De l'exclusion sociale au droit au logement:
Année : 2014
Thème : la prise en charge en maison relais en France
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
MARQUISE Sandrine (France) – sandrine.marquise@institut-social-lille.fr
SOUDANT-DEPELCHIN Estelle (France) – estelle_soudant@yahoo.fr
Résumé :
Avec la massification de la pauvreté sur fond de ralentissement de la croissance économique, de hausse du chômage, l’accès à un logement s’est considérablement aggravé et est devenu un facteur de précarisation et d’exclusion. Dans les politiques menées, le logement devient un axe central mais aussi une problématique. Depuis plus de 30 ans, la France connait en effet une crise du logement face à laquelle, une augmentation du nombre de structures d’hébergement et une logique de l’urgence sociale sont apparues visant à proposer des solutions immédiates et de courte durée à un nombre croissant de personnes privées de logement, dans la précarité et la vulnérabilité, communément appelés Sans Domicile Fixe. La « question SDF » (Damon, 2002) est régulièrement au cœur de l’actualité. Depuis les événements marquants de l’hiver 1954 et l’appel de l’Abbé Pierre ou plus récemment la mobilisation des Enfants de Don Quichotte en 2007, des réformes et des lois se succèdent.
La priorité est donnée à l’urgence et à la mise à l’abri ; des dispositifs qui, bien que réaffirmant le droit au logement se superposent et mettent en évidence un manque de lisibilité quant à la problématique des SDF dont différentes études sociologiques nous montrent combien il est complexe de traiter de cette question derrière laquelle apparaissent des parcours de vie avec toute leur singularité. Les personnes SDF n’ont pas un visage unique; il n’existe pas un profil type mais bien une hétérogénéité de situations et des réalités sociales qui ne cessent d’évoluer. Ainsi, les figures de « vagabonds » et de « clochards » laissent aujourd’hui place aux travailleurs pauvres, aux personnes vieillissantes, aux jeunes etc.
Les multiples dispositifs qui se sont juxtaposées depuis une vingtaine d’année en tentant d’apporter des réponses à la question des SDF ont permis aux services de Tutelles, administrateurs, gestionnaires, travailleurs sociaux et sociologues d’affiner leur connaissance de cette population hétérogène et de ses besoins sur des territoires donnés. La logique du logement d’abord est aujourd’hui un tournant dans l’approche de cette problématique. Avec l’idée désormais de passer directement de la rue au logement, comment ne pas opposer hébergement et logement et prendre en compte les besoins des publics qui vivent des situations personnelles différentes et différenciées selon les territoires ?
Parallèlement au logement de droit commun, de nouvelles expériences se développent depuis quelques années qui viennent se situer dans une logique de réponses aux besoins en prenant en compte la singularité des situations.
Parmi elles, les pensions de famille/maisons relais impulsées par la circulaire du 10/12/2002 (Circulaire DGAS/SDA n° 2002-595 du 10 décembre 2002 relative aux maisons relais) sont devenues un vecteur logement très social qui permet à des exclus pour qui le logement de droit commun ne fonctionnait pas, d’accéder à un logement et d’y rester. Le terme maison relais apparaît en 2002 dans la circulaire en remplacement du terme pension de famille qui a continué d’être utilisé par certains acteurs. La loi Boutin du 25/03/2009 renomme la maison relais en pension de famille. Aussi, de nouvelles pratiques se développent et de nouveaux acteurs du logement apparaissent. Cette orientation est réaffirmé cette année lors de la présentation du plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale qui prévoit « un appel à projet innovant visant à favoriser l’accès au logement et la prise en charge adaptée des personnes en situation de rupture ».
Afin de mieux comprendre ce que recouvre ce dispositif, nous avons choisi de nous appuyer sur une expérience développée sur l’Arrondissement de Béthune, dans le Pas de Calais, par l’association Habitat Insertion.
Mots clés :
Exclusion, Vivre ensemble, Intervention sociale et travail social
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