Cyberviolence auprès de filles et de jeunes femmes
Année : 2015
Thème : co-construire des stratégies de partenariats d’intervention sociale
dans la grande région de Montréal.
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
JOCHEMS Sylvie (Canada) – jochems.sylvie@uqam.ca
Harper Elizabeth (Canada) – elizabeth.harper@videotron.ca
Dubé Myriam (Canada) – dube.myriam@UQAM.ca
Résumé :
La cyberviolence est de plus en plus présente dans les discours ambiants. Qu’il soit rapporté par les médias de masse ou par des organismes communautaires ( Fondation Filles d’action, Jeunesse J’écoute, Tel jeunes, YWCA), il est important pour que des institutions s’en préoccupent au Québec comme ailleurs au Canada dont la Loi visant à prévenir et à combattre l'intimidation et la violence à l'école en 2012 par le gouvernement du Québec, Condition féminine en Atlantique, Comité sénatorial permanent des droits de la personne (CSPDP). L’un des discours argumente que le développement et l’accessibilité des technologies de l’information et de la communication (TIC) soient en cause. Or, on ne saurait considérer cet argument “déterministe technologique” (Jaurréguiberry et Proulx, 2011) pour expliquer ce phénomène: la cyberviolence est bien de nature relationnelle, voire sociale, où les auteurs de cette violence, les agresseurs - hommes ou femmes- font usage de TIC dont les médias sociaux (CSPDP, 2012, p. 12,13). Précisons: les TIC sont ces objets
technologiques (ordinateurs, cellulaires, téléphones intelligents, tablettes, …). Ils permettent entre autres d’accéder au Web. La 2e génération du Web (dit “web2.0”, Tim O’Reilly, 2004) est le web social, communément appelé “médias sociaux”. Techniquement, le web social permet davantage d’interactivité entre usagers puisqu’ils peuvent créer et partager des contenus. Le web social requiert peu de compétences techniques et d’efforts cognitifs rendant son utilisation plus accessible (Millerand, Proulx et Rueff, 2010: 2). Ce sont donc les usages de ces TIC qui peuvent révéler une pratique violente. La cyberviolence est une forme de violence émotive, psychologique et verbale (Fairbairn, Bivens, et Dawson, 2013: p. 1). L’une de ces formes est la cyberintimidation avec le recours aux TIC pour intimider, menacer ou harceler une personne, un groupe. Ce comportement est délibéré, répété: l’intimidateur agit avec l’intention de faire mal à une autre personne. Une victime peut être exposée plusieurs fois parce que la contribution initiale continue de circuler par d'autres (ibid: p.13). Toutefois, la nature et la prévalence de ce phénomène sont peu connues scientifiquement (Fairbairn et coll., 2013). Mais des études réalisées au Canada, notamment en Ontario, révèlent qu’en général les filles sont davantage à risque d’être victimes de différentes formes d’intimidation (Fondation Filles d’action (FFA) et coll., 2013) notamment par les usages d’Internet (Freeman et coll., 2011; Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2012 cité dans FFA et coll., 2013 ).
Aussi, nous présenterons ici notre recherche-action dont nous étions chargé de l'étude des besoins. Pour ce faire, il s'agira :
1) de circonscrire conceptuellement la nature de la cyberviolence auprès de filles et de jeunes femmes ainsi que des termes que l’on utilise pour en parler;
2) de faire un survol de l’état de cette situation au Québec, soit sa prévalence, ses formes et ses conséquences;
3) de positionner notre angle théorique en regard de celle-ci
et 4) de transférer les besoins dont elles nous ont fait part à l'hiver et printemps 2015, entre autres en ce qui a trait à l’intervention sociale, dans le cadre d’un projet de mobilisation des connaissances réalisé par Relais-femmes en partenariat avec les chercheures Sylvie Jochems, Elizabeth Harper et Myriam Dubé, et subventionné par Condition féminine Canada.
Mots clés :
Action communautaire, Femmes, Co-construction, technologies de l'information et de communication - médias sociaux
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