Dynamiser la solidarité dans les formations en travail social à travers la diversité des modalités pédagogiques
Année : 2016
Thème : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...
Auteur(s) :
GONCALVES Paula (France) – goncalvespaula@laposte.net
TIETSCHE PIERRETTE (France) – pierrettebauland@aol.com
Résumé :
Que pouvons-nous appeler « solidarité » au sein d’un centre de formation en travail social ? Si nous prenons comme définition celle émise par le dictionnaire, elle serait définie comme : « le sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque au sein d’un groupe de personnes qui sont moralement obligées les unes par rapport aux autres ». Définie également comme « un état qui ne concerne non plus un seul membre du groupe mais le groupe dans son ensemble ».
Le Conseil européen de Lisbonne (2000) s’était penché sur une « Europe de l’innovation et de la connaissance ». 16 ans plus tard le bilan est mitigé, nous constatons des progrès mais aussi des déconvenues. Avons-nous un système éducatif parmi les plus performant au monde, a-t-il réduit l’échec scolaire, réduit les inégalités, favorisé la promotion sociale… ? Comment dans cette société en mutation où l’économie de la connaissance semble la seule réponse envisagée pour réduire les inégalités, les formateurs peuvent-ils accompagner les étudiants à s’adapter à cette pression sociale et développer une culture de la solidarité transposable dans l’intervention sociale ?
Dans le système éducatif français actuel, depuis l’école de Jules Ferry, nous assistons à une éducation de masse qui invite à la compétition et à l’individualisme. Le collectif et la solidarité y sont ainsi peu voire pas sollicités. Ce système éducatif accentue le risque d’échec des uns par rapport aux autres.
Dans les organismes de formation professionnelle en travail social, nous accueillons des adultes dont le rapport aux savoirs est souvent conflictuel, ils viennent régler des « comptes » avec leur scolarité, prendre une « revanche »…
Mais hélas, la société se précarise et les étudiants n’y échappent pas, elle prend un visage différent pour chacun et chacun est vulnérable dans sa manière de se former, la revanche peut ainsi avoir un goût amer. Comment rétablir l’égalité des chances dans un monde de plus en plus inégalitaire ? Comment transmettre les valeurs d’entraide et de solidarité au sein des organismes de formation en travail social alors que les étudiants vivent des situations de précarités à l’instar des publics qu’ils peuvent accompagner ? Comment prendre en compte les particularités individuelles et les faire converger vers le collectif pour créer une dynamique de groupe axée sur la solidarité avec pour objectif la réussite de tous sans tomber dans "l’assistanat" ?
Ainsi à l’IRTS Paris Ile-de-France en général et au sein de la filière AMP – AES en particulier nous pensons qu’« apprendre est un art de vivre en harmonie avec soi-même et avec son environnement auquel et duquel l’être humain participe » Hélène Trocmé-Fabre. Ainsi, nous offrons de nombreuses formes d’accompagnements :
•Sur les terrains professionnels par l’aide apportée par le tuteur et le référent professionnel.
•En centre de formation par l’aide apportée par l’accompagnateur pédagogique, l’accompagnateur des écrits et par l’analyse des pratiques rofessionnelles.
•Par l’usage d’artefact, tel qu’une plateforme de formation en ligne, les formateurs peuvent ainsi construire des scénarios pédagogiques qui modifient le rapport aux savoirs, le savoir n’étant plus l’affaire d’un seul. L’économie du web 2.0 est nativement construite autour d’une culture du partage et de la e-collaboration cherchant ainsi à développer une société de la connaissance élaborée par tous. Il existe des risques comme dans toute pharmacologie, le remède peut-être le poison ! La FOAD peut aussi permettre de répondre à des besoins de formation individualisés et permettre le maintien en formation d’étudiants qui sans elle n’aurait pu aboutir. Nous partons également du principe qu’une bonne cohésion au sein de l’équipe pédagogique qui s’inscrit elle-même dans une dynamique solidaire soit source d’inspiration pour les apprenants.
Voici notre approche et quelques questions que nous souhaitons aborder avec vous pour poursuivre la réflexion.
Mots clés :
Solidarité, Intelligence collective, Formation à distance
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