Faire face à la question sociale : la contribution des territoires

Année : 2014

Thème : L’analyse du cas français mis à l’épreuve du détour par le Québec

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

ROUZEAU Marc (France) – marcrouzeau7@gmail.com

Résumé :

La gestion de la question sociale s’est traduite, en France, par la constitution d’un « quasi –secteur » articulant protection sociale, aide sociale et action sociale et s’accompagnant, sur le temps long, d’un effritement des centres de commandement locaux. A la suite, dans les années 1980, et afin de faire face aux «nouveaux problèmes sociaux», les vertus de la proximité sont redécouvertes. Se propage alors un processus assez généralisé de socio-territorialisation : dans l’action sociale mais aussi dans des secteurs aussi divers que l’habitat, l’emploi, l’éducation, les politiques et les programmes d’action se construisent de plus en plus en référence aux territoires locaux et, tout à la fois, en viennent à incorporer des objectifs sociaux. Depuis 2005, le resserrement des règles du jeu et les logiques d’activation (économie des comportements et gouvernement à distance) entrainent une mutation du sens et des modalités de ces recours aux territoires.

Prenant appui sur la mobilisation croisées de données issues de la politique de la ville, de l’action sociale généraliste et de la lutte contre le décrochage scolaire (recherche universitaire, enquêtes évaluatives, observation participante menées sur une quinzaine d’années), nous proposons, lors de cette communication, de présenter la modélisation diachronique à laquelle nous sommes parvenu. Cette modélisation s’organise autour 5 répertoires de socio territorialisation qui, chacun, articule chacun une façon de penser et une façon d’agir vis-à-vis de la question sociale.
- Historiquement en France, l’action publique s’est organisée autour du répertoire de « l’aménagement réparateur » dans lequel le territoire est avant tout envisagé comme une « conséquence » de la question sociale.
- Puis dans l’époque de transition qui marque la fin des trente Glorieuse, les formes d’action se pluralisent et se déploient le répertoire de « l’aménagement réparateur » dans lequel le territoire est envisagé comme une « cause » par rapport aux problèmes sociaux, le répertoire de « la gestion modernisatrice » dans lequel le territoire est envisagé comme un « révélateur » et celui du « développement endogène » dans lequel le territoire est envisagé comme une « réponse ».
- Plus récemment, le répertoire de « l’activation cohésive », dans lequel le territoire est mobilisé comme « support-auxiliaire », apparaît comme un marqueur du nouveau régime d’Etat social actif en train de prendre prises.

Face à la complexité des équations en présence (circulation des idées du fait des transferts internationaux de politiques publiques – diversité et transformation des échelles d’action publique – chevauchement des répertoires qui cohabitent et apparaissent tous légitimes), le détour par le Québec permet alors d’entrevoir le sens et les modalités des réordonnancements en cours au niveau transnational et, tout à la fois, de repérer certaines des composantes spécifiques de notre dynamique nationale.

Mots clés :

Territorialisation, Question sociale, Politique publique

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