Situation de consentement et de non consentement chez des étudiantes universitaires : développement de formes de solidarité dans des modes de protection interpersonnelle
Année : 2016
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
Savoie Lise (Canada) – lise.savoie@umoncton.ca
PELLAND Marie-Andrée (Canada) – marie-andree.pelland@umoncton.ca
IANCU PENELOPIA (Canada) – penelopia.iancu@umoncton.ca
Résumé :
Cette communication porte sur des résultats d’une recherche qui tente de comprendre les rapports consentants et non consentants à caractère sexuel des étudiantEs en milieu universitaire. L’Université de Moncton et ses trois campus servent d’étude de cas initiale. Cinq objectifs spécifiques sont proposés : 1) Cerner comment les étudiantEs définissent les rapports sexuels; 2) Explorer les expériences vécues par des étudiantEs en lien avec les rapports sexuels; 3) Analyser les représentations (internes/externes) des étudiantEs concernant la notion de consentement, le cas échéant explorer leur expérience de consentement et de non consentement dans des rapports sexuels; 4) Construire, à partir des discours des étudiantEs, des modèles de conduites sexuelles et 5) Analyser les similarités et les différences dans ces représentations et ces modèles, selon le genre, selon le campus et la culture. Cette communication présentera des résultats qui découlent des objectifs 2 et 3 de cette recherche. C’est à partir de l’expérience des étudiantes et en regard aux liens de solidarité, tels que mentionnés dans l’axe 1, que leur discours a été analysé. Les résultats permettent de comprendre les modes de solidarité déployés dans leur vie quotidienne dans des situations de consentement ou de non consentement.
Les écrits soulèvent que les femmes qui s’inscrivent à l’université sont celles qui courent un grand risque d’avoir une expérience de violence sexuelle (Jordans, Combs, & Smith, 2014). Rennison et Addigton (2014) précisent que les femmes sont victimes surtout au cours de la première année universitaire. Aussi, plus une étudiante passe de temps sur le campus, plus elle est à risque de vivre de la violence sexuelle (Stotzer & MacCartney, 2015). Il semble ainsi que les campus combinent certains éléments qui augmentent le risque de violence sexuelle, par exemple une culture de la masculinité, un espace social où sont réunies des victimes potentielles, une consommation d’alcool qui parfois peut être abusive et des mythes liés au consentement sexuel et à la culture du viol (Stotzer & MacCartney, 2015). Pour mieux saisir les différents enjeux que suppose la question du consentement et du non consentement, cette recherche s’inspire d’un cadre théorique qui croise les perspectives constructivistes (Berger & Luckmann, 1966) et féministes (Butler, 2005) appliquées au champ de l’éthique sociale. Ceci permet de regarder le phénomène non pas de manière statique (comme acte ponctuel d’acquiescer ou non), mais comme un phénomène dynamique, complexe, voire paradoxal.
La démarche de recherche par étude de cas (Anadon, 2006) vise à s’approcher au plus près de l’expérience de 40 participantEs et de comprendre la réalité sociale dans laquelle ces expériences s’inscrivent (Anadon, 2006 ; Orofiamma, 2008). Cette approche permet de centrer l’attention sur le discours des étudiantEs fréquentant une université. L’analyse situationnelle a permis de décrire les actions en situation de consentement et de non consentement, de reconnaitre les représentations, les valeurs et les relations qui ont conduit aux actions précises des acteurs et de ressortir des régularités typiques de comportements (Paillé & Mucchielli, 2012).
