Solitaire hier, Solide aujourd'hui, solidaire demain :
Année : 2016
Thème : ou comment penser le Développement du Pouvoir d'Agir de sans abris à partir de leurs transactions avec des événements de vie stressants.
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
WHITEAD Yann (France) – ywhitead@irtshdf.fr
Résumé :
Solitaire hier, Solide aujourd'hui, solidaire demain :
ou comment penser le Développement du Pouvoir d'Agir de sans abris à partir de leurs transactions avec des événements de vie stressants.
Lien social et précarité sont deux notions dont les relations ont été étudiées dans le cadre d’une recherche menée par une équipe de cadres pédagogiques de l’IRTS Hauts de France et subventionnée par l’Etat en 2015. 3 temps-clés structurent notre travail. 1) La préparation : déconstruisant nos représentations sur le sujet (la précarité n’érode pas systématiquement les liens sociaux), nous avons évolué d’une approche pluridisciplinaire à une approche interdisciplinaire, pour enfin partager une démarche inductive, appuyée par un conseil scientifique restreint. Renonçant à l’intention de créer un outil de diagnostic des liens sociaux pour des raisons éthiques, cette équipe a stabilisé son questionnement : qu’est-ce qui fait lien social dans l’expérience de la grande précarité dans une métropole nordiste ? 2) L’enquête de terrain, à visée compréhensive, s’est réalisé en binômes sur trois sites choisis pour leur diversité au regard d’une typologie de l’offre de logements proposée aux SDF. L’un de ces sites était un collectif de sans abri auto-représentés, innovant et subversif vis-à-vis des acteurs institutionnels et professionnels. Nous avons été témoins d’une expérience de solidarité en situation de grande précarité qui rompt avec les conceptions dominantes de l’Action sociale et qui revivifie notre perception du rôle de Travailleur Social dans les politiques de lutte contre les exclusions : d’abord, c’est l’histoire de trois amis SDF qui cessent de croire au fameux « parcours en escalier » et accèdent seuls au parc privé. Soucieux de faciliter ce « parcours en ascenseur » pour leurs pairs, ils développent un service tripolaire : l’appui aux maraudes ; l’accompagnement en logement du parc privé ; le lobbying auprès des institutions. D’abord construit en méfiance vis-à-vis du Travail Social, le « collectif SDF » s’inscrit ensuite en défiance, tout en s’impliquant dans la formation des Travailleurs Sociaux, en école ou en stage. 3) Des coopérations possibles : la journée en immersion dans ce site a suffi à créer un lien ténu mais durable entre acteurs et chercheurs. En effet, notre implication physique éphémère n’a pas empêché un impact pérenne de cette rencontre avec ces « experts du vécu », qui continue de nous professionnaliser en tant que formateur : nous avons restitué partiellement la recherche lors d’une réunion d’équipe, et nous envisageons la co-construction d’un séminaire sur l’accès au logement. En vue de « solidifier » le lien ténu avec le collectif, cette communication permet à l’un des « chercheurs de liens » de l’équipe de revenir sur ses deux focales proposées dans l’enquête, revisitées de manière intégrée, afin de fournir des outils visant la conscientisation de nos interlocuteurs au sein du collectif et l’aide à la décision dans leur stratégie de développement. Ainsi il est fait l’hypothèse que le collectif pourrait promouvoir de manière dialogique empowerment individuel, communautaire voire organisationnel (Ninacs, 2008). Le lien entre les 2 premiers niveaux d’empowerment pourrait profiter du concept de coping pour étayer les compétences psychosociales des adhérents, tandis que le lien entre les deux derniers profiteraient du concept de Community Organizing (Talpin, 2010) pour étayer leurs activités militantes et professionnelles, et éviter les apories de l’Action sociale qui ont motivé sa création.
Mots clés :
Solidarité, Santé, Action communautaire
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