L’intervention sociale et la question ethnique. Ethnicisation, racisation et déprofessionnalisation
Année : 2016
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
BOUCHER Manuel (France) – manuel.boucher@ids.fr
BELQASMI Mohamed (France) – mohamed.belqasmi@ids.fr
Résumé :
En France, le travail social est un ensemble d’activités sociales conduites par des personnes qualifiées (assistants sociaux, éducateurs spécialisés, éducateurs techniques, conseillers en économie sociale et familiale…) combinant des compétences professionnelles et techniques (connaissance, rigueur, efficacité, responsabilité, créativité..) avec des valeurs humaines (respect de l’individu considéré comme un acteur capable de transformation), démocratiques et républicaines (croyance en des actions de solidarité et de justice sociale facteurs de changement social). Dans la pratique, les travailleurs sociaux agissent dans le cadre d’une mission autorisée et/ou prévue par la loi, au sein de structures publiques ou associatives, en direction de personnes ou de groupes en difficultés, afin de contribuer à la résolution de leurs problèmes.
Deux secteurs d’emplois
Ainsi, même si le travail social professionnel est aujourd’hui reconnu, il est néanmoins passé par plusieurs étapes douloureuses et vit toujours de grands bouleversements qui fragilisent l’identité professionnelle des travailleurs sociaux : leur univers est atomisé entre plusieurs professions et métiers ; ils évoluent dans un monde « polycentré » entre une multiplicité d’employeurs intervenant sur de multiples problèmes et publics ciblés.
Les professions sociales se présentent aujourd’hui comme un véritable archipel dont le noyau historique s’est constitué grâce à une logique de qualification et de définitions de titres, de statuts et d’emplois ; cependant une recomposition des emplois est en cours.
Ainsi, il existe aujourd’hui principalement deux types de « marchés du travail » . Le premier, relativement fermé, est tendanciellement réservé aux diplômés du travail social qualifié. Il concerne le « noyau dur » des professions canoniques, exerçant essentiellement dans les secteurs du handicap, de la protection de l’enfance ou des personnes et familles en difficulté. Ce secteur privilégie la logique de qualification collective. Le second secteur de l’intervention sociale est plus ouvert aux recrutements externes ; il concerne des sous-secteurs en expansion (Aide à domicile) ou en émergence : la médiation urbaine, l’insertion, le développement local, l’accompagnement des immigrés, etc. .
Cependant, contrairement à ce qui est souvent affirmé, le secteur historique du travail social n’est pas encore en voie de déqualification. En effet, les employeurs du secteur classique affirment toujours leur attachement au travail social professionnel encore directement associé à la possession de diplômes sociaux canoniques garants d’une culture professionnelle mais aussi de l’acquisition de techniques, de savoirs théoriques ainsi que de méthodes d’analyse des pratiques et surtout du sens de l’action sociale associée à des références déontologiques.
Mots clés :
Formation, Vivre ensemble, Interculturel
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