Une démarche de groupe pour aller au-delà des malentendus culturels

Année : 2016

Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...

Auteur(s) :

ARSENAULT Stéphanie (Canada) – stephanie.arsenault@svs.ulaval.ca
CARDONA CAMPUZANO Johanna (Canada) – JohannaAlexandra.CardonaCampuzano@ucs.inrs.ca

Résumé :

L’exposé suivant s’inscrit dans le deuxième axe du congrès portant sur le thème des expérimentations et de la mise en œuvre des solidarités aujourd’hui. Nous comptons présenter une démarche de groupe intergénérationnel développée à Québec visant à contrer les malentendus culturels. Plus spécifiquement, nous proposerons des pistes d’intervention permettant la déconstruction des incompréhensions culturelles et la construction de représentations positives des relations interculturelles. L’exposé repose sur une recherche exploratoire financée par le CRSH et menée à l’hiver 2017 à Québec. Cette recherche repose sur l’utilisation du modèle interculturel coopératif d’accompagnement mutuel (MICAM) afin de contrer les préjugés et les stéréotypes reliés à la diversité culturelle. Dans ce cadre nous avons formé deux groupes intergénérationnels de Québécois de diverses origines afin de favoriser la construction de liens permettant de dépasser les malentendus culturels à travers différentes démarches incluant la réalisation d’ateliers interculturels de l’imaginaire (Guilbert, 2013), les récits écrits et oraux et la production de carte mentale des activités quotidiennes.

En lien avec les préoccupations du congrès, la littérature consultée nous révèle que la question des relations intergroupes et interculturelles a suscité de nombreuses réflexions et recherches depuis le début du 20e siècle. L’étude des dynamiques sociales a d’abord démontré que les individus tendent à s’identifier à un groupe particulier et à développer un sentiment d’appartenance à son égard, identification se faisant en distanciation des individus qui en sont exclus. C’est ainsi que s’établit la dichotomie « nous/eux » qui vient ponctuer les rapports sociaux. Les individus sont alors identifiés à des groupes soi-disant homogènes et unifiés, sans égard aux distinctions individuelles, en leur assignant « des attributs que nous croyons être caractéristiques des membres de cette catégorie, c’est-à-dire des stéréotypes » (Bourhis & Gagnon, 2006, p.535). Dans un contexte où l’immigration est de plus en plus diversifiée, l’émergence des préjugés et des stéréotypes véhiculés à l’égard des immigrants est devenue sujet de préoccupation, d’autant plus que, loin de se réduire à des processus de jugements cognitifs, les préjugés et les stéréotypes peuvent avoir des répercussions concrètes sur la réalité des individus à travers des pratiques discriminatoires (Bourhis & Gagnon, 2006). De telles pratiques discriminatoires ont d’ailleurs été documentées au Québec, notamment dans le domaine de l’emploi (Chicha, 2012) et auprès des jeunes (Brossard & Pedneault, 2012 ; Eid, Magloire, & Turenne, 2011).

Certains auteurs affirment que la présence de diversité est source de nuisance aux relations intergroupes (Putman, 2007). D’autres identifient une corrélation entre la présence de diversité et une fragilisation de la cohésion sociale qui se ponctue alors d’un sentiment d’insécurité ainsi que d’une diminution de l’altruisme et de la confiance interpersonnelle (Markus, 2014). Cette perception de menace serait directement reliée à la formulation de préjugés (Ceballos & Yakushko, 2014; Croucher et al., 2013). Pour certains, il semble que les relations interpersonnelles offrent l’occasion d’un partage solidaire, d’une empathie et d’un étayage affectif (Guilbert & Prévost, 2009). Gallant, Bilodeau et Lechaume (2013) notent d’ailleurs que la variable influençant le plus l’attitude des natifs par rapport aux immigrants réside justement dans le fait d’avoir ou non des amis immigrants. Ce rapport à l’autre permettrait d’augmenter sa tolérance à l’égard des différences et, de diminuer ses préjugés (Herman et al., 2014).

La recherche exploratoire que nous avons menée révèle quelques nouvelles pistes éclairant les processus de construction des préjugés et stéréotypes et des attitudes positives en regard de la diversité culturelle dans l’optique d’une société inclusive.

Mots clés :

Interculturel, Intégration, Cohésion sociale

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