Les résultats révèlent des formes de solidarité que développent les étudiantEs dans le contexte ou la solidarité institutionnelle est presque inexistante, où l’offre de services ressemble à un labyrinthe tortueux dont la porte de sortie semble introuvable et où les formes d’aide proposées n’arrivent pas à régler le conflit (pratique de médiation qui confronte victime et agresseur). Les discours des étudiantEs illustrent que les formes de solidarité qui se déploient sont informelles et renvoient au développement de liens sociaux. Les étudiantEs se tournent vers elles – forme de solidarité qui conduit à des modes de protection interpersonnelle – et développent des stratégies parfois préventives et d’autres fois réactives.
ette communication porte sur des résultats d’une recherche qui tente de comprendre les rapports constants et non consentants à caractère sexuel des étudiantEs en milieu universitaire. Pour cette étude, l’Université de Moncton et ses trois campus servent d’étude de cas initiale. Cinq objectifs spécifiques sont proposés :
1) Cerner comment les étudiantEs définissent les rapports sexuels;
2) Explorer les expériences vécues par des étudiantEs en lien avec les rapports sexuels;
3) Analyser les représentations (internes/externes) des étudiantEs concernant la notion de consentement, le cas échéant explorer leur expérience de consentement et de non consentement dans des rapports sexuels;
4) Construire, à partir des discours des étudiantEs, des modèles de conduites sexuelles et
Vous vous5) Analyser les similarités et les différences dans ces représentations et ces modèles, selon le genre, selon le campus et la culture.
Cette communication présentera des résultats qui découlent des objectifs 2 et 3 de cette recherche. C’est à partir de l’expérience des étudiantes et en regard aux liens de solidarité, tels que mentionnés dans l’axe 1, que leur discours a été analysé. Les résultats permettent de comprendre les modes de solidarité déployés dans leur vie quotidienne dans des situations de consentement ou de non consentement.
Les écrits soulèvent que les femmes qui s’inscrivent à l’université sont celles qui courent un grand risque d’avoir une expérience de violence sexuelle (Jordans, Combs, & Smith, 2014). Rennison et Addigton (2014) précisent que les femmes sont surtout victimes au cours de la première année universitaire. Aussi, plus une étudiante passe de temps sur le campus, plus elle est à risque de vivre de la violence sexuelle (Stotzer & MacCartney, 2015). Il semble ainsi que les campus réunissent certains éléments qui augmentent le risque de violence sexuelle, par exemple une culture de la masculinité, un espace social où sont réunies des victimes potentielles, une consommation d’alcool qui parfois peut être abusive et des mythes liés au consentement sexuel et à la culture du viol (Stotzer & MacCartney, 2015). Pour mieux saisir les différents enjeux que suppose la question du consentement et du non consentement, cette recherche repose sur un cadre théorique qui croise les perspectives constructivistes (Berger & Luckmann, 1966) et féministes (Butler, 2005) appliquées au champ de l’éthique sociale. Ceci permet de regarder le phénomène non pas de manière statique (comme acte ponctuel d’acquiescer ou non), mais comme un phénomène dynamique, complexe, voire paradoxal.
La démarche de recherche par étude de cas (Anadon, 2006) vise à s’approcher au plus près de l’expérience de 40 participantEs et de comprendre la réalité sociale dans laquelle ces expériences s’inscrivent (Anadon, 2006 ; Orofiamma, 2008). Cette approche permet de centrer l’attention sur le discours des étudiantes fréquentant une université. L’analyse situationnelle a permis de décrire les actions en situation de consentement et de non consentement, de reconnaitre les représentations, les valeurs et les influences qui ont conduit aux actions précises des acteurs et de ressortir les régularités typiques de comportements (Paillé & Mucchielli, 2012).
Les résultats révèlent des formes de solidarité que développent les étudiantes dans le contexte ou la solidarité institutionnelle est presque inexistante, où l’offre de services ressemble à un labyrinthe tortueux dont la porte de sortie semble introuvable et où les formes d’aide proposées n’arrivent pas à régler le conflit (pratique de médiation qui confronte victime et agresseur). Les discours des étudiantes illustrent que les formes de solidarité qui se déploient sont informelles et renvoient au développement de liens sociaux. Les étudiantes se tournent vers elles – forme de solidarité qui conduit à des modes de protection interpersonnelle – et développent des stratégies parfois préventives et d’autres fois réactives.
Mots clés :
Femmes, Solidarité de proximité, Quête du sens
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