Traite des Personnes en Tunisie
Année : 2016
Thème : Quelle intervention Sociale ?
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
BEN AMOR Monia (Tunisie) – moniabenamor@ymail.com
BOUHOUCH Moncef (Tunisie) – arabacademy72@hotmail.fr
Résumé :
D'après les statistiques de l'ONU et du Conseil de l'Europe, la traite des êtres humains générerait environ 32 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et constituerait la troisième forme de trafic la plus répandue au monde, après le trafic de drogues et le trafic d'armes. Chaque année, 2,5 millions de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, tomberaient sous l'emprise des trafiquants.
La Tunisie n’est pas épargnée de ce phénomène mondial, les actes de la traite des personnes est un nouveau défis puisqu’ils sont accentués depuis 14 janvier de 2011, vue l’état d’instabilité, des vagues migratoires et de désordre caractérisant l'état général du pays.
A partir de notre conviction que le travail social est le domaine de défense de droits de l’homme par excellence et entant que travailleurs sociaux œuvrant dans le domaine migratoire et la promotion sociale.
Les travailleurs sociaux sont des acteurs principaux dans cette lutte plus précisément dans la prise en charge des victimes et le signalement de toute situation sociale marginale. Dans ce cadre, nous avons jugé de pertinent l’élaboration d’une étude exploratoire relative à la traite des personnes en Tunisie afin de mettre en lumière ce phénomène tout en mettant en exergue le rôle d’intervenants sociaux en la matière.
Notre étude est à caractère exploratoire, elle ne nécessite pas la formulation des hypothèses. Nous avons juste tenté de définir le phénomène et cerner ses composantes dans le but de repérer les principales interventions des travailleurs sociaux en vue de mieux l’analyser ultérieurement.
Partant du principe que les victimes de la traite des personnes nécessitent une solidarité national et international de la part de tous les intervenants surtout des travailleurs sociaux et les psychologues recrutés au sein du ministère des affaires sociales Tunisienne.
Dans ce cadre, notre étude vient en réponse aux questions suivantes :
-Quels sont les diverses formes de la traite des personnes en Tunisie?
-Est ce que le cadre juridique Tunisien favorise la lutte contre la traite ? Est ce qu’il assure la protection les victimes ?
-Quel rôle d’intervenants sociaux dans la lutte et la prise en charge des victimes ?
-Quel est l’impact de la traite sur les victimes ?
-Quelles sont les mesures à prendre et les solutions proposées par les travailleurs sociaux afin de prendre en charge ces catégories sociales touchées ?
Notre méthodologie de travail c’est basée sur les entretiens avec des victimes de traite des être humains rencontrées lors d’une campagne de lutte contre ce phénomène organisée par l’Organisation Internationale de Migration et d’autres occasions professionnelles.
Parmi les résultats de notre étude, nous avons pu constater que la traite des personnes est un phénomène multiforme et multidimensionnel qui touche une variété des personnes, enfants, jeunes, migrants irréguliers, demandeurs d'asile, employées de maison...
Nous avons pu aussi prouver que le cadre juridique tunisien est assez évolutif garantissant les droits fondamentaux et universels des hommes et qu'une lois organique N° 61 relative à la lutte contre la traite des personnes a été adopté le du 3 Aout 2016 et qu'une instance nationale de lutte contre la traite des êtres humains est mise en place.
Suite aux contacts directs avec les décideurs chargés de la promotion sociale et de la migration, nous avons enregistré le rôle timide des travailleurs sociaux dans la prise en charge des victimes de la traite .Leurs statut professionnel classique n’identifie pas ces derniers parmi les populations. C’est dans un élan de solidarité que les institutions des affaires sociales ont participé aux efforts de lutte contre les pratiques de la traite.
Notre étude nous a permis également de relever des nouvelles perspectives dans le domaine de la traite des personnes qui doivent être prise en compte par le Ministère des affaires sociales , ainsi que des divers mesures à adopter afin de participer activement à la prise en charge des victimes de la traite et la participation à la lutte contre ce phénomène .
Comme nous avons suggérer des mécanismes à mettre en place telles que la formation des travailleurs sociaux spécialistes en prise en charge des victimes de la traite et opter pour une approche holistique de la part des parties prenantes.
Nous avons suggérer un programme de « capacity building » au profit des travailleurs sociaux et psychologues œuvrant dans le domaine de promotion sociale et migratoire.
Et dans le cadre des recompositions dans le domaine sociale en Tunisie, nous avons proposé l’élargissement de l’éventail des prestations des services de la promotion sociale en Tunisie et employer une sorte de souplesse aux tâches des travailleurs sociaux et du personnel œuvrant dans le domaine migratoire tout en tenant compte des perpétuels changements dans le domaine social et englober toutes formes de marginalité, vulnérabilité et gestion de crise selon le contexte national et mondial.
Mots clés :
Solidarité, Protection sociale, Traitement social
← Retour à la liste des articles