La possibilité de la nouvelle solidarité à la lumière de ''kosodaté'' de la petite enfance
Année : 2016
Thème : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
KINOSHITA Yumiko (JAPON) – asiejapon@gmail.com
Résumé :
Depuis les années 2000 la politique de la petite enfance en France entérine le multi-accueil de la petite enfance, la crèche à gestion parentale, l’accompagnement des parents dans leur fonction, et l’aide qui leur est apportée dans la conciliation de leurs vies familiale, professionnelle et sociale. Cette évolution permet d’approfondir l’institutionnalisation de la sphère du care. Et l’accueil de la petite enfance a contribué à la recomposition du tissu communautaire à travers le concept de la participation. Ainsi, une grande importance est accordée à la présence et à la participation des parents à la vie de la structure d’accueil des jeunes enfants. En conséquence apparaît le besoin de professionnalisation du personnel. Cette professionnalisation prend en compte de la place des familles (enfant-parent),ce phénomène s’accélère. Les effets de cette accélération se traduisent dans les attitudes observées au sein de la sphère du care, qui rappellent les réorganisations de l’État-providence basée sur le concept de la solidarité, car il est difficile de « discerner dans le champ de la responsabilité ce qui pouvait être imputé à l’individu et ce qui relevait d’autres facteurs » ( Rosanvallon 1998 : 22). Cela soulève quelques questions sur ces phénomènes, non pas à propos des professionnels mais à l’égard des parents. Nous nous demanderons donc dans un premier temps si les parents ne sont pas reconnus uniquement comme cible soutenue par le personnel, après avoir écarté les facteurs comme la prise de responsabilité autour de la parentalité.. Ensuite nous nous intéresserons à la question relative à l’impact par ricochet de la participation des parents sur d’autres sphères liés au care, comme par exemple le domaine du travail. Au sein de l’établissement d’accueil de la petite enfance, le personnel reconnaît et soutient la parentalité. De même, les parents apprécient la valeur du travail effectué par les professionnels. Mais la relation réciproque entre parents et professionnels ne fait que résoudre les problèmes individualisés concernant le soin et l’éducation des enfants, elle doit donc réinventer le sens de l’entraide, sens qui peut se décliner sous la forme de la solidarité recomposée. Cela peut s’éclairer à travers la continuité ou le renforcement de la sphère du care dans des sphères voisines : le travail, le bien-être, l’éducation, entre autres. .
Enfin, pour illustrer notre réflexion nous prendrons comme objet d’étude un mouvement national de parents et de professionnel en France : la crèche à gestion parentale et l’association des collectifs enfants parents professionnels. À ce propos, nous avons réalisé des enquêtes de terrain auprès des parents, des professionnels et des salariés. Nos investigations se sont déroulées une fois par an sur une période de 5 ans, de 2007 à 2008, puis de 2013 à 2015. Pour ce faire, nous nous sommes rendus dans plusieurs villes, comme par exemple Paris, Strasbourg ou encore Le Sappey en Chartreuse, etc. Les crèches parentales sont constituées comme des associations, soumis à la loi 1901 et sont administrées par des parents volontaires. A travers ce cas d’étude, nous aborderons l’évolution des actions relatives à la parentalité. Cette dernière n’est plus uniquement une cible à soutenir, elle contribue également à la mobilisation des acteurs sociaux. La mobilisation des acteurs sociaux quitte alors la sphère privée pour entrer dans le domaine de la politique publique. Cela nous amènera à repenser l’impact du care dans l’interdépendance des sphères publiques.
Mots clés :
Solidarité, Participation, Acteurs
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