données.
- Le premier se situe dans le cadre d’un parcours VAE « renforcé » (dispositif de soutien de branche) dans lequel ces acteurs sont invités à expliciter en collectif leurs pratiques et fournir une analyse de ce qui en constitue le bien-fondé, sur le principe de l’auto-confrontation simple (Yves CLOT). La situation d’enquête s’inscrit dans un contexte « ordinaire » (Florence WEBER) puisque le chercheur est ici en position d’accompagnateur (soit une position double que nous avions déjà engagé dans un autre statut et auprès d’une population différente dans le cadre d’un travail de thèse).
Le second s’appuie sur le principe classique d’entretiens complémentaires enregistrés portant davantage sur les éléments autobiographiques privés.
Les premiers éléments recueillis permettent de retenir – provisoirement – trois hypothèses :
- une rupture biographique amenant « par hasard » ces personnes dans le travail social mais, parce qu’elles ne partent pas pour autant de rien, qui les amène à transférer des compétences développées ailleurs.
- La présence d’un « mentor » qui, tout au long du parcours, a accompagné ces professionnels sur le principe d’un tutorat (ce que tous n’ont pas nécessairement accepté de faire).
- Le rôle d’une « organisation apprenante » qui tend à considérer ces salariés comme des professionnels en devenir…

Mots clés :

VAE, Compétence, Formation, trajectoire

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