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L’appropriation collective de pouvoir comme but et pédagogie d’un module co –construit par des habitants de collectifs auto-organisés, formateur, chercheur et travailleurs sociaux

Année : 2016

Thème : Comment organiser, en formation initiale, des espaces collectifs permettant de considérer comme légitimes et à pied d’égalité tous les acteurs impliqués (étudiants éducateurs spécialisés, habitants de collectifs auto - gérés, chercheur, formateur, travailleurs sociaux) afin de repérer des savoirs d’expérience activant de nouvelles solidarités ?

Type : Analyse d'expérience : d'intervention, de formation, de recherche...

Auteur(s) :

COLCY MARIE NOELLE (France) – mn.colcy@ifrass.fr

Résumé :

L’appropriation collective de pouvoir comme but et pédagogie d’un module co-construit.
Comment organiser, en formation initiale, des espaces collectifs permettant de considérer comme légitimes et à pied d’égalité tous les acteurs impliqués (étudiants éducateurs spécialisés, habitants de collectifs auto - gérés, chercheur, formateur, travailleurs sociaux) afin de repérer des savoirs d’expérience activant de nouvelles solidarités ?
Depuis plusieurs années, nous proposons aux étudiants éducateurs spécialisés, en dernière année de formation, un module de formation optionnel co-construit par : des habitants de collectifs d’habitat auto-gérés, un chercheur de l’observatoire régional de la santé en Midi-Pyrénées (ORSMIP), un travailleur pair d’un groupement d’entraide mutuelle de Marseille, un travailleur social de l’association Regar à Auch et une formatrice de l’institut de formation, de recherche, d’animation, sanitaire et social (IFRASS). Ce module s’appuie sur la mise en lumière de savoirs d’expérience des habitants qui interviennent en tant que vacataires. Nous visons à travers la pédagogie que soit expérimenté en centre de formation un travail collectif basé sur des échanges égalitaires sans pour autant qu’il y ait injonction de production normée mais coproduction de savoir et de nouvelles pratiques.
Nous nous appuyons sur un travail de recherche portant sur quatre expérimentations d’habitat collectif autogérés en région Midi-Pyrénées.
En formation, nous proposons une méthodologie permettant de retirer des enseignements de ces initiatives d’habitat co-géré permettant d’activer de la solidarité entre pairs.
Au fil des années, les collectifs d’habitants intervenants ont émis le souhait d’organiser des rencontres intercollectives pour croiser les points de vue et ouvrir une réflexion sur les possibles. Nous avons pu organiser ces échanges sur des temps de formation et ont été mis en avant des notions d’entraide, d’activation de solidarités de proximité à l’initiative des habitants, de compagnonnage, de repérage de fonctionnement en communautés de vie. Des questionnements émergent : Comment relier accompagnement social et lien social, développer l’accès aux droits communs de tous les citoyens quel que soit leur mode de vie ou d’expression, comment l’entraide permet-elle de lutter contre la solitude, les relations de domination, induites par l’individualisation des réponses, ainsi que par des pratiques en travail social trop normatives ?
L’espace de coformation permet un débat sur des questions sociétales avec une perspective de plus grande implication du travail social auprès des acteurs politiques comme des personnes en situation de précarité.
Il s’agira de repérer les pratiques basées sur le développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités permettant une mobilisation autour de projets citoyens.
L’idée est de se rapprocher de fédérations comme celle de l’Union des lieux à vivre s’appuyant sur un fonctionnement communautaire. Comment la coformation peut-elle alors favoriser un essaimage de nouvelles compétences favorisant la fonction d’auto-support des groupes, la reconnaissance des nouvelles solidarités développées au sein des collectifs de personnes précaires? Quel enseignement en centre de formation afin de ne pas faire reposer la responsabilité et le poids du changement uniquement sur les personnes vivant dans la précarité ?
Ces expériences pédagogiques amènent à un changement de posture du formateur facilitant le repérage des enseignements à retirer de l’auto-organisation des personnes, visant une prise de parole au niveau de la scène politique, un développement du pouvoir d’agir et la co-construction de nouvelles formes de solidarités citoyennes.






Mots clés :

Action collective, Action communautaire, Co-construction

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