Mobiliser une communauté pour implanter un programme à données probantes
Année : 2015
Thème : Le cas de Triple P au Québec
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
GAGNÉ Marie-Hélène (Canada) – marie-helene.gagne@psy.ulaval.ca
Résumé :
Cet atelier montrera comment on arrive à mobiliser divers acteurs d’une communauté autour de la mise en œuvre d’un programme à données probantes. Une telle mobilisation fait partie des conditions gagnantes pour soutenir l’innovation sociale. La planification de la mise en œuvre du programme Triple P (Positive Parenting Program) dans deux communautés québécoises servira de cas de figure pour illustrer cette démarche de mobilisation. Triple P fait la promotion des pratiques parentales positives et entraîne les parents d’enfants de 0 à 12 ans à les employer. Il propose un système intégré, gradué en cinq niveaux d’intervention incluant des stratégies médiatiques (niveau 1), éducatives (niveau 2), de coaching parental individualisé (niveau 3), d’entraînement aux habiletés parentales (niveau 4) et d’accompagnement plus ciblé des parents qui affichent les plus grands besoins (niveau 5). Triple P se démarque pour ses effets positifs sur la parentalité et les comportements des enfants et pour sa capacité à réduire la maltraitance au sein de la population. D’ailleurs, le projet piloté par notre équipe consiste à implanter Triple P dans deux territoires de CLSC dans une visée de prévention de la maltraitance.
L’expression « programme à données probantes » désigne un ensemble structuré et coordonné d’activités d’intervention qui vise des objectifs spécifiques auprès de clientèles ciblées. Les données probantes réfèrent à la fois aux fondements scientifiques du programme et à la démonstration empirique de son efficacité à atteindre ses objectifs. Le recours à ce type de programme constitue une opportunité de maximiser les résultats souhaités auprès de la clientèle tout en minimisant les coûts liés au développement des pratiques. Mais ce n’est pas tout de sélectionner un programme « modèle » ou « prometteur » : encore faut-il que le milieu l’accepte, se l’approprie et se mobilise pour développer sa capacité à l’offrir de manière optimale. La capacité d’une communauté réfère à l’ensemble des compétences, ressources et motivation dont la communauté dispose pour atteindre ses objectifs et relever ses défis. Cette capacité est reliée au succès de la mise en œuvre, de la dissémination et de la pérennité des programmes de prévention. Mais sans mobilisation au départ, cette capacité ne peut pas s’actualiser.
Dans cet atelier, on présentera les résultats d’une analyse de besoins et de ressources en matière de soutien à la parentalité, réalisée dans quatre territoires de CLSC : les deux territoires qui implanteront Triple P et deux territoires de comparaison appariés. Ces résultats mettent en évidence plusieurs enjeux liés à la mobilisation, notamment les connaissances parcellaires que les divers intervenants et gestionnaires ont de leur territoire et de ses ressources, les besoins de développer le leadership et l’expertise en matière de prévention de la maltraitance, ainsi que les liens de collaboration qui unissent les intervenants et leurs organisations respectives. On montrera ensuite comment ces résultats ont contribué à définir une stratégie de mobilisation communautaire, puis comment cette stratégie a été actualisée sur le terrain. L’atelier sera également l’occasion de présenter le programme Triple P.
Mots clés :
Communauté, Action collective, Partenariat
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