La migration et les rapports de domination
Année : 2016
Thème : Les étudiants algériens en France
Type : Recherche : orientée vers la pratique, action, évaluative...
Auteur(s) :
BELHOCINE Houa (Algérie) – hbelhocine2001@yahoo.fr
Résumé :
Les migrations internationales à l’heur de la mondialisation se différencient fondamentalement de celle de la société industrielle, et toute conceptualisation générale serait vouée à l’échec. Abdelamalek SAYAD disait que « l’immigration est un fait social total. » En effet, l’immigration n’est pas seulement un déplacement des personnes dans l’espace et l’occupation des territoires par des populations, mais ces migrations créent des effets sur tous les domaines : économiques, politiques, culturels et sociaux. Il est donc, nécessaire de considérer les faits migratoires dans leur totalité et dans un système de relations complexes. Les faits sociaux totaux « mettent en branle dans certains cas la totalité de la société et de ses institutions et dans d’autres cas seulement un très grand nombre d’institutions, en particulier lorsque ces échanges et ces contrats concernent plutôt des individus » (Mauss, 1982, p. 274.)
Pour cela SAYAD préconise un travail intellectuel pour la constitution de la science de l’immigration. Cette dernière aura à traiter des causes et des effets internes endogènes et exogènes du phénomène migratoire. Sayad disait que : « La réflexion interne à la société de l’émigration, le soin de prendre en charge le travail intellectuel sur l’émigration-celui-ci consistant en gros, en l’analyse des causes « endogènes » de l’émigration et des effets en retour, effets « exogènes » de cette même l’émigration. » En effet, comme le préconise Durkheim, les facteurs explicatifs du social se trouvent dans le social.
Il est à rappeler que SAYAD place le phénomène migratoire dans une option macrosociologique à dimension chronologique qui relève du « rapport de force » et de « la relation de domination. De ce fait, nous ne pouvons pas étudier l’immigration sans l’émigration », la relation dialectique qui unit les deux dimensions du même phénomène, « l’émigration et l’immigration » ; ou, en d’autres termes un même ensemble de conditions sociales a pu engendrer, à un moment donné de l’histoire du processus, une forme particulière d’émigrés et d’immigrés. « C’est se souvenir que l’immigré avant de « naitre » à l’immigration, est d’abord un émigré. »
Notre recherche concerne l’immigration/émigration des algériens en France. Aborder le thème de la migration algérienne en France est, important pour contribuer à l’émergence de cette science sociale en gestation. La migration algérienne en France est caractérisée de migration modèle, exemplaire par son unicité, par sa dépendance des liens historiques exceptionnels, ressentis encore jusqu’à aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, entre la France et l’Algérie. (Emile TEMIME, 1999)
Notre objectif et de contribuer à relancer le débat sur le phénomène migratoire et de :
-Comprendre les enjeux de migration comme des constructions culturelles et sociales, politiques et juridiques et combattre les théories du réductionnisme biologique ou ethnique.
-Questionner sa représentation de l’altérité, sa compréhension et reconnaissance de l’autre dans sa différence.
En un mot trouver s’efforcer de trouver des solutions durables et scientifiques à ce phénomène et de cesser d’adopter des discours volontaristes ou d’apporter des solutions pitoyables et conjoncturelles à un phénomène qui nécessite une prise en charge scientifique et durables.
Mots clés: Immigration/émigration, rapport de domination, études scientifiques, solutions durables.
Mots clés :
Traitement social, Communauté, Travail social international, Migration, immigration, domination
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