Le rôle du bénévolat associatif en Algérie dans un contexte socio-économique de crise

Année : 2015

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

MANAA Ammar (Algérie) – manaa.ammar@yahoo.fr

Résumé :

La présente communication cherche à démontrer le rôle et la perception du bénévolat associatif dans la société algérienne. Si l’Etat algérien aspire à moderniser ces institutions et ces structures économiques pour aider à l’émergence d’une nouvelle culture d’entraide structurée et organisée par la société civile et autour des associations, le bénévolat constitue quant à lui un élément central dans le fonctionnement et même la « survie » de ces associations. Le bénévolat, défini comme « l’activité de citoyen qui, en dehors de leur obligations professionnelles et sans y être contraints, consacrent une partie de leur temps et de leur compétences, seul ou le plus souvent au sein d’organismes variés, au service de la communauté » , semble se constituer comme un moyen efficace pour engager les individus à s’attaquer aux défis du développement, mais aussi comme tremplin vers l’exercice d’une citoyenneté éclairée. Parce qu’il profite à la fois à l’ensemble de la société et à la personne en renforçant la confiance, la solidarité et la réciprocité parmi et entre les citoyens, il semble se constituer comme incubateur d’idées et générateur d’opportunités de participation au projet collectif.
Cette notion a pris de l’ampleur partout dans le monde, ce qui a même poussé les Nations Unis à définir le rôle du volontariat en distinguant son rôle, tant au niveau personnel qu’au niveau communautaire. Parce qu’il permet de re-conjuguer la place et la valeur d’une personne, jusqu’à permettre à des acteurs considérés comme faible dans une société, d’être ré-estimer en prenant place dans l’échiquier social, le bénévolat semble redistribuer les cartes en favorisant l’émergence d’une nouvelle « communauté des émotions ». L’individu s’éprouve dans ces espaces d’échanges et s’autorise une forme de reconquête de sa condition. « Pour les individus, l’action du volontariat peut aboutir à une plus grande confiance en soi. Il peut aider à développer diverses compétences, professionnelles et autres, et faciliter la formation de réseaux. Tous ces aspects contribuent au sentiment de bien-être » . Sur le plan communautaire, le volontariat semble posséder intrinsèquement une capacité à installer de manière durable une plus grande cohésion par le développement notamment de la confiance et la réduction des tensions. « Les contacts établis par le biais des réseaux sociaux formés à travers l’action volontaire peuvent aider à obtenir des références utiles, voire à trouver un emploi. » . En cela, expérimenter le résotage, développer une forme d’aptitude à faire trace (en se faisant remarquer), développer des formes de compétences hybrides, braconner des formes de savoir-faire et savoirs-être, telles sont en substances les bénéfices d’une inscription dans une dynamique bénévole.
Et c’est en cela que cette communication se propose de questionner les processus et contextes qui sont mis au travail par le volontariat en permettant à des acteurs considérés comme faibles par la société civile, d’éprouver une forme d’existence dans une « société du mépris », une forme de fugue citoyenne pour échapper à des formes totalitaires d’une proposition politique.

- JOVELIN Emmanuel, « bénévolat et action sociale. L’action des bénévoles auprès des personnes âgées », in Pensée plurielle, n°9,2005.
Le Volontariat comme élément moteur de l’inclusion sociale, Rapport Sur La Situation Du Volontariat Dans Le Monde 2011, www.unv.org.
- Op. Cit.

Mots clés :

Société civile, Solidarité, Participation

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