Les formations en travail social pensées comme un espace de transmission d'une culture démocratique.
Année : 2014
Thème : Un préalable au développement de la créativité des futur-es professionnel-les.
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
BOUSQUET Cathy (France) – ktybousquet@gmail.com
Résumé :
S'il est souvent question de valeurs dans l'exercice professionnel du travail social, celles-ci sont peu référées me semble – t-il au cadre démocratique qui fonde les conditions de cet exercice. De même la référence au « lien social » est souvent présentée comme l'horizon et la justification de métiers dans une dimension de ce lien réduite à l'articulation entre les personnes ou les groupes de personnes.
Dans ce contexte il me paraît important de se référer aux caractéristiques de la cohésion sociale selon Durkheim. Si ce concept a évolué « historiquement » de Durkheim (1893- De la division du travail social) à la Stratégie de l'UE (Stratégie de Lisbonne mars 2000), il s'agit toujours « d'une vision transformatrice vers un progrès ». La référence à cette définition (outre son lien chronologique avec les prémices du travail social) implique de former des acteurs de la cohésion social en utilisant l'intégralité de la palette disciplinaire liée au concept lui même.
Ces premiers constats ont servi de formalisation à une recherche-action collective en ressources formatives capables d'asseoir la légitimité des interventions de futur-es professionnel-les en travail social. Ceci conduit à l'énoncé d'éléments qui font système et permettent un processus de qualification dans une perspective démocratique :
- l'installation d'une communication qui reconnaisse des adultes assemblés,
- l'apprentissage et l'expérimentation de pratiques citoyennes au démarrage d'une formation d'adultes,
- l'implication des partenaires des sites qualifiants dans une perspective horizontale,
- un espace de recherche collaboratif dédié aux Interventions Sociales d'intérêt Collectif.
Le système ainsi créé, par des cadres en situation de formation, est porteur d'un référentiel commun transversal : une philosophie d'action qu'il s'agit d'identifier, de nommer, de valoriser.
Avec des attentions particulières liées aux contextes de chaque période, la question partagée est alors d'étudier comment l'individu/le sujet peut faire « ensemble », a le souci de l'ensemble pour être lui-même. A cela, force est de constater qu’il y faut de l’apprentissage ou de la transmission, ces savoirs ne sont pas innés, cela s’appelle la socialisation. Le travail social peut-être alors considéré comme « objectivement » inclusif. Il s'agit explicitement par cette action/son action de « faire société » et de comprendre comment le référencement à la communauté des citoyennes/des citoyens est nécessaire à ce travail.
Un deuxième élément constitutif d'un savoir en action pour faire face au contexte décrit dans le questionnement de l'axe 2 serait la nécessaire réappropriation d'une histoire de l'intervention sociale telle qu'elle fut initiée par ses fondatrices.
Cette approche commencée à partir des éléments de l'histoire du travail social, se poursuit actuellement dans un travail de thèse qui étudie la question des incidences dans l'exercice professionnel actuel des méconnaissance de cette histoire. Elle conduit à proposer un inventaire des initiatives conduites en contexte, à découvrir leur pouvoir d'agir.
A partir d'une exploration socio-historique des fondements professionnels de l'intervention sociale confrontée à la notion de solidarité telle qu'elle émergea à la fin du XIXè siècle, il est possible d'énoncer une intervention politiquement impliquée puisqu'elle vise à permettre à chacun-e d'être un ou une participant-e au Tout, à l’UN-Nation, avec son consentement/sa participation.
A cette étape de la recherche, une première hypothèse est proposée à la discussion : la réappropriation/l'enseignement « des éléments constitutifs » (du début du 20ème siècle), est de nature à refonder les capacités professionnelles nécessaire à cette intervention.
Mots clés :
Savoirs, Cohésion sociale, Citoyenneté
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