Comment l'approche centrée sur le développement du pouvoir d'agir des personnes et des collectivités (DPA-PC) favorise-t-elle l'émergence de comportements responsables et solidaires?
Année : 2016
Thème : Un exemple tiré de l'enseignement supérieur en travail social
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
SOGUEL Isabelle (Suisse) – isabelle.soguel@eesp.ch
Résumé :
Cette communication présentera une expérience menée en Suisse, avec des étudiants en travail social. Elle traite notamment de questions pédagogiques relatives à l’encadrement de leur formation. C’est dans le cadre de la responsabilité d’un module de formation concernant la méthodologie d’intervention en service social que je l’ai conduite. Elle a également servi d’introduction à l’enseignement de l’approche centrée sur le Développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA-PC, Le Bossé 2009).
Elle donne à voir la démarche proposée ainsi que quelque uns des impacts observés. En questionnant les étudiants, j’ai découvert que plusieurs disaient avoir développé certains comportements que je qualifierai de solidaires, à titre d’exemple: « Nous nous sommes entraidés tout au long de l’année. » « Il s’agit d’une méthode pour créer de la cohésion ». J’en ai déduis que l’expérience, telle qu’elle a été proposée aux étudiants, était susceptible de favoriser l’émergence de comportements solidaires, ce que je démontrerai par la suite à l’aide d’éléments théoriques proposés par cette approche.
J’ai conduit la démarche trois ans de suite (entre 2014 et 2016) auprès de groupes d’une trentaine d’étudiants à chaque fois. Inspirée par l’approche centrée sur le DPA-PC, il s’agit d’une démarche collective, qui tend à favoriser l’articulation entre liberté individuelle des étudiants et bien commun, quant à la gestion des absences aux cours. Les années précédentes, j’avais en effet observé un fort absentéisme à certains cours et je souhaitais y remédier. Nous verrons le but poursuivi par le processus, en quoi il consiste et quelles en sont les limites. Sur cette base descriptive, je présenterai quelques points de repères théoriques, sur lesquels s’appuie la démarche : la construction d’une problématique commune aux acteurs concernés, l’explicitation de leurs enjeux respectifs, les solutions élaborées collectivement et pour terminer, la mise en place de conditions structurelles favorisant les apprentissages et les prises de conscience des acteurs en présence.
Puis, j’élargirai ma réflexion au domaine de l’intervention en travail social. Les points de repères présentés dans le cadre de cette expérience sont-ils susceptibles de favoriser l’émergence de comportements responsables et solidaires, quelque soient les contextes ? Par quels chemins ?
J’évoquerai également le sens de mener des expériences comme celle-ci dans le cadre de la formation de futurs travailleurs sociaux. Si nous voulons que les étudiants se mobilisent sur la question des solidarités lorsqu’ils seront professionnels, comment les former à cela? Cela me semble d’autant plus important que les étudiants actuels sont nés et ont grandi dans une société où sont avant tout véhiculées les valeurs de liberté individuelle et de réussite personnelle.
Dewey (1859-1952) nous offre une piste en affirmant que « l’apprentissage est efficace lorsqu’il se fait à la faveur d’expériences qui, en interaction avec l’environnement de l’apprenant, sont en continuité avec les expériences passées » (Bourrassa, B., Serre, F. & Ross, D. 1999). Il est vraisemblable que la démarche présentée ici favorise des apprentissages expérientiels, quant à la manière de créer un sentiment de responsabilité commune dans une situation donnée.
Mots clés :
Formation, Co-construction, Conscientisation, Méthodologie, Développement du pouvoir d'agir
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