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Une jeunesse espagnole en quête de reconnaissance

Année : 2015

Thème : De la représentation classique à la solidarité dans la vie quotidienne

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

FOMBUENA VALERO Josefa (Espagne) – Josefa.Fombuena@uv.es

Résumé :

Il n’est pas facile d’être jeune en Espagne par les temps qui courent (Aliena, Fombuena y García Vilaplana, 2012).
Depuis l’année 2007, les jeunes Espagnols forment un groupe qui a perdu, en partie, sa propre jeunesse, c’est-à-dire, sa confiance en l’avenir. Entre les ni-ni (ni étude, ni travail), en passant par les “indignés” de mai 2011 de la Puerta del Sol de Madrid et l’énorme enthousiasme soulevé par la formation politique de “Podemos”, la jeunesse espagnole revendique son droit à participer pour exiger une vie meilleure alors que le futur reste incertain.
L’Espagne est une jeune démocratie avec, en ce début de siècle, trois caractéristiques : le chômage, le vieillissement et les migrations. Elles engendrent trois risques:
La pauvreté infantile. Les données de l’Unicef situent le risque de pauvreté des enfants de couples sans formation spécialisée autour de 50%.
L’exclusion sociale, non seulement actuelle mais surtout future pour les groupes qui ne vont plus pouvoir, quand la situation économique s’améliorera, s’intégrer à nouveau au marché du travail.
Le désespoir des jeunes qui doutent de l’avenir. Ils pensent sérieusement que leur vie sera pleine de difficultés malgré les efforts de leur famille pour les soutenir.
Alors, que faire? La première possibilité est de partir vers les pays du nord de l’Europe, en Amérique Latine ou en Asie. Une décision lourde du point de vue personnel, familial et social, d’autant plus qu’elle n’est valable que pour un groupe spécifique: les jeunes diplômés ayant obtenu des dossiers académiques brillants, une excellente formation en langues et en informatique, sans pour autant avoir aucune garantie de succès.
La deuxième possibilité est de se retrouver dans “la chose personnelle”, se retrouver en famille, avec les amis d’enfance et de collège, dans le quartier où l’on a toujours vécu et mettre l’accent sur la convivialité méditerranéenne souhaitée et bien évaluée par tous. Cette solution peut poser des problèmes d’autonomie puisque puisqu’à terme, il faut quand même trouver du travail et sortir du cocon familial.
Finalement, la troisième possibilité est de chercher à améliorer le quotidien. C’est ici que peut trouver sa place le Travail Social Communautaire. Avec Del Fresno, Segado y López Pelayo (2013), il convient de situer le concept de “Communauté” dans un contexte non seulement territorial mais aussi symbolique, avec un sens dialectique entre les individus, les groupes et la communauté. Il n’est pas question ici de savoir plus que “les gens” en utilisant le vocabulaire de Pablo Iglesias. Les travailleurs sociaux ne sont plus des guides, des experts ou des thérapeutes sociaux (Ross, 1997). Il s’agit de travailler ensemble, côte à côte, pour réduire les dommages d’une politique sociale qui peu à peu rétrécit l’action de l’État-Providence. Il ne s’agit plus seulement de soutenir un système représentatif mais bien de participer à coopérer, dans le concret et dans l’égalité, à la construction d’une société meilleure (Basagoiti y Bru Martin (2014).
Ainsi, les jeunes participent à différents projets aux différents objectifs: défendre les droits sociaux, réduire les situations par trop injustes, participer dans des groupes de soutien avec d’autres jeunes en situation de difficultés. Tous ces projets s’inscrivent dans un travail de quartier, de manière inclusive, qui permet de renforcer les liens sociaux et à la fois facilite l’autonomie des jeunes en créant de nouveaux projets qui à leur tour viennent les aider à subvenir à leurs propres besoins de manière solidaire.

Mots clés :

Participation, Solidarité de proximité, Protection sociale, Jeunesse, reconnaissance, travail social communautaire

